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Les Jeunes Radicaux 66
Les Jeunes Radicaux 66
Chers amis,

Depuis septembre 2008, avec nos amis des Jeunes Populaires et des Jeunes Actifs, nous vous donnons rendez-vous désormais tous les 2ème jeudi de chaque mois (sauf selon les dates d'évènements précis) à 19h00 au Bar Tapas "O Canto d'Amalia" au pied du Castillet, à côté du Divil.

Veuillez noter sur vos agendas respectifs :

1/ Soirée autour de Jacqueline IRLES, Député-maire de Villeneuve-de-la-Raho et Membre du BN de l'UMP :

Vendredi 03 Avril 09
à 20h00
à l'occasion de la ré-ouverture du Bar « L'Exotik Café», Allée des Pins à Argelès

Participation : entière.

2/ Apéro européen autour de SE Yves GAZZO, Ambassadeur et Chef de la Représentation de la Commission européenne en France, le :

Samedi 04 Avril 09
à 18h00
à la Brasserie de la Bourse, Place de La Loge à Perpignan

Participation : entière.

3/ Réunion mensuelle des Jeunes Pops et Radicaux le Jeudi 12 avril 09 à 19h00
au Bar Tapas "O Canto d’Amalia", Rue Grande des Fabriques.
Participation : 5€/ pers. (1/2 ou vin et trois tapas au choix).

4/ Opération "L'Europe au coin de la rue" le :

Samedi 18 Avril 09
à 11h00
lieu à définir (vous aurez l'info assez rapidement d'ici là)

5/ 3ème Petit-déjeuner des Jeunes Pops le :

Samedi 25 Avril 09
à 10h30
à la Brasserie Imbernon, Quai Vauban, à Perpignan

Participation : 3€/ pers.

Débat sur l'Europe, intervenants à venir prochainement.

Pour toute demande d'information, vous avez à votre disposition une blogosphère active avec plusieurs sites:

www.jeunesump66.fr
www.jeunesradicaux.net/pyreneesorientales/
http://www.pere-pinya.com/
www.poletudiant.fr
http://www.facebook.com/home.php?#/group.php?gid=19556115213

Merci de votre présence.

Soyez attentifs, d'autres évènements se rajouteront pour l'année 2009 !!!

Pour nous contacter par mail, c'est facile: c'est toujours à jeunesradicaux66@hotmail.fr

Et surtout continue à parler de notre blog autour de toi et fais le connaître grâce à ta mailing-liste!!!

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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

L'argent et la richesse

Lundi 20 Avril 2009
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

On dit parfois que l’argent ne fait pas le bonheur, mais l’argent n’est pas la richesse. Pourtant, c’est la confusion majeure de notre époque pétri d’illusion monétaire. L’argent est le moyen de la richesse, l’expression de celle-ci mais non sa cause. Il existe des phénomènes qui sont établis au niveau microéconomique mais dont la pertinence disparait au niveau macroéconomique.

C’est le cas de l’équation argent = richesse. Illustrons cette proposition.

Que fait le gagnant du loto qui apprend qui vient de remporter le jackpot ?
Il cesse immédiatement de travailler puisqu’il est devenu riche. Ce comportement est rationnel puisque le loto est une sorte de système de répartition.
L’heureux élu empoche en fait la mise des millions de perdants malchanceux tandis que l’Etat encaisse au passage sa commission puisqu’il détient le monopole du jeu. A aucun moment, il n’y a de création artificielle d’argent donc le gagnant est réellement riche.

Il y a eu redistribution (ou re-répartition) de l’argent des millions de perdants au profit de la poche de l’unique gagnant.

Imaginons maintenant que le gouvernement décide d’imprimer des milliards d’euros pour les distribuer à l’ensemble de la population comme si nous devenions tous les gagnants d’un super loto.

Confondant l’argent avec la richesse, le gouvernement décide de nous distribuer des millions d’euros pour éradiquer la misère et les inégalités. Qui ne voterait pas pour un tel gouvernement ? Mais les lois de l’économie ne sont pas soumises à la loi de la majorité.

Nous croyant riches, nous décidons tous d’arrêter de travailler. Pourquoi travailler quand on est millionnaire ?
Et nous nous rendons dans les magasins pour dépenser notre bonne fortune. Mais voilà, les magasins sont fermés. Les vendeurs et commerçants aussi sont devenus millionnaires.

Pourquoi travailler pour un salaire de vendeur ? Pourquoi dorénavant supporter la tyrannie des clients ? Evidemment, le médecin, le boulanger, le fonctionnaire, le garagiste tiennent tous le même raisonnement car la dictature du marché est universelle. Et tous de célébrer la fin du travail.

Du coup, la machine à fournir des biens et services – la seule vraie richesse – est arrêtée. Avec effroi, les gens découvrent rapidement que l’horrible machine économique est en panne. Les biens et services deviennent rapidement introuvables. Les magasins sont pillés et la baguette de pain se négocie quelques millions d’euros sur le marché noir comme au temps maudit de l’hyperinflation allemande.

Les gens réalisent peu à peu qu’ils sont millionnaires mais pauvres : car si personne ne travaille, la misère et le rationnement se généralisent et l’argent perd toute sa valeur.

Produire de l’argent et inonder l’économie de liquidités (planche à billet) est le plus sûr moyen de détruire l’économie. Produire des richesses (l’activité humaine) est le seul moyen de faire tourner et prospérer l’économie.

Jean-Louis Caccomo,
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte

P.S. : Pour une comparaison entre la monnaie et le diplôme, voir conférence du café-liberté à Grenoble : http://www.grenoble-liberale.org/

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Lundi 20 Avril 2009 à 16:29

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Puisque nous traversons une grave crise financière qui est l’occasion de faire le procès mécanique de l’économie de marché, permettez-moi de souligner l’analogie entre la monnaie et le diplôme. Un diplôme comme la monnaie représente un TITRE.

Un titre constitue un papier dont le porteur peut prétendre détenir une contrepartie : un billet de banque représente une valeur économique qui permet d’acquérir un certain stock de biens et services[1] ; un diplôme représente aussi une valeur économique dans le sens où il garantit que le porteur détient une certaine quantité et une certaine qualité de connaissance et de savoir-faire (ce qui est la richesse ultime).

Bien-sûr, cela n’est vrai que si la monnaie comme le titre ne sont pas dépréciés. Dans le cas de la monnaie, si un même billet permet d’acheter toujours moins de marchandises, alors on dit que la monnaie est dépréciée par l’inflation. Il appartient alors à ceux qui offrent la monnaie - le système bancaire régulé par la banque centrale - de bien contrôler l’offre de monnaie afin d’éviter tout dérapage inflationniste qui détériore la valeur de chaque billet. En clair, il faut éviter de faire tourner la planche à billet.

Pareillement, si le diplôme est distribué à des individus qui ne détiennent pas en réalité les connaissances et les savoirs-faires correspondant, alors le diplôme perd sa valeur. Il appartient alors au système éducatif et universitaire d’avoir une gestion rigoureuse de l’offre de diplômes. En clair, il convient de ne pas faire fonctionner la « planche à diplômes ».

L’époque moderne a connu un processus de centralisation et de monopolisation de l’offre de titres au nom de la régulation. Dans le secteur bancaire, c’est la création de la banque centrale avec le monopole de l’offre des billets de banque, sur la base desquels les banques commerciales font du crédit. Dans le secteur éducatif, c’est aussi la nationalisation des programmes scolaires et la centralisation de l’offre de diplômes.

Or, les situations de monopole ne sont jamais des situations optimales, débouchant généralement sur une inadéquation quantitative et qualitative entre l’offre et la demande.

Dans le secteur bancaire, c’est l’histoire des subprimes, c’est « l’âge de l’inflation » ou encore l’offre surabondante de liquidités nourrissant une offre surabondante de crédit qui a débouché sur la crise actuelle.
Dans le secteur éducatif, c’est l’inflation des diplômes qui oblige les étudiants à rester plus longtemps dans les études pour obtenir le niveau de formation nécessaire aboutissant à l’embauche.

Pire, parfois il reste longtemps dans les études pour finalement tomber dans le chômage, à cause d’une offre pléthorique de formations qui sont mises en place sans considération des besoins des entreprises et du marché du travail.

Plus fondamentalement, la monopolisation de l’offre neutralise le principe de responsabilité, principe essentiel dans le fonctionnement de l’économie.
Si je mets mes doigts dans une prise de courant, je ressens une douleur (c’est une information) et je modifie mon comportement pour éviter la douleur (c’est l’apprentissage). Mais imaginons que je mette les doigts dans la prise de courant, et c’est vous qui prenez le courant.

Alors je risque de faire des choses étranges, de devenir tortionnaire en prenant du plaisir à vous faire ressentir la douleur. C’est le problème du passager clandestin qui veut bénéficier d’un service rendu par autrui sans en payer le coût. Autrement dit, quand on ne supporte pas les conséquences de ses actes, on est conduit à ne plus faire de choix rationnel.

Sous prétexte de donner le maximum de chances à un maximum de jeunes, notre système a complètement neutralisé le principe de responsabilité dans le monde éducatif. Le résultat est un gaspillage massif des ressources humaines.

En effet, les jeunes ont alors tendance à s’orienter dans les filières qui ne débouchent sur aucune carrière tandis que les entreprises peinent à trouver les compétences dont elles ont besoin pour se développer. Les filières qui débouchent sur l’emploi n’attirent plus nos étudiants car ils trouvent ces formations trop sélectives.

C’est qu’on ne peut pas tricher avec la compétence : il faut bien évaluer les étudiants avant de leur remettre les diplômes, du moins dans les formations qui sont à l’écoute du marché du travail. Le résultat est que nous sommes obligés « d’importer » les étudiants qui veulent réellement travailler. Ainsi, en tant que contribuables, les parents financent un système qui contribue à désorienter leurs propres enfants !

Puisque l’Etat finance les lycées et les universités, il doit lui-même prendre ses responsabilités, notamment en donnant la gratuité dans des formations jugées prioritaires et stratégiques.
Si on évalue que, demain, nous manquerons de médecins ou d’ingénieurs, alors l’Etat se proposera de financer les études de ceux qui choisiront ces filières.
Si les étudiants veulent avoir la liberté de choisir les études qui leurs plaisent, alors ils doivent en assumer le financement par eux-mêmes.

Dans tous les cas, le statuquo actuel n’est plus tenable : blocage des facs quasiment chaque année ; diminution du niveau général de connaissances d’où inflation de diplômes ; fuite des meilleurs étudiants, et des meilleurs chercheurs à l’étranger (« la mauvaise monnaie chasse la bonne » disent les banquiers) ; montée du chômage des jeunes alors qu’il y a une pénurie de personnel qualifié dans des secteurs stratégiques de l’économie (mauvaise allocation du capital humain). En clair, notre système fait du subprimes à grande échelle : il distribue des titres sans contrepartie.

Or, n’oublions pas qu’il n’y a de richesses que d’hommes (le capital humain) et la croissance économique est faible précisément parce que nous gérons très mal ce capital humain.


Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte

[1] Sous le régime de l’étalon-or, les banques n’émettaient des billets que si elles disposaient de réserves en or en contrepartie.

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mardi 17 Mars 2009 à 18:03

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Le poison politicien

Jeudi 5 Février 2009
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Qu’on se garde de donner trop de pouvoir aux politiciens, ils s’en serviront au détriment de l’intérêt général. Malheureusement, la France est une nation qui a donné à l’Etat un rôle central et hégémonique, au détriment de la société civile et de ses acteurs.

Et l’Etat veut tout piloter, tout réguler et tout maîtriser…mais personne ne peut plus diriger l’Etat. Le pire est qu’il n’arrive pas non plus à se désengager lorsque ses responsables prennent conscience des limites inhérentes à la centralisation à outrance que ce soit dans le domaine de l’éducation, la recherche ou la santé.

Chaque fois qu’il tente de redonner la responsabilité aux niveaux de décision plus proches du terrain, l’Etat rencontre la fronde de la base qui assimile ce désengagement de l’Etat à la casse du service public.

Devant la multiplication de ces frondes et contestations, M. Dominique de Villepin donne des conseils au président de la république. On peut le comprendre. Lorsqu’il fut aux affaires, la jeunesse est descendue dans la rue pour rejeter les « contrats-jeunes » (CPE). Et il a reculé ! Au lieu d’être solidaire,

Sarkozy a laissé son premier ministre s’engluer dans cette affaire, jouant sa carte personnelle, sur fond de durcissement et de blocages des lycées et des campus. Du point de vue de la stratégie politique individuelle, c’est de bonne guerre ; mais les conséquences en termes de capacité à gouverner pour le futur sont toujours lourdes.

Car aujourd’hui, c’est le retour du boomerang ou l’arroseur arrosé ! Les syndicats veulent donner une suite à la grande manifestation de jeudi et Villepin savoure les difficultés du président. Il est à craindre que le manque de solidarité au sein des familles politiques engendre des dirigeants incapables de diriger. Les français seront passés d’une vague bleue à une vague rose.

Ils porteront demain la gauche au pouvoir après avoir empêché Sarkozy de mettre en œuvre sa politique. Mais ne nous leurrons-pas car la gauche ne sera pas en mesure non plus de gouverner. Le scénario s’est déjà reproduit dans le passé. En 1981, Mitterrand arrive au pouvoir avec un programme de relance qui sera mis en œuvre par Mauroy. Rapidement, il a fallu revenir sur d’autres bases, après trois dévaluations et un creusement du déficit public et commercial.

Que ce soit à gauche ou à droite, les hommes et femmes politiques sont animés par des intérêts personnels bien éloignés des intérêts collectifs qu’ils prétendent incarner et défendre. Parions que Ségolène Royal attend Martine Aubry au tournant, et/ou le contraire.

Les responsables politiques se divisent sans cesse au sein des mêmes familles pour arriver au pouvoir. Mais quand ils sont au pouvoir, non seulement ils doivent affronter la rue et l’opposition, mais ils doivent surtout se méfier de leurs pires amis.
Les hommes et femmes politiques s’épuisent ainsi en alternances factices et quand ils arrivent aux commandes, ils n’ont plus l’énergie pour tenir la barre. A force de penser aux intérêts du parti, on en oublie les intérêts de la nation.

C’est que la plupart des hommes et femmes politiques n’échappent pas à la condition des êtres humains en général. Ils sont comme ces traders qu’ils clouent au pilori chaque jour. Ils ne sont pas au-dessus de la mêlée.
C’est pourquoi il faut veiller à ne pas trop leur déléguer de pouvoir arbitraire, notamment dans le domaine économique et social.
C’est d’ailleurs l’hypothèse centrale du raisonnement économique : les individus cherchent d’abord à maximiser leurs propres intérêts.

C’est en raison de cette hypothèse que les économistes aussi sont raillés par d’autres disciplines des sciences humaines qui prêteraient aux individus des mobiles plus nobles. Mais l’intérêt personnel n’est pas un mobile ignoble comme l’a très bien démontré Adam Smith dans sa "théorie des sentiments moraux".

Un individu raisonnable peut estimer qu’il est dans son intérêt personnel d’apporter du bien autour de soi, d’être généreux, de se consacrer à des activités artistiques sociales ou humanitaires. Mais l’attrait du pouvoir fait souvent perdre la raison.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Jeudi 5 Février 2009 à 11:22

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Du bonheur d'enseigner

Jeudi 22 Janvier 2009
Jean-louis Caccomo
Jean-louis Caccomo
Chers amis,

Il serait bien triste de n’écrire que pour se plaindre. L’époque est suffisamment morose. Les ondes sont bombardées de ces auditeurs qui exposent leurs problèmes personnels, qui crient leurs revendications ou qui se plaignent sans cesse.

Et la misère quotidienne de s’étaler dans les émissions de téléréalité, devenant un spectacle médiatique de plus en plus anxiogène.

Et ne croyez pas que votre serviteur n’a pas de problèmes ; ceux qui me connaissent bien savent que le sort ne m’a pas épargné. Bien-sûr, il ne s’agit pas d’accepter bêtement notre sort et encore moins d’accepter l’inacceptable.
Mais il faut se garder de s’engager dans des combats perdus d’avance et de scier la branche fragile sur laquelle nous nous agitons (alors que certains parlent de bloquer à nouveau les campus universitaires).

Dans ma précédente chronique, je déplorais les manifestations des lycéens alors que j’étais chagriné par les contre-performances de mes étudiants de première année d’économie. L’année dernière, ces mêmes étudiants étaient encore au lycée.

Déjà (ou encore), il y avait des manifestations et des blocages pour protester contre la politique du gouvernement. Pourtant, les taux de réussite au baccalauréat ont atteint des records alors que les lycéens ont manqué plusieurs semaines de cours.
Cette année, mon examen d’économie générale durait deux heures. La plupart des étudiants ont rendu leur copie au bout d’heure. Il est vrai que les questions étaient faciles.
Du moins, c’est ce que je croyais ! Car, le niveau des copies fut désastreux.

Pas de contenu. Quant à la forme, on ne pouvait distinguer la copie de son brouillon. Les étudiants peinent à écrire une phrase sans faute ; ils ont encore plus de difficulté pour formuler un raisonnement cohérent et argumenté.

J’ai eu l’occasion de le leur dire car je leur dois la franchise (et j'ai envie de les voir réussir), en les invitant à redresser la barre au second semestre. Le pire n’est jamais sûr quand on sait réagir. Mais je ne peux m’empêcher de penser à ces lycéens en colère qui interpellent le ministre ou le président et impressionnent les médias. C’est vrai qu’ils sont impressionnants dans la rue ; mais ils le sont beaucoup moins aux examens.

Cette fois-ci, je veux féliciter mes étudiants de master professionnel de l’IAE. Comme mes collègues, je prends plaisir à enseigner à ces étudiants. Ils sont sérieux et s’impliquent activement dans les cours, déclenchant des échanges argumentés et intéressants. Il est frappant de voir comment, d’une année à l’autre, d’une promotion à l’autre, le même cours peut être ennuyeux et pénible ou, au contraire, vivant et passionnant. C’est ce qui rend ce métier imprévisible. C’est ce qui fait que j’ai le trac à chaque rentrée universitaire.

Si la qualité de l’intervenant compte pour beaucoup, la qualité de l’auditoire est toute aussi essentielle. Ce constat souligne encore fois l’importance du recrutement des étudiants (et donc la question cruciale de l’orientation et de la sélection). Si le recrutement est mauvais, même le meilleur des enseignants aura de grandes difficultés à faire passer son message.

L’œuvre la plus sublime de Mozart ne sera nullement apprécié par un public sourd ou réfractaire à la musique. Dans le langage populaire, le dicton recommande de ne pas donner du caviar aux cochons ! On peut donc faire toutes les réformes de l’enseignement supérieur que l’on veut car tout se défend sur le papier ; mais tant que l’on n’affrontera pas franchement la question de l’orientation et de la sélection à l’universitaire, on parlera dans le vide.

Quand le professeur est motivé et passionné (et qu’il maîtrise sa discipline) et quand les étudiants sont attentifs et réceptifs, alors la rencontre est magique. Tant que j’aurais l’occasion de vivre de tels instants, je continuerai à exercer ce métier avec toute l’énergie que m’insuffle la passion de la science économique.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Jeudi 22 Janvier 2009 à 17:14

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Crise de la Gauche

Jeudi 18 Décembre 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

L’économie traverse sans nul doute la crise la plus grave qu’elle ait connu depuis bien longtemps. Mais pendant ce temps, la gauche politique n’en finit plus d’agoniser. Inutile de revenir sur les fractures du PS qui vont nourrir une lutte sans merci entre Aubry et Royal qui est de nature à décourager les militants les plus sincères.

Mais que penser des luttes similaires au sein du PC alors que le parti communiste ne représente plus personne en France ?
Dans ce contexte, Besancenot tente de faire émerger un parti anticapitaliste en surfant sur la crise. Mais il est loin d’être le seul à entonner le refrain de l’anticapitalisme.

Pourtant, la crise actuelle aurait dû faire prospérer la gauche puisque cette crise pourrait être interprétée comme une confirmation de sa théorie. Il n’en est rien.
Pour ma part, j’ai dû mal à parler de "crise du capitalisme" car il ne saurait y avoir d’économie en dehors du capitalisme.

Si le capitalisme devait disparaître, il emporterait avec lui l’économie elle-même et sans économie, pas de civilisation humaine. Il y a donc bien une crise économique mais, pour reprendre les analyses de Schumpeter qui a proposé une théorie de l’évolution économique, c’est surtout une phase de mutation, de "destruction créatrice", dans laquelle les nouvelles formes de développement économique sont en train de prendre forme.

L’économiste Kondratieff a été envoyé dans les camps de travail soviétiques pour avoir proposé la première théorie des cycles longs, défiant du même coup l’idéologie officielle selon laquelle le capitalisme était condamné à sombrer dans une crise finale [1].

Pour Kondratieff, tel le phénix qui renait de ses cendres, le capitalisme se nourrit des crises. Plus exactement, l’économie est fondamentalement animée par un processus dynamique qui la conduit à des mutations qui nourrissent son développement incessant. Dans cette optique, l’analyse seulement quantitative en termes de croissance et de crise est trop réductrice.

Mais pourquoi la gauche n’est-elle donc pas capable de profiter de ces périodes de crise qui engendrent une réelle détresse sociale ?

Permettez-moi d’apporter ici deux tentatives d’explications.
Premièrement, la gauche semble plutôt profiter des périodes de croissance. En effet, sauf à persister dans une démarche révolutionnaire suicidaire, la gauche qui ambitionne de gouverner s’appuie sur un programme qui peut se résumer sur un principe directeur : la redistribution des richesses. Mais pour redistribuer des richesses, encore faut-il en produire.

En période de crise, c’est la capacité à produire des richesses qui est remise en question, la redistribution risquant d’accroître les problèmes économiques plutôt que de les résoudre. Les gens qui vivent dans le monde réel en sont plus moins conscients, et c’est pourquoi ils se détournent à la fois des partis de gauche et des syndicats, comme l’a révélé le fort taux d’abstention aux dernières élections prud’homales.

Deuxièmement, il y a sans doute une raison plus profonde. La gauche part du principe qu’il faut "changer le monde", qu’il faut proposer "autre chose" en trouvant une alternative à l’économie de marché.

La réalité économique est cependant un fait, voulu par personne mais sans cesse actualisé par chacun de nous, car l’économie émerge des interactions complexes issues de nos choix individuels. Aucun plan préalable n’a été nécessaire pour que fonctionne l’économie.

A l’inverse, tous les plans qui prétendent enfermer l’économie dans des formats artificiels et rigides ont brisé l’économie, les crises résultant souvent d’erreur de réglementations ou de politiques économiques.

Mais changer le monde pour proposer quoi, dans quelle direction, selon quel principe ? Et là, il y a quasiment autant de réponses qu’il y aura de militants. Ces militants animeront des courants innombrables. Les Verts, le PS, le PCF, le NPA, tous ces partis tiennent finalement le même discours fondé sur le rejet de la réalité économique : il faut changer l’économie.

Tous les leaders de la gauche nous proposent de donner au monde un visage humain, mais ils gardent de nous dire qu’ils verraient bien leur propre visage en guise de modèle. Comment changer l’économie qui fait tourner le monde dans lequel nous vivons ? Personne n’a la même réponse de sorte qu’il est structurellement impossible aux hommes et femmes politiques de gauche de travailler ensemble.

C’est la raison pour laquelle les pays qui ont voulu sortir de l’économie de marché ont dû le faire de manière autoritaire, en se donnant des régimes dictatoriaux. Tous les pays qui rejettent l’économie de marché sont des dictatures.

C’est aussi pourquoi les partis de gauche ont dû mal avec l’idée de concurrence voire avec le principe même des élections, des primaires, de multiplicité de candidats ; et les épisodes tragicomiques d’élections truquées au PS sont révélateurs d’une pratique inhérente aux partis qui restent imbibés par cet esprit révolutionnaire : au sein de mon parti, j’ai perdu aux élections alors je remets en cause le principe même des élections ; dans le cadre des élections nationales, mon parti perd les élections alors j’organise d’incessants "troisième tour sociaux" pour bloquer le pays et empêcher le gouvernement élu d’appliquer son programme.

Tant que la gauche sera inspirée par ces pratiques, elle loupera l’occasion de se reconstruire.

Faut-il néanmoins se réjouir de cette situation ?
Non car malgré cette pittoresque situation, la droite aux affaires ne parvient pas à gouverner, devant reporter la moindre de ses réformes devant la fronde de la rue en colère. Quand le pouvoir est dans la rue, c’est que la démocratie a déserté la cité.

C’est à croire que les français préfèrent la révolution à la réforme puisqu’en bloquant systématiquement toute possibilité d’évolution en douceur de ses institutions – notamment l’éducation nationale – ils installent les conditions de la faillite. Notre pays qui ne manque pas une occasion de donner des leçons de démocratie au monde entier n’est jamais parvenu à vivre complètement ce pacte démocratique.

Le gouvernement ne peut pas gouverner en appliquant le programme sur lequel il s’est fait élire tandis que l’opposition n’est pas en état d’offrir une alternative crédible.

Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
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[1] Nikolai Kondratieff (1892-1938) est mort fusillé au goulag où il a été déporté à la fin d’un procès initié par Staline dans le cadre de l’épuration idéologique.

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Jeudi 18 Décembre 2008 à 10:37

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

A propos d'orientation

Mardi 9 Décembre 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

En tant que parent d’élève, j’ai assisté à une réunion d’information destinée à guider les parents dans l’orientation de leurs enfants inscrits en classe de 3° (l’année du brevet). Par ailleurs, mes responsabilités professionnelles me conduisent à participer à ce type de réunions ainsi qu’aux salons destinés aux lycéens en vue de leur orientation dans le supérieur.

D’une manière générale, et ce n’est pas la première fois que je le constate, le message est insidieusement biaisé. Ces présentations ont en effet tendance à dévaloriser les BAC généraux – sous-entendant que l’université ne mène plus à rien - en survalorisant les filières qui conduisent aux BTS comme si c’était devenu aujourd’hui la seule finalité du parcours scolaire de nos enfants.

Personne n’a le pouvoir de transformer le plomb en or ; et l’université ne mène à rien si l’on y envoie les bons à rien.
Lorsque j’étais lycéen, les professeurs conseillaient aux meilleurs d’entres-nous d’aller à l’université. Et même si je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a pas grand sens à envoyer tout le monde à l’université, il est tout aussi stupide de n’y envoyer personne.

La société aura toujours besoin d’exécutants, de techniciens, de cadres et de cadres supérieurs, ce qui légitime et rend nécessaire chaque niveau de formation.
Mais chacun doit trouver sa place en fonction de ses capacités : s’il y a des lycéens dont le profil les conduit à privilégier le bac pro et le BTS, il existe aussi (du moins j’ose l’espérer) des lycéens dont le profil doit les conduire à l’université.

Il n’est pas de mon propos de dénigrer les BTS, mais on ne forme pas de la même manière un futur technicien et un futur cadre. Il n’y a donc pas de filières poubelles ou de filières d’excellence en soi, tout est une question d’orientation.

Le BTS est une filière d’excellence pour former les techniciens de demain tandis que l’université est une filière d’excellence pour former les cadres de demain. Certes, un lycéen muni d’un BTS entrera plus tôt sur le marché du travail mais, malgré son ancienneté, certaines responsabilités lui seront à tout jamais refusées.  

M’occupant d’orientation à l’université, je reçois de plus en plus d’élèves de BTS, accompagnés par leurs parents, qui désirent intégrer une licence, arguant du fait que le BTS leur donne l’équivalence d’un BAC + 2.

Certains de ces élèves avaient en fait le potentiel pour aller directement à l’université après avoir réussi leur BAC général. Mais, sous le prétexte de remplir des classes de BTS, ce qui confère ensuite un prestige aux lycées dont l’importance et les moyens sont corrélés à l’effectif, ces élèves ne sont pas nécessairement orientés en fonction de leur véritable potentiel intrinsèque.

Or, le BTS ne peut être équivalent à un diplôme du supérieur, étant délivré dans les lycées par des professeurs de lycée et n’ayant pas la même finalité en termes d’embauche. La conséquence me parait grave à plus d’un titre.
En effet, on assiste à une montée en qualification et un renouvellement de la génération du baby-boom ce qui libère des postes à des niveaux de cadres et cadres supérieurs.

Ces niveaux ne sont accessibles qu’à partir du diplôme de master (qui s’est récemment substitué à l’ancienne maîtrise).
L’expérience montre que l’université peut fort bien professionnaliser des étudiants à partir du niveau master (cadres) à condition que ces étudiants aient une bonne licence généraliste (en sciences, en économie, droit ou sciences humaines).

Et pour décrocher une telle licence, certains lycéens doivent avoir été orientés dans les bacs généraux (lettres, économie, sciences, math). Or l’offre de formations supérieures à vocation professionnelle s’est considérablement développée ces dernières années à l’université sans que les parents en prennent véritablement conscience, ce qui est de nature à renforcer l’attractivité des bacs généraux.  

En tant que directeur de master professionnalisé dans le secteur de la Banque & Assurance, je me retrouve dans la situation où je n’ai pas assez d’étudiants pour répondre aux besoins des entreprises à ce niveau de recrutement, notamment parce qu’une partie de notre jeunesse est mal orientée.

Et j’ose à peine parler de la pénurie de médecins ou de chercheurs qui se profile à brève échéance, ces formations d’excellence faisant peur à certains parents ou à certains étudiants sous prétexte qu’elles sont sélectives.

C’est bien là un des effets négatifs de la diabolisation de la sélection alors que toute formation de qualité nécessite un minimum de sélection, ne serait-ce que pour vérifier si les étudiants ont les capacités intellectuelles pour suivre les formations en question.

Quand nous prenons l’avion, nous comptons tous sur la compétence du pilote et la compétence aussi de ceux qui ont fabriqué l’avion.
Cette peur de la sélection reflète un cruel manque d’ambition qui contrarie le potentiel de nombreux jeunes. Dans l’intérêt de nos enfants, l’université mérite une meilleure présentation, ne serait-ce que pour informer les parents sur l’offre de formation professionnelle qui existe aujourd’hui dans l’enseignement supérieur.  

Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte 

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mardi 9 Décembre 2008 à 10:58

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Que n’a-t-on pas entendu au sujet de la féminisation du milieu politique !
Rappelez-vous. On nous disait que, puisque les femmes avaient une psychologie et une sensibilité spécifiques, elles feraient la politique autrement. Et c’est au nom de ce principe postulé qu’il fallait imposer la parité en politique.

Pour ma part, je me suis toujours insurgé contre ce sexisme à l’envers qui, comme le racisme à l’envers, est un avatar de tous ces raisonnements profondément collectivistes qui conduisent à juger l’être humain en fonction de son appartenance à une catégorie, que ce soit le sexe, la religion, la classe sociale ou l’origine ethnique.

Mais qu’il soit à l’endroit ou à l’envers, le sexisme reste du sexisme, et le racisme reste du racisme. De la même manière, qu’elle soit positive ou pas, la discrimination reste de la discrimination.

Il est tout aussi injuste de désavantager une personne sous prétexte qu’elle est une femme ou un étranger que d’avantager une personne sous le même prétexte qu’elle est une femme ou un étranger.
La seule attitude juste et morale consiste considérer l’individu pour ses qualités propres, indépendamment de ses attributs qui le conduisent à être le soi-disant représentant d’une catégorie collective.

La mascarade qui menace de faire imploser le Parti socialiste, notamment à travers l’opposition sans concession entre Martine Aubry et Ségolène Royal, montre que les femmes (politiques) sont des hommes (politiques) comme les autres.

Et pour avoir côtoyé des femmes ambitieuses dans de nombreux professionnels, elles ne sont pas moins carriéristes que le pire des machos, prêtes à utiliser toutes les armes pour arriver à leurs fins.
Et les armes féminines ne sont-elles pas redoutables ?

Nous autres, pauvres hommes qui avons l’audace de nous prétendre le "sexe fort" sommes parfois tellement prévisibles.

Il est certain que le sort du PS est désormais imprévisible…

Jean-Louis Caccomo
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Fabrice Rallo
Rédigé par Fabrice Rallo le Mardi 2 Décembre 2008 à 11:21

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Moraliser le capitalisme

Lundi 17 Novembre 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis

Etre libéral est aujourd’hui une tare, une infamie, une maladie mentale.

La gauche antilibérale exulte tandis que les penchants interventionnistes de la droite jacobine s’expriment désormais sans tabou.
J’admets que des conjonctures exceptionnelles appellent des mesures exceptionnelles. De plus, le libéralisme n’exclut pas l’intervention de l’Etat. Adam Smith consacre un tome entier de "La Richesse des Nations" à l’action publique et l’économie sociale, montrant que le marché ne peut s’épanouir sans la fourniture d’un environnement de biens et services publics qui ont la propriété de générer des externalités positives.

L’économie de marché fondée sur la liberté et la responsabilité individuelle implique qu’un Etat de droit qui soit fort et efficace, notamment dans les domaines de compétences qui sont les siens, ne serait-ce que pour rappeler aux acteurs de l’économie que la liberté n’implique pas seulement des droits mais aussi des devoirs.

Mais la crise a bon dos. Aucun système ne peut fonctionner si l’homme perd le sens des valeurs morales.
Ce n’est pas le capitalisme qu’il faut moraliser, c’est l’homme moderne lui-même qui a trop vite oublié que la liberté n’est pas l’absence de contrainte, qu’il n’y a pas de droits sans devoirs, que l’on ne peut consommer des richesses sans participer à leur production et reproduction, que l’endettement est une fuite en avant s’il ne donne pas lieu à un investissement, donc une production de richesse future.

La crise que nous vivons n’est pas une crise du capitalisme mais une crise des valeurs sans le respect desquelles aucun système économique ne peut fonctionner. Le socialisme sur le papier, c’est sans doute séduisant sur le papier car qui n’est pas tenté par la promesse d’un monde sans inégalités et sans pauvreté ?

Cependant, sans morale, il devient dans la pratique un véritable racket à grande échelle au profit d’une nomenklatura qui s’autoproclame gardienne de l’intérêt général.

L’économie ne se réduit pas à des chiffres ou des flux financiers. La finance et le commerce reposent sur la confiance en l’autre, d’où peuvent naitre les relations d’échange sans lesquelles aucune prospérité n’est possible.
Mais cette société de confiance a progressivement disparu sous l’effet d’une fuite en avant consistant à confondre la liberté avec la satisfaction immédiate des pulsions consuméristes.

On consomme pour avoir, pour posséder en oubliant que personne ne peut s’épanouir dans la consommation.  Etre ou avoir, telle est la question !

L’accomplissement de soi passe souvent par la réalisation de quelque chose, par la création de quelque chose, autrement dit par la mise en œuvre de ses potentialités. C’est toujours une dimension (et une définition) du travail. On produit de la richesse, qu’elle soit culturelle, artistique ou matérielle, tout dépend des talents, des choix et des aspirations de chacun.

Or, on a cultivé, notamment chez les jeunes, le désir d’avoir et de posséder (consommation) avant la volonté de faire, de créer et de produire (production). On veut tous être riche, mais on ne veut guère travailler.
La chasse aux salaires élevés et autres stock-options est-elle vraiment l’expression d’une indignation légitime face aux inégalités ou la manifestation plus douteuse de l’envie et de la jalousie sur laquelle surfent toujours les démagogues et les populistes ?

Sous prétexte de relancer l’économie au bord de la crise, on parle encore de relancer la consommation alors que l’endettement de notre économie atteint des niveaux insupportables en termes de charges financières.

A-t-on réellement tiré toutes les leçons de cette crise que l’on impute trop facilement au libéralisme que personne ne s’efforce de définir ?
La philosophie libérale, qui nous vient de l’époque des Lumières, avant d’être une apologie aveugle du marché, est d’abord justement un ensemble de valeurs morales fondées sur l’équilibre toujours délicat mais indispensable entre les droits et les devoirs, entre l’effort et la récompense, entre revenu et rendement, entre salaires et productivité.

La société moderne a précisément voulu tourner le dos à toutes ses contraintes. Pour peu que ces équilibres ne soient plus respectés, à force de multiplier des droits en exonérant les devoirs correspondants, à force de distribuer du revenu sans contrepartie en termes de production de richesse, les bulles nous éclatent toujours à la figure.

Il est certain que les gouvernements ne peuvent pas rester sans rien faire devant la situation actuelle. Cependant, il faut veiller à ne pas renforcer les causes du mal.

C’est donc l’interventionnisme lui-même qu’il faut repenser car la crise mondiale n’éclate pas nécessairement du fait d’une absence de gouvernance mondiale ou de la dérégulation, mais de l’accumulation dans tous les pays de réglementations inadaptées aux enjeux de l’économie moderne.

Loin d’être une "jungle libérale", le monde moderne est de plus en plus réglementé. Chacune des réglementations considérées isolément a sans doute des intentions louables et des motivations légitimes (protéger la santé des consommateurs, protéger l’environnement, respecter des normes de qualité…), mais l’accumulation des réglementations se traduit par une charge financière qui pèse en dernière instance sur les entreprises.

Avant même que la crise financière éclate, la France avait déjà un problème structurel de croissance molle (qui dure depuis bientôt trente ans) ce qui a conduit le candidat Sarkozy a axé sa campagne sur le thème du pouvoir d’achat.

Mais il ne serait y avoir de pouvoir d’achat sans la restauration d’un "pouvoir de produire", sinon le revenu distribué ne sera qu’une forme de "monnaie singe" pareille à ce qu’ont été les fameux "subprimes" américains.

La crise bancaire a éclaté aux USA où la Réserve Fédérale a pratiqué pendant des années une politique de taux d’intérêt bas qui a nourrit l’endettement des ménages et des collectivités publiques sous le prétexte de maintenir la consommation considérée comme "moteur de la croissance".

C’est une fuite en avant qui n’est pas soutenable. Les moteurs de la croissance sont bien plus profonds, bien moins matériels et bien plus spirituels ou culturels, reposant grandement sur la volonté d’entreprendre, la confiance en l’avenir, l’éducation, l’aptitude à utiliser les connaissances pour contribuer à créer des richesses.

L’économie ne commande pas nécessairement de produire plus, mais surtout de produire mieux et différemment, en prenant en compte les nouvelles contraintes qui sont toujours le nerf de l’innovation.
Alors peut-on venir en aide au système bancaire en appelant une baisse des taux d’intérêt pour relancer la consommation au risque de repartir dans une même fuite en avant ?

Je n’ai pas de réponse toute faite. Ce sont des questions que j’expose ici. Car la crise interpelle aussi nécessairement les économistes qui doivent repenser leur discipline.

Un peu comme ces traders fous qui étaient des ingénieurs et virtuoses de la technique mathématique sans aucune culture économique et qui se sont trouvés dépassés par leur propre aveuglement, fondé sur une très haute opinion d’eux-mêmes (ils sortent tous des plus grandes écoles où on leur enseigne qu’ils sont les élites économiques), les nouveaux économistes, qui sont désormais des mathématiciens qui appliquent des modèles à l’économie sans trop savoir ce qu’est vraiment l’économie, devraient redécouvrir les valeurs morales qui sont le fondement des sciences humaines en général, des sciences économiques en particulier.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Lundi 17 Novembre 2008 à 16:56

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Les leçons d'une crise

Mardi 14 Octobre 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Personne ne peut dire si le plus dur est désormais derrière nous. Il est difficile d’avoir une vision exacte des événements à chaud, surtout quand les plus grands experts sont eux-mêmes pris en défaut. Il est cependant un fait remarquable : les Etats européens, mobilisés par le président français, vont venir en aide aux banques en leur prêtant de l’argent qu’ils auront eux-mêmes empruntés…aux banques.

Ces événements que nous venons de vivre doivent nous rendre plus modestes, nous incitant à abandonner toute posture par trop idéologique. L’effondrement de l’Union Soviétique a montré au monde entier que l’Etat ne pouvait pas et ne savait pas tout faire. L’omniprésence de l’Etat entraîne son incompétence conformément au principe "trop d’Etat tue l’Etat".

Mais la crise financière mondiale montre de la même manière les limites du marché, le marché ne pouvant pas tout faire tout seul.
"Trop de liberté tue la liberté". Et ce sont précisément les marchés qui en appellent à l’intervention étatique, l’action coordonnée des Etats européens étant saluée par les bourses mondiales. Ce sont également les banques qui sont disposées à prêter de l’argent à l’Etat alors qu’elles ne se prêtent plus entre elles dans ces périodes d’irrationalité collective.

Il convient de prendre en considération ces éléments pour considérer que le sempiternel débat entre plus ou moins de régulation, plus ou moins d’Etat, est largement dépassé. La question n’est pas : faut-il plus réguler ou faut-il moins de régulation dans l’économie ?

Mais plutôt : quelles sont les bonnes régulations ? Et comment faire évoluer les régulations alors que l’économie elle-même est en constante mutation, les crises provoquant généralement l’accélération des changements.

On doit pouvoir se débarrasser des réglementations qui étouffent le développement économique tout en trouvant les régulations qui empêchent le marché de se nuire à lui-même.

L’économie est un peu comme la médecine : la connaissance de l’objet conduit à faire évoluer l’objet. Autrefois, l’humanité était régulièrement terrassée par des épidémies de peste ; la mortalité infantile était grande et l’espérance de vie courte.

Puis nos connaissances médicales nous ont permis de vaincre des maladies et d’allonger la durée de vie. Aujourd’hui, l’homme vit plus longtemps en longue santé mais de nouvelles maladies plus complexes sont apparues face auxquelles la science est pour l’instant sans réponse définitive.

Il en sera toujours ainsi : le progrès fait disparaître des anciens problèmes pour en faire émerger de nouveaux.
C’est le propre de l’évolution. Il en est de même de l’économie qui est un phénomène éminemment évolutif, et singulièrement de l’économie de marché dont le dynamisme contribue à sa propre transformation. La crise est un signe de l’évolution de l’économie.

L’économie n’est pas au bord du gouffre, elle est en mutation. Il y a plus d’un siècle, quelques pays ont connu la croissance, ce qui a permis d’apporter la prospérité et le bien-être à des populations qui furent condamnées à la misère pendant de nombreux siècles.

Aujourd’hui, de plus en plus de pays se sont ouverts à l’économie mondiale, profitant d’un processus de croissance autrefois réservé aux seuls pays occidentaux.

Dans le même temps, les processus financiers, technologiques et managériaux se sont grandement complexifiés, évoluant et s’adaptant à l’occasion des crises. Il serait étonnant qu’il en soit autrement alors que des pays aux cultures différentes, aux aspirations différentes, aux histoires différentes, se retrouvent à s’ouvrir à un processus de globalisation économique qui les rend solidaires et interdépendants à une échelle sans précédent dans l’histoire.

Ces phénomènes interpellent la science économique de la même manière que la médecine progresse en voulant s’attaquer aux nouvelles maladies.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mardi 14 Octobre 2008 à 13:46

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Un nouveau souffle ?

Mercredi 17 Septembre 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

J'ai été très touché par les nombreux messages de soutien venus de la France entière et de l'étranger en réaction à ma précédente chronique.

Il y a des accidents de la vie qui conduisent à prendre du recul et à s'interroger sur soi-même, sur la légitimité de son action, sur le sens de nos vies et l'utilité de nos engagements.

Il est difficile de trouver rapidement des réponses à ce genre d'interrogations tandis que certains combats n'ont jamais de fin surtout dans un pays enfermé par des blocages profonds et prisonnier de tabous puissants. Mais les choses évoluent inévitablement, qu'on le veuille ou non.

Je travaille sur un projet de compilation sur papier de mes chroniques, rassemblées par thèmes (politique intérieure, politique internationale, économie, questions de société).

Si vous voulez recevoir un exemplaire relié de l'ouvrage, contactez-moi par l'intermédiaire de mon adresse électronique. En attendant, je continue mon travail de lobbie auprès du monde de l'édition parisienne.

L'actualité française et internationale reste une source inépuisable d'inspiration pour les chroniqueurs attentifs soucieux de défendre la fibre du libéralisme.

Cette fibre souffle toujours en moi comme chez beaucoup de personnalités brillantes que j'ai eu le plaisir de rencontrer à l'université d'été du PLD organisée par Aurélien Véron dont je tiens à saluer l'engagement ici :

http://www.universiteliberale.fr/ 
et
http://www.new.facebook.com/event.php?eid=16027879279

Il me reste à trouver le moyen de lui donner une force nouvelle.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mercredi 17 Septembre 2008 à 16:44

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The show must go on

Vendredi 11 Juillet 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Ma vie est à un tournant crucial qui me conduit à me poser les questions plus fondamentales et les plus douloureuses. Certaines de ces questions aboutissent à des décisions tandis que d'autres débouchent sur de nouvelles questions.

J'ai en tout cas pris la décision d'écrire aujourd'hui ma dernière chronique.
Je suis désolé pour mes nombreux lecteurs qui ont souvent été aussi attentifs que fidèles.
Ce fut une expérience fantastique pour moi alors que je faxais mes premières chroniques en quelques exemplaires destinés à des amis toujours trop rares.

Mais c'est un exercice épuisant qui nous entraîne dans une virtualité bien dangereuse. Parfois, j'ai tellement l'impression de ressasser, de faire les mêmes constats, de proposer des pistes pour le changement dans un vide vertigineux.

Mais à quoi bon... Quel est l'impact ? Qui nous écoute ?

Finalement, j'avais l'impression de me défouler, suscitant la colère et la haine de mes ennemis (qui n'hésitaient pas à m'envoyer mes menaces ou des messages d'insultes) et l'admiration sincère de mes amis.
Mais ces lignes sont comme des gouttes d'eau dans un océan de bruits et de tumultes duquel il ne sortira pas grand-chose puisque tous les avis se brouillent et se neutralisent.

J'aurai secrètement espéré qu'un éditeur repère mes écrits sur les blogs… mais les choses ne se passent pas ainsi dans la vraie vie. Il faut être dans les circuits idoines, dans les lobbies dominants. Il faut avoir des appuis.

Comment ai-je pu avoir la prétention de croire que je pouvais espérer m'élever de ma province reculée par la seule force des mots ?

Je veux en tout cas saluer encore une fois tous les lecteurs qui ont suivi ma chronique. Je les remercie pour leur patience et leur ouverture d'esprit. Ils ont accepté la réception hebdomadaire de mes chroniques de résistance devenues récemment chronique d'espérance alors que la France se laissait croire au changement.

Je n'ai jamais eu l'occasion de vous rencontrer physiquement mais la chronique fut le fil conducteur d'échanges de commentaires et de point de vue qui m'ont grandement enrichi.

Aujourd'hui, je suis fatigué.
J'ai besoin de faire le point, de me retrouver.

Au-delà du carnaval quotidien, j'ai besoin de retrouver le silence de la sérénité pour tenter d'écouter ma voix intérieure qui me guidera vers une nouvelle espérance.

The show must go on…

Merci à tous très sincèrement,

Jean-Louis Caccomo

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Vendredi 11 Juillet 2008 à 10:53

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Quand Ducasse se casse...

Mardi 8 Juillet 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

On s'étonnera toujours de voir les commentateurs s'étonner de la décision de Ducasse alors qu'il agit comme tant d'autres avant lui, qu'ils soient sportifs, artistes, entrepreneurs ou encore chercheurs. Depuis des décennies, tous ceux qui parviennent à un niveau d'excellence dans leur domaine d'activité prennent la décision de s'expatrier, nourrissant une émigration économique révélatrice des problèmes structurels qui figent notre économie.

Ce n'est pas faute d'alerter sur les dangers d'une telle saignée mais on nous rétorque aussitôt que la fuite des actifs est un élément fortement exagéré.

Pourtant, c'est un fait, le capital humain s'évade...
Qui est à blâmer ?
Celui qui quitte son pays et qui est désigné comme un traître ?
Ou le pays qui contraint ses propres résidents à partir dès lors qu'ils sont les plus actifs et les plus entreprenants ?

Les soldes migratoires ont une influence fondamentale sur la dynamique économique d'un pays dans un contexte d'économie ouverte.
Et cette ouverture prend de multiples dimensions : l'économie est non seulement ouverte sur le monde et l'extérieur, mais elle est aussi ouverte aux changements de toute nature (mentalités, technologies, sciences, politiques).

De ce point de vue, nous cumulons le formidable handicap qui consiste à nous accrocher à des rigidités qui deviennent de véritables tabous, à l'instar de l'I.S.F. ou les 35 heures, alors que notre économie est totalement ouverte sur l'extérieur.

En tout état de cause, l'impact des soldes migratoires (différence entre émigration et immigration) ne dépend pas fondamentalement des effectifs en jeu mais de la qualité respective des flux en cause. On peut bien perdre un seul cerveau mais si c'est celui d'Edison ou Bill Gates.

Dans les périodes de mutations technologiques, des pans entiers de l'économie basculent à la suite de la vision de quelques individus inspirés. Imaginez que 1000 personnes quittent le territoire chaque mois tandis que 1000 personnes arrivent sur le territoire.

A s'en tenir aux seuls effectifs, on considérera que la "balance migratoire" est équilibrée.
Mais tout le monde comprendra aisément que la situation n'est pas soutenable ou durable (pour reprendre les termes très en vogue) si le territoire en question perd 1000 créateurs de richesses, innovateurs ou producteurs dans le même temps qu'il récupère 1000 réfugiés politiques ou sociaux.

On entre là dans un processus d'éviction en vertu du principe bien connu par les économistes selon lequel "la mauvaise monnaie chasse la bonne" révélateur d'une liquidation rampante de l'économie.

C'est l'effet Ducasse.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mardi 8 Juillet 2008 à 10:10

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Voie sans issue

Mardi 17 Juin 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Le prix du pétrole augmente et continuera d'augmenter.

Sans doute, dans un avenir plus lointain, cette hausse génère les germes d'une future baisse, à l'instar de ce qui se passa après le premier choc pétrolier de 1973.
Mais en attendant, les professionnels manifestent et bloquent la circulation. Puis, pressé par la colère qui monte, le gouvernement lâche des aides. 
Le même scénario se joue lorsque survient une intempérie ou autre aléa climatique inévitable.

Comme le gouvernement ne peut se procurer de l'argent qu'en prélevant sur les acteurs économiques, ces aides aboutiront à un accroissement de la charge fiscale contre laquelle se révolteront à nouveau demain les professionnels.

Autrement dit, les français sont en train de s'étrangler eux-mêmes par l'intermédiaire des hommes politiques qu'ils conduisent aux affaires.

La situation est folle et ubuesque mais voilà bien un des dangers de la démocratie lorsque les compétences de l'Etat et ses champs d'intervention légitime ne sont pas encadrés par une Constitution concise et claire.

Imaginez que j'étrangle mon domestique au point qu'il parvient à peine à respirer. Constatant qu'elle est sur le point de succomber (alors que j'ai tout de même besoin de lui pour les basses besognes), je décide d'introduire dans sa bouche un tuyau qui envoie de l'air (une niche fiscale) pour l'aider à respirer.

Comme cela ne suffit pas à le réanimer, je multiplie les tuyaux et autres solutions de respirations artificielles. 
C'est absurde n'est-ce-pas ! Il suffirait tout simplement que je cesse de l'étrangler.

C'est ce que ne comprennent jamais tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis 40 ans (un héritage de 68 ?).
On multiplie les tuyaux et les intraveineuses au point que les prétendus remèdes et aides sont sur le point d'achever le malade qui, sans toutes ces interventions, avec un corps en parfaite santé.

Le corps économique et social de la France souffre d'être martyrisé par un Etat étrangleur. Dans ce contexte, nous nous retrouvons encore plus fragiles et exposés face aux aléas inévitables qui frappent de tout temps l'économie mondiale.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mardi 17 Juin 2008 à 14:30

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Herbert Marcuse (1898-1979) était un philosophe et sociologue marxiste américain d'origine allemande qui a profondément influencé l'intelligentsia de gauche. En France et aux USA, il fut un des maître-à-penser de l'antilibéralisme dont la rhétorique a fournit les principaux slogans de mai 68.

Moi qui venait d'un milieu plutôt modeste et rural (j'ai passé mon bac dans une ville de 16 000 habitants), plus je lisais Marcuse, dont la plupart de mes professeurs m'imposait la lecture approfondie, et plus mon complexe d'infériorité provinciale était renforcé tant je ne comprenais rien à ce charabia qui s'apparentait plus, dans mon esprit vierge, à une démonstration pompeuse de rhétorique savante qu'à l'énoncé limpide d'une connaissance solide qui devient ainsi accessible à tous par la magie de l'enseignement et le talent du pédagogue.

Aussi, le jour de mon partiel en "épistémologie critique", j'ai sagement récité Marcuse sans en comprendre le moindre mot, obtenant ainsi une des meilleures notes de ma promotion.

A force d'être gavé par Althusser, Gramsci, Marcuse, Rosa Luxemburg et Marx, je me demandais si j'étais bien fait pour faire des études d'économie, voire faire des études tout court.
Il y avait si peu de mérite à obtenir un diplôme en récitant une prose obscure tel un perroquet qui mime le langage humain.

De surcroit, je ressemblais si peu à l'étudiant aixois typique : paraître et penser à gauche tout en habitant dans la belle bastide provençale du papa avocat ou de la maman médecin.
Au total, il me semblait que je n'apprenais pas grand-chose du monde réel qui m'attendait et j'avais peu de temps à consacrer aux envolées verbales de ces prophètes d'un autre monde.

Et oui, le temps c'est de l'argent ; et cet argent, je ne pouvais pas le soutirer à volonté à mes parents et en priver mes frère et sœurs.
Heureusement, d'autres professeurs m'ont fait entrevoir la lumière dans les études d'économie et le bonheur de la connaissance, ce qui me motiva à continuer. Qu'ils en soient remerciés pour toujours.

Avec le recul, ce que je lis désormais entre les lignes de ce penseur de la révolution m'apparait trop clair et frise l'escroquerie intellectuelle. Marcuse a atteint les sommets de la dialectique en prônant le concept de "tolérance répressive" par lequel il s'opposait carrément à la liberté de parole [1].

Ce droit fondamental dans la philosophie libérale était alors considéré par Marcuse comme un "concept bourgeois" favorisant l'ordre établi au profit des riches dans un raisonnement dont la logique est inversement proportionnelle à la rigueur. Mais puisque ce droit était vigoureusement défendu par des libéraux, il était forcément douteux.

Si l'on suit le raisonnement de Marcuse, la liberté de parole favorise les riches et les puissants puisqu'elle aboutit à une profusion d'idées et de concepts face à laquelle les plus modestes ne sont pas armés.
On retrouve d'ailleurs les mêmes arguments qui permettent de fustiger internet pour tenter de le contrôler et c'est dans cet esprit qu'une véritable école libre ne saurait être tolérée par le monopole de l'Education Nationale.

On voit ainsi comment une logique apparente atteint les sommets de la dialectique : au nom de la liberté, on veut supprimer la liberté de la même manière qu'au nom du peuple, on en arrive à opprimer le peuple.

Les régimes totalitaires ne se qualifient-ils pas de "démocratiques" ? Telle est l'effroyable logique révolutionnaire : elle suppose de détourner le sens même des mots comme la magistralement illustré Orwell dans son roman "1984".

Mais c'est une logique apparente fondée sur des contresens et sur l'usurpation du langage et du vocabulaire.
Les paradoxes de Zénon ont l'apparence de la logique. Avant d'atteindre la cible, la flèche doit passer par le point A qui est à mi-distance entre le tireur à l'arc et la cible.
Mais avant d'atteindre le point A, elle doit passer par A' qui est lui-même à mi-distance entre le tireur et le point A. Mais avant d'atteindre A', elle doit passer par A'', A''' …en somme, elle n'atteindra jamais la cible.

Le raisonnement a l'air logique, pourtant le résultat est faux. Les mathématiciens grecs ont flanché devant ce paradoxe. Mais au cours des siècles les mathématiciens ont affiné les concepts mathématiques pour lever le paradoxe, approfondissant du même coup la connaissance des mathématiques et le champ de la rigueur.

En sciences sociales ou humaines, les experts n'ont pas toujours les mêmes scrupules ni les mêmes intentions. La dialectique marxiste est d'ailleurs le pur produit de cette démarche usurpatrice.

Marx lui-même qualifiait d'ailleurs la logique de "science bourgeoise" ; c'est pourquoi il proposait une nouvelle méthodologique qualifiée de "matérialisme dialectique" au service d'une "science prolétarienne" qui a conduit à Lyssenko.

C'est au nom de ce matérialisme dialectique que Marcuse prônait "l'intolérance envers les libéraux" qui défendent toutes les libertés et donc la liberté de parole – consigne qui a été strictement suivie à l'université qui est devenue un lieu de rééducation politique – afin de sauver la liberté véritable et la tolérance véritable.

En somme, la liberté de parole défendue par le libéralisme n'est pas la vraie liberté et seule la parole de Marcuse libère. Marcuse se donne le droit d'être intolérant au nom de la vraie tolérance dont lui seul connait les clés.

On comprendra pourquoi une telle philosophie, lorsqu'elle cautionne un programme politique, ne peut qu'aboutir à des régimes meurtriers et concentrationnaires. On comprendra aussi pourquoi je suis las d'entendre le refrain nostalgique des porte-drapeaux de mai 68.

Jean-Louis Caccomo
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[1] Voir à ce propos la contribution de Steve Frankel "1968 : l'année de la tragique illusion aux Etats-Unis" in Liquidez mai 68 ? sous la direction de Grimpret M. et Delsol C., Presses de la Renaissance, Paris 2008.

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Lundi 9 Juin 2008 à 14:04

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Retraite : la loi, la logique et le contrat
Chers amis,

La question récurrente du financement de la retraite ne trouvera pas une solution politique sous la pression de la rue.
Les mathématiques nous enseignent d'ailleurs que l'on ne peut pas trouver une solution à un problème mal posé. La question de la retraite est avant tout un problème économique qui relève d'abord de l'arbitrage individuel.

Mais si l'on reste dans le cadre strict d'un régime de pure répartition, le problème est alors mathématique, le financement des retraites en cours et futures dépendant du respect d'un certain rapport entre les actifs cotisants et les retraités bénéficiaires.

La solution sera donc économique ou ne sera pas. En économie de marché, l'Etat n'a pas le pouvoir d'imposer ses désirs à l'économie dans la mesure où les lois de l'économie ne se votent dans aucun parlement.
Par contre, il appartient au gouvernement de rendre possible et rationnel les conditions de cet arbitrage économique à l'intérieur de nos frontières. En dehors de cela, le gouvernement n'est pas plus en mesure de distribuer du pouvoir d'achat que de garantir nos retraites (qui est du pouvoir d'achat différé dans le temps).

Quels sont les principaux enseignements de l'économie (et de la sagesse) en la matière ?

Pour assurer sa retraite, un individu doit d'abord investir dans son capital humain, notamment en réussissant ses études dans des formations porteuses de débouchés.
Comme l'individu est généralement jeune dans cette période de la vie, il n'a pas une connaissance suffisante de lui-même pour faire seul les bons choix en ce domaine.

De tout temps, il appartient aux parents d'accompagner l'enfant dans la découverte de ses propres capacités, et de l'orienter peu à peu en l'aidant à trouver la voie dans laquelle il sera le plus à même de s'épanouir.
Quand il devient actif, l'individu doit veiller à épargner une partie de son revenu de manière à se constituer un patrimoine (immobilier, financier, culturel…). Ces différentes formes du patrimoine constituent à leur tour un capital qui n'est que le prolongement du capital humain initial positivement valorisé.

C'est ce patrimoine, correctement géré, qui permettra de générer un revenu lorsque la période d'activité sera terminée.
Chaque individu est donc face à un arbitrage.
S'il opte pour un plus grand niveau de consommation durant sa vie active, alors c'est au détriment de sa capacité d'épargne ce qui ne lui permettra pas de se constituer un patrimoine qui serait de nature à lui assurer une retraite confortable pour ses vieux jours.

Il réalise ainsi un arbitrage en faveur du présent et au détriment du futur. Les experts disent que ces choix sont révélateurs d'une forte préférence pour le présent. S'il modère ses appétits de consommation courante, il peut accroitre sa capacité d'épargne en vue de se constituer un patrimoine plus solide, assurant ainsi un niveau de retraite plus important.

Dans cette optique, chaque individu peut se donner des objectifs personnels de patrimoine et atteindre ces objectifs avec des durées différentes de sorte que, dans une société de liberté et de responsabilité, chacun devrait être libre de décider du nombre d'années qu'il décide de consacrer à son activité professionnelle.

Mais je vous parle là d'une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau.

Car les individus qui ne supportent pas l'idée d'arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s'en remettent à l'Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s'il disposait d'une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Lundi 2 Juin 2008 à 18:16

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Forums lycéens

Mardi 20 Mai 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Les lycéens sont dans la rue. Ils sont plus timides dans les forums, du moins au vue de ma petite expérience. A chaque fois que je participe à un salon destiné aux lycéens, j'en ressorts avec un sentiment mitigé, entre amertume et stupeur.

La même réaction revient trop souvent à mon goût dans la bouche de lycéens dont par ailleurs on nous dit qu'ils sont préoccupés par l'emploi. Mais quel emploi ? A les entendre, ils débuteraient leur carrière avec des conditions qui furent pour moi des résultats qu'il m'a fallu atteindre en plus de dix ans.

Il leur faut pour commencer un bon salaire, pas trop loin de chez eux, un emploi intéressant, pas stressant… Ces objectifs, s'ils sont louables et nécessaires pour conduire et réussir une carrière, ne peuvent être en aucun des conditions d'embauche sauf à prendre le risque de rester sur le carreau.
La vie (et les mathématiques) nous apprend vite que plus on met des conditions (des contraintes), et plus le champ des solutions possibles se restreint.

En tant que responsable pédagogique d'un master professionnel, je participe régulièrement aux forums d'orientation qui sont de véritables bourses de diplômes.

Nous savons tous que, malgré la persistance d'un chômage structurel qui ronge notre société, le fait est que la génération du baby-boom va partir prochainement à la retraite. Or, on constate une pénurie grandissante de personnels qualifiés dans un nombre croissant de secteurs d'activité.

Pour pallier à ce manque et organiser dans les meilleures conditions possibles le passage de relais entre la génération qui prend sa retraite et celle qui rentre dans la vie active, il faut au préalable avoir suivi certaines formations. Il faut donc que le système de formation soit en prise sur le monde professionnel de sorte que l'offre de formations corresponde à la demande exprimée par les différentes branches d'activité en expansion ou en mutation.

Quand on présente de telles formations aux lycéens, la grande majorité d'entre eux nous répondent "cette formation est trop dure !".
Il est clair qu'ils veulent gagner de l'argent et n'ont pas de tabou par rapport à cela, il est moins évident qu'ils veuillent s'en donner les moyens.

Quoiqu'on en pense, pour avoir un emploi intéressant, il faut offrir un bagage intéressant. C'est à ce prix que l'on peut ensuite imposer ses conditions. C'est à croire que personne ne leur a dit cette vérité élémentaire, pas même leurs parents afin de ne pas les traumatiser sans doute.

Alors, pour ceux qui se disent attirés par le secteur médical, on ne va pas en médecine, filière jugée trop difficile, pour se reporter sur les écoles d'infirmiers et les carrières médico-sociales.
L'économie, la finance, la gestion ? Trop technique !

Alors on s'engouffre vers les filières administratives et sociales.
La science ? N'en parlons plus, c'est définitivement rebutant pour le plus grand nombre… et c'est une catastrophe qui met en question l'excellence longtemps érigée en dogme de notre système éducatif.

Le rapport Attali a bien raison de dire qu'à ce rythme, il sera inévitable d'importer nos futurs cerveaux. Le paradoxe est que l'on ne s'est toujours pas attaqué aux causes qui provoquent la fuite de nos propres cerveaux alors qu'il nous faut bien "importer" les étudiants tant que nos lycéens ne jurent que par les filières light à forte coloration "sociale".

Le "social" ! Au discours du tout-Etat dans la bouche de nos élites répond en écho le discours du tout-social dans la bouche des lycéens. La sensibilité sociale ne peut pourtant pas se substituer à la compétence car elle n'est en aucune manière une qualification en elle-même.

Et le meilleur moyen de "faire du social" et d'avoir une attitude citoyenne, c'est d'être compétent dans son métier. On aurait certainement moins besoin de "faire du social" si chacun de nous avait reçu une formation adaptée à son profil et aux besoins réels de la société.

De tout temps, pour avoir un travail, il faut d'abord acquérir et maîtriser les qualifications que nécessite l'obtention du poste convoité. C'est le rôle du système de formation. Il est absolument faux de dire qu'il n'y a pas de travail aujourd'hui.

Ce n'est pas de travail que l'on manque mais bien de travailleurs.
Si les lycéens refusent d'intégrer les formations à l'issue desquelles on peut disposer du niveau de qualification permettant d'intégrer une profession, alors ils ne trouveront pas de travail.
Ce problème n'a aucune raison de se corriger spontanément puisque notre système de formation neutralise le fonctionnement même du marché du travail, qui suppose un marché éducatif lui-même.

Le lycéen n'a aucune incitation à s'orienter de manière rationnelle. La collectivité assume le coût de ses études tandis que le choix de la filière reste un choix individuel. On demande à la collectivité d'assumer les conséquences de choix d'individus libres mais irresponsables.

On a compris que cette ambivalence n'était plus tenable dans le secteur de la santé. Si l'on demande à la collectivité (aux autres) de prendre en charge nos dépenses de santé, il est normal qu'en retour cette même collectivité se donne le droit d'orienter nos choix (en imposant un médecin généraliste ou en dressant la liste des médicaments et des actes qui seront ou pas remboursés).

Dans le domaine éducatif, les conséquences sont lourdes puisqu'elles se traduisent par une mauvaise orientation de la jeunesse conduisant à un chômage structurel (coûteux pour la sécurité sociale) tandis qu'il nous faut importer les cerveaux et le personnel qualifié nous faisant défaut.

Ce résultat est logique puisqu'on laisse des jeunes choisir des formations que l'on sait sans débouchés et dont le financement est pris en charge par la collectivité. Autrement dit, on subventionne le gâchis humain.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Mardi 20 Mai 2008 à 15:34

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Liquider mai 68 ?

Lundi 21 Avril 2008
Liquider mai 68 ?
Chers amis,

A une époque où l'on se fait fort de défendre le droit des minorités et la diversité des opinions, il est plus que nécessaire de briser le consensus et la pensée unique afin de discuter sans tabou sur les périodes troublées de notre histoire contemporaine avant que la mythification en cours neutralise toute discussion plus objective.

Les hommages nostalgiques ont déjà commencé et nous sommes assommés de cantiques obligées de ces soixante-huitards sur le retour dont la plupart sont devenus aujourd'hui des notables installés ou des hommes de pouvoir.
Les manifestations lycéennes, devenues un rituel printanier à l'approche du baccalauréat, font écho à ces hommages appuyés.

Nous assistons à cette messe tous les dix, en 88 et en 98, comme si chaque génération voulait rallumer une flamme éteinte trop vite. A défaut d'avoir un avenir, on ressasse le passé en le déformant au passage pour les besoins de la propagande en place.
Mais avec une vision brouillée du passé, on obtient une vision bien fausse du futur.

Les fameux accords de Grenelle, récemment élevés au rang de mythe inattaquable à l'occasion du Grenelle de l'environnement [1], ont entériné une pratique politique qui constitue une grave déviance de nos institutions républicaines.

Quelle que soit l'issue des urnes, le dernier mot revient à la rue, dans un troisième tour permanent orchestré par les partenaires sociaux qui sortent ainsi outrageusement de leur rôle.
Ces derniers participent ainsi au filtrage des politiques économiques autorisées, en les soumettant à des critères qui sont de véritables critères de Maastricht avant l'heure à la différence près qu'ils n'ont jamais été ratifié devant aucun parlement.

Depuis les (vrais) accords de Grenelle, nos politiques ont toujours suivi la même direction : baisse du temps de travail, accroissement des minimas sociaux, augmentations des salaires sans tenir compte des performances de notre économie réelle.

Et toute politique n'appliquant pas ces principes, dans une logique de soutien à la consommation, fut de fait écartée de sorte que les alternances politiques ne furent qu'un leurre. Il y a les politiques économiques autorisées et celles qui seront définitivement interdites.

C'est ce format qui nous a interdit d'envisager dans les années 80 les seules politiques qui s'imposaient dans le monde entier après la fin d'une période fondée sur la progression régulière des gains de productivité (et qualifiée chez nous de trente glorieuses), et qui ont permis à l'Angleterre et les USA de retrouver le chemin de la prospérité.

C'est cet héritage qui nous a permis de ridiculiser Reagan et de diaboliser Thatcher alors qu'ils étaient en train de littéralement sauver leur pays du désastre tandis que nous poursuivions sur la voie tracée par les accords de Grenelle avec le passage aux 39 heures, la baisse de l'âge de la retraite et les augmentations de salaires sans rapport avec les gains sectoriels de productivité.

Ce sont de telles ornières qui nous empêchent de traiter objectivement et dans toutes ses dimensions le problème du financement des retraites ou la question lancinante d'un chômage massif qui plombe notre société depuis 1973.

Mai 88, mai 98, mai 2008, chaque décennie apporte son lot de célébrations sans se donner la peine d'exposer un regard critique sur les événements ainsi montés au rang de mythe national, devenu aussi intouchables que le front populaire de 1936.

Pourtant, il faut avoir l'honnêteté de reconnaitre qu'il y a une autre lecture des événements moins complaisante et moins glorieuse. Car les accords de Grenelle n'ont en aucune manière stoppés les émeutes de mai 68.
Malgré les concessions déjà irréalistes arrachées par les syndicats sous la pression de la rue, ce n'était pas suffisant et le gouvernement de l'époque s'est trouvé totalement dépassé, ce qui est le lot de tous gouvernements cédant à la passion de la rue.

En conséquence, un mois plus tard, c'est un million de français qui descendent sur les Champs-Elysées pour en appeler au Général de Gaulle. Le gouvernement qui venait de signer les accords de Grenelle était ainsi désavoué.

Jean-Louis Caccomo
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[1] On voit mieux le rapport lorsque Nicolas Hulot, défenseur emblématique et médiatique de la cause écologique, avoue ses sympathies profondes pour Besancenot et Cohn-Bendit.

Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Lundi 21 Avril 2008 à 17:43

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Rigueur, vous avez dit rigueur ?

Lundi 14 Avril 2008
Rigueur, vous avez dit rigueur ?
Chers amis,

Le débat en cours autour de la rigueur aurait de quoi faire rire s'il n'était pas si symptomatique du drame français qui se déroule sous nos yeux impuissants. Le mot même de "rigueur" fait partie de ces mots qu'il faudrait ne plus prononcer, entrant dans la famille des mots à rayer du vocabulaire français comme libéralisme, fonds de pension ou encore profit..

Notre pays est sans nul doute à l'image du paquebot  "France" auquel Michel Sardou avait consacré une terrible chanson qui suscita tant de polémiques. D'ailleurs, ce chanteur réputé engagé à droite ne pouvait pas être quelqu'un d'estimable aux yeux de ceux qui font le bon goût dans l'hexagone.

En France, il convient d'être un intellectuel et un artiste engagé à condition que cet engagement soit approuvé par les partenaires sociaux… Mais c'est une autre histoire. Tout le monde savait que le paquebot  "France" était très mal géré, que l'on entretenait un personnel bien au-dessus des moyens du navire au nom de l'expérimentation sociale.

Et le jour inévitable où survint la faillite, tout le monde hurla aux loups en se renvoyant la responsabilité tandis que le navire fait aujourd'hui une formidable carrière dans le secteur privé, exploitant le créneau très dynamique de la croisière de masse, sous pavillon étranger.

Quand les gens veulent vraiment travailler pour s'en sortir, il n'y a pas d'affaires intrinsèquement non rentables : une affaire n'est pas rentable lorsque les frais d'exploitation sont mal ajustés, lorsqu'ils sont disproportionnés par rapport à l'activité générée par l'affaire en question. C'est un principe universel.

Notre pays est donc à l'image de l'emblématique paquebot : les frais d'intendance sont largement disproportionnés par rapport à l'activité du pays de sorte que les charges qui pèsent sur les actifs qui créent les richesses qui seront réparties entre tous en deviennent insupportables.

Alors on camoufle la charge en déguisant l'impôt ou l'on reporte cette charge sur le futur, en laissant filer la dette, croyant ainsi éviter le désastre. De toute façon, il est connu que l'Etat français ne peut pas faire faillite, qu'il suffit de prendre l'argent là où il est.

La gauche ne manque pas de culot d'ironiser sur la rigueur et il faut une certaine dose d'abnégation pour se laisser donner des leçons de gestion par des socialistes dont le seul réflexe consiste à dépenser l'argent gagné par d'autres. De toute façon, la rigueur n'est jamais un choix : on la subit à défaut de savoir gérer en toute responsabilité ses revenus. Et il est somme toute normal de gérer avec le plus de rigueur possible la cagnotte commune, c'est-à-dire l'argent des français.

Pourtant, à peine l'Etat cherche-t-il à faire des économies dont le montant reste homéopathique par rapport à l'ampleur de la dérive, et on assiste aux sempiternelles manifestations d'humeur et de colère tandis que les lycéens manipulés par des professeurs revanchards rêvent de rejouer à mai 68 à chaque printemps qui s'annonce [1].

Le budget de l'éducation nationale représente le premier poste budgétaire de l'Etat français, dépassant 80 milliards d'euros ce qui représente un montant supérieur au produit de l'impôt sur le revenu. Mais non contents d'être budgétivores, les lycéens dans la rue crient au manque de moyens…L'année dernière, les universités étaient bloquées ; aujourd'hui, les lycées déraillent. Rien de vraiment nouveau sous le soleil de France.

Il est certain que l'on manque cruellement de moyens en France, mais pas tellement de moyens financiers.
Ce sont les moyens intellectuels, les compétences, le capital humain, l'intelligence qui nous font cruellement défaut au point qu'on en est réduit à importer les cerveaux pour remplir les filières universitaires réputées les plus sélectives. Pendant ce temps, nos cerveaux les plus médiatiques dissertent sur la fin proche du libéralisme [2].

Jean-Louis Caccomo
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[1] LIQUIDER MAI 68 ? Les réponses de Denis Tillinac, Chantal Delsol, Jean Sévillia, Sarah Vajda, Patrice de Plunkett et votre serviteur : Cliquez ici.
[2] A ce propos Nicolas Hulot, devant lequel tous les candidats à l'élection présidentielle avaient l'obligation de s'agenouiller pour signer le pacte écologique, jette enfin le masque en ne cachant pas qu'il se sent proche de Besancenot ou Cohn-Bendit : vert en apparence et rouge à l'intérieur. Pour les plus avertis, ce n'est guère une surprise.

Fabrice Rallo
Rédigé par Fabrice Rallo le Lundi 14 Avril 2008 à 13:34

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

L'école

Vendredi 21 Mars 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Tous les trois ans, l'OCDE procède à une évaluation des performances des systèmes éducatifs des principaux pays développés et des nouveaux pays en émergence [1]. Dans son dernier classement publié en décembre 2007, le recul déjà observé dans les précédentes études est confirmé.

Alors qu'il était tabou d'en parler dans les années précédentes, sous peine de passer pour un traitre qui oserait critiquer le meilleur système du monde, le classement de l'OCDE a fait l'objet de commentaires et de débats plus ouverts qui témoignent d'une prise de conscience salutaire.
Mais si le malade est enfin conscient de sa maladie, encore faut-il qu'il accepte le remède et surtout, qu'il ne se trompe pas de remède.

Car les faits sont têtus : le niveau des adolescents se détériore dans toutes les matières fondamentales (maîtrise de l'écriture, de la lecture, baisse du niveau en mathématiques et sciences).
Or, une grande partie de ces collégiens seront amenés à devenir quelques années plus tard des étudiants. Si les lacunes constatées ne sont pas comblées au lycée, elles conditionneront fortement les choix d'orientation de filières dans le supérieur.

Dans certaines filières qui nécessitent une maîtrise indispensable de certains acquis de base, ces lacunes devront alors faire l'objet d'un rattrapage dans le supérieur provoquant un allongement de la durée des études que certains interprètent ensuite comme une élévation du niveau alors qu'elle est une forme d'inflation.
Car la planche à diplômes est une forme de planche à billets... Mais cela explique en tout cas la quasi-absence d'étudiants dans les filières scientifiques et techniques compensée par la présence massive d'étudiants étrangers.

Si l'OCDE procède à ce genre d'études comparatives, c'est parce que les économistes ont montré que la croissance économique et le développement ne dépendent ni de la possession de ressources naturelles (le Japon est pauvre en matières premières) ou de la quantité d'argent injecté dans le système (l'Algérie croule sous les pétrodollars accumulés), mais du capital humain, c'est-à-dire de la quantité et de la qualité de la population active.

En France, l'école est d'abord une affaire politique : les programmes et les carrières des enseignants y sont tenus par des syndicats très puissants qui n'acceptent aucune remise en question de leur monopole.
Et c'est sans doute ce caractère éminemment politique qui rend toute réforme impossible.
Car pour y changer quelque chose, il faut obtenir le consensus, il faut l'accord de tous les acteurs (parents, enseignants, syndicats…etc.). Et comme un pareil consensus est aussi improbable qu'introuvable dans un système centralisé, alors on ne touche à rien.


Selon un titre publié dans la presse nationale, "l'école française a échoué à gommer les inégalités sociales"[2].
Voilà qui résume bien le malentendu et toute la dérive de notre système de formation. Car ce simple commentaire est révélateur des présupposés idéologiques qui structurent la conception et les fondements de l'éducation nationale à la française. Car est-ce bien là le premier rôle de l'école ?

Le système éducatif a vocation à former au minimum des futurs citoyens respectueux, respectables et responsables et, au mieux, à fournir les compétences multiples et variées dont aura besoin la société dans le futur, notamment en donnant à chaque enfant la possibilité de trouver sa voie et de réaliser ses talents potentiels.

Plutôt que d'égaliser tout le monde en fonction d'un niveau moyen qui serait extérieur à chaque élève, il faut au contraire donner la possibilité à chacun des élèves d'exploiter son propre potentiel et d'atteindre ses propres limites. C'est déjà un objectif éminemment complexe que l'on ne saurait confier à une organisation centralisée et planifiée sauf si l'on veut transformer les êtres humains en de dociles moutons écervelés.

Il se trouve que la société aura probablement toujours besoin de boulangers, de maçons, d'hôteliers, d'avocats, de coiffeurs, d'écrivains, de scientifiques, de chirurgiens, d'enseignants, d'artistes, de chauffeur de taxis ou de pilotes d'avions et tant d'autres nouveaux métiers qu'il reste à imaginer.
Or dans une société où peut s'épanouir et co-exister une telle variété de métiers et de professions, l'inégalité sociale – mais je préfère parler de "diversité", fruit de la liberté - est inévitable.

Faut-il alors s'en plaindre ? Non dans la mesure où cette inégalité n'est pas le résultat d'un découpage a priori de la société humaine en castes étanches qui interdirait toute mobilité individuelle et tout espoir d'évolution personnelle.

A force de s'échiner à gommer l'inégalité sociale en tant que telle, notre système éducatif finit par détruire les compétences et les métiers, en jetant sur le marché du travail une armée de jeunes sans qualification et sans motivation. Au lieu d'être inégaux dans la richesse et la croissance économique, ils seront égaux dans la pénurie et la stagnation, rendus totalement vulnérables et dépendant de la générosité publique.

[1] Organisation de Coopération et de Développement Economiques
[2] le quotidien Libération du 27 août 2007.

Jean-Louis Caccomo
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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Vendredi 21 Mars 2008 à 14:37

Tribune libre de Jean-Louis Caccomo

Bug

Vendredi 14 Mars 2008
Jean-Louis Caccomo
Jean-Louis Caccomo
Chers amis,

Quand la droite est au pouvoir, elle se débrouille pour perdre les régions, puis après les municipales.

Neuf mois après la vague bleue qui a ébranlé la démocratie "sauvagement déstabilisée" d'après les commentateurs du moment, c'est à une vague rose que nous assistons à l'occasion de ces municipales.
C'est comme si la droite était génée d'être au pouvoir, fondamentalement maladroite à force d'être mal à droite.

D'ailleurs, dans de nombreuses communes, alors que la gauche allait chercher des voix avec l'extrême-gauche, la droite n'osait pas même s'afficher.
Comment peut-on gagner une bataille électorale quand on a honte de ses propres valeurs ?

Vu de l'étranger, les Français restent décidément une énigme. Dans l'euphorie, ils installent au pouvoir un nouveau président de la république et un nouveau gouvernement avec une large majorité.

Sitôt que ce gouvernement cherche à appliquer son programme, ils descendent alors dans la rue pour l'empêcher d'agir, sautant sur la première élection venue pour exprimer leur déception et imprimer un changement de cap.
Comment sanctionner une politique qui n'a pas été appliquée à force d'être dénaturée ?

Evidemment, la gauche se fait fort de récupérer ce mécontentement, n'imaginant pas même une nanoseconde que l'on peut être déçu de Sarkozy parce qu'il n'a pas appliqué les réformes attendues, jouant le jeu d'une ouverture qu'il n'avait pas annoncé, remettant en selle les mammouths du PS, cédant devant tous les corporatismes et pactisant avec les partenaires sociaux revanchards.

Si c'est pour avoir une fausse droite au pouvoir, autant remettre en selle une vraie gauche, fière de ses aspirations socialistes et de ses valeurs collectivistes.

Pendant quelques semaines, le monde avait retenu son souffle. La France revient ! Les Français avaient enfin compris qu'ils devaient comme les autres pays entrer de plain pied dans le monde globalisé, sans complexe et sans crainte. C'était trop beau pour être vrai.

Je ne sais si je dois continuer sur le registre de l'espérance ou revenir en résistance. Après ce court instant de lucidité qui ne devait pas se prolonger, les Français ont retrouvé leurs réflexes ancestraux, conflits sociaux après conflits sociaux, manifestations après manifestations, revendications insatiables après revendications.

Entre des vacances de Noël qui battent des records de dépenses de jouets électroniques et les vacances de ski qui voient les 4x4 s'entasser sur les routes de l'hexagone, ils ne manqueront pas de pleurer sur leur pouvoir d'achat.
La gauche a le talent pour exploiter cette misère morale avant d'être économique, en présentant la droite comme le parti des nantis tandis que l'UMP cherche vainement une ouverture avec une gauche congénitalement hostile.

De son côté, le MODEM pactise ici avec l'UMP et là avec le PS tandis que Besancenot ironise sur la fin du libéralisme. C'est comme si la vie politique française étaient coincée dans un inextricable bug.

Evidemment, inutile d'insister sur le fait que, pendant ce temps, de scrutins en scrutins, d'analyses politiciennes en commentaires d'experts, de vagues bleues en vagues roses, les problèmes de fond qui emprisonnent notre pays dans une trappe à sous-développement ne sont jamais réglés.

Jean-Louis Caccomo 

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Jean-Louis Caccomo
Rédigé par Jean-Louis Caccomo le Vendredi 14 Mars 2008 à 15:49