Fabrice Rallo
Chers amis,
Après la tempête médiatique de ses derniers jours, il ets temps de se remettre au travail.
C'est pourquoi, avec nos amis des Jeunes Populaires et des Jeunes Actifs, nous vous donnons rendez-vous le Mercredi 16 avril 08 à 18h30 à la Permanence de l'UMP 66, 53 av Gén De Gaulle à Perpignan.
Soyez attentifs car ces rendez-vous ne sont pas exhaustifs, d'autres vont s'y rajouter !!!
Pour nous contacter par mail, c'est facile: c'est toujours à jeunesradicaux66@hotmail.fr
Et surtout continue à parler de notre blog autour de toi et fais le connaître grâce à ta mailing-liste!!!
Après la tempête médiatique de ses derniers jours, il ets temps de se remettre au travail.
C'est pourquoi, avec nos amis des Jeunes Populaires et des Jeunes Actifs, nous vous donnons rendez-vous le Mercredi 16 avril 08 à 18h30 à la Permanence de l'UMP 66, 53 av Gén De Gaulle à Perpignan.
Soyez attentifs car ces rendez-vous ne sont pas exhaustifs, d'autres vont s'y rajouter !!!
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Un nouveau souffle ?
Chers amis,
J'ai été très touché par les nombreux messages de soutien venus de la France entière et de l'étranger en réaction à ma précédente chronique.
Il y a des accidents de la vie qui conduisent à prendre du recul et à s'interroger sur soi-même, sur la légitimité de son action, sur le sens de nos vies et l'utilité de nos engagements.
Il est difficile de trouver rapidement des réponses à ce genre d'interrogations tandis que certains combats n'ont jamais de fin surtout dans un pays enfermé par des blocages profonds et prisonnier de tabous puissants. Mais les choses évoluent inévitablement, qu'on le veuille ou non.
Je travaille sur un projet de compilation sur papier de mes chroniques, rassemblées par thèmes (politique intérieure, politique internationale, économie, questions de société).
Si vous voulez recevoir un exemplaire relié de l'ouvrage, contactez-moi par l'intermédiaire de mon adresse électronique. En attendant, je continue mon travail de lobbie auprès du monde de l'édition parisienne.
L'actualité française et internationale reste une source inépuisable d'inspiration pour les chroniqueurs attentifs soucieux de défendre la fibre du libéralisme.
Cette fibre souffle toujours en moi comme chez beaucoup de personnalités brillantes que j'ai eu le plaisir de rencontrer à l'université d'été du PLD organisée par Aurélien Véron dont je tiens à saluer l'engagement ici :
http://www.universiteliberale.fr/
et
http://www.new.facebook.com/event.php?eid=16027879279
Il me reste à trouver le moyen de lui donner une force nouvelle.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
J'ai été très touché par les nombreux messages de soutien venus de la France entière et de l'étranger en réaction à ma précédente chronique.
Il y a des accidents de la vie qui conduisent à prendre du recul et à s'interroger sur soi-même, sur la légitimité de son action, sur le sens de nos vies et l'utilité de nos engagements.
Il est difficile de trouver rapidement des réponses à ce genre d'interrogations tandis que certains combats n'ont jamais de fin surtout dans un pays enfermé par des blocages profonds et prisonnier de tabous puissants. Mais les choses évoluent inévitablement, qu'on le veuille ou non.
Je travaille sur un projet de compilation sur papier de mes chroniques, rassemblées par thèmes (politique intérieure, politique internationale, économie, questions de société).
Si vous voulez recevoir un exemplaire relié de l'ouvrage, contactez-moi par l'intermédiaire de mon adresse électronique. En attendant, je continue mon travail de lobbie auprès du monde de l'édition parisienne.
L'actualité française et internationale reste une source inépuisable d'inspiration pour les chroniqueurs attentifs soucieux de défendre la fibre du libéralisme.
Cette fibre souffle toujours en moi comme chez beaucoup de personnalités brillantes que j'ai eu le plaisir de rencontrer à l'université d'été du PLD organisée par Aurélien Véron dont je tiens à saluer l'engagement ici :
http://www.universiteliberale.fr/
et
http://www.new.facebook.com/event.php?eid=16027879279
Il me reste à trouver le moyen de lui donner une force nouvelle.
Jean-Louis Caccomo
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
The show must go on
Chers amis,
Ma vie est à un tournant crucial qui me conduit à me poser les questions plus fondamentales et les plus douloureuses. Certaines de ces questions aboutissent à des décisions tandis que d'autres débouchent sur de nouvelles questions.
J'ai en tout cas pris la décision d'écrire aujourd'hui ma dernière chronique.
Je suis désolé pour mes nombreux lecteurs qui ont souvent été aussi attentifs que fidèles.
Ce fut une expérience fantastique pour moi alors que je faxais mes premières chroniques en quelques exemplaires destinés à des amis toujours trop rares.
Mais c'est un exercice épuisant qui nous entraîne dans une virtualité bien dangereuse. Parfois, j'ai tellement l'impression de ressasser, de faire les mêmes constats, de proposer des pistes pour le changement dans un vide vertigineux.
Mais à quoi bon... Quel est l'impact ? Qui nous écoute ?
Finalement, j'avais l'impression de me défouler, suscitant la colère et la haine de mes ennemis (qui n'hésitaient pas à m'envoyer mes menaces ou des messages d'insultes) et l'admiration sincère de mes amis.
Mais ces lignes sont comme des gouttes d'eau dans un océan de bruits et de tumultes duquel il ne sortira pas grand-chose puisque tous les avis se brouillent et se neutralisent.
J'aurai secrètement espéré qu'un éditeur repère mes écrits sur les blogs… mais les choses ne se passent pas ainsi dans la vraie vie. Il faut être dans les circuits idoines, dans les lobbies dominants. Il faut avoir des appuis.
Comment ai-je pu avoir la prétention de croire que je pouvais espérer m'élever de ma province reculée par la seule force des mots ?
Je veux en tout cas saluer encore une fois tous les lecteurs qui ont suivi ma chronique. Je les remercie pour leur patience et leur ouverture d'esprit. Ils ont accepté la réception hebdomadaire de mes chroniques de résistance devenues récemment chronique d'espérance alors que la France se laissait croire au changement.
Je n'ai jamais eu l'occasion de vous rencontrer physiquement mais la chronique fut le fil conducteur d'échanges de commentaires et de point de vue qui m'ont grandement enrichi.
Aujourd'hui, je suis fatigué.
J'ai besoin de faire le point, de me retrouver.
Au-delà du carnaval quotidien, j'ai besoin de retrouver le silence de la sérénité pour tenter d'écouter ma voix intérieure qui me guidera vers une nouvelle espérance.
The show must go on…
Merci à tous très sincèrement,
Jean-Louis Caccomo
Ma vie est à un tournant crucial qui me conduit à me poser les questions plus fondamentales et les plus douloureuses. Certaines de ces questions aboutissent à des décisions tandis que d'autres débouchent sur de nouvelles questions.
J'ai en tout cas pris la décision d'écrire aujourd'hui ma dernière chronique.
Je suis désolé pour mes nombreux lecteurs qui ont souvent été aussi attentifs que fidèles.
Ce fut une expérience fantastique pour moi alors que je faxais mes premières chroniques en quelques exemplaires destinés à des amis toujours trop rares.
Mais c'est un exercice épuisant qui nous entraîne dans une virtualité bien dangereuse. Parfois, j'ai tellement l'impression de ressasser, de faire les mêmes constats, de proposer des pistes pour le changement dans un vide vertigineux.
Mais à quoi bon... Quel est l'impact ? Qui nous écoute ?
Finalement, j'avais l'impression de me défouler, suscitant la colère et la haine de mes ennemis (qui n'hésitaient pas à m'envoyer mes menaces ou des messages d'insultes) et l'admiration sincère de mes amis.
Mais ces lignes sont comme des gouttes d'eau dans un océan de bruits et de tumultes duquel il ne sortira pas grand-chose puisque tous les avis se brouillent et se neutralisent.
J'aurai secrètement espéré qu'un éditeur repère mes écrits sur les blogs… mais les choses ne se passent pas ainsi dans la vraie vie. Il faut être dans les circuits idoines, dans les lobbies dominants. Il faut avoir des appuis.
Comment ai-je pu avoir la prétention de croire que je pouvais espérer m'élever de ma province reculée par la seule force des mots ?
Je veux en tout cas saluer encore une fois tous les lecteurs qui ont suivi ma chronique. Je les remercie pour leur patience et leur ouverture d'esprit. Ils ont accepté la réception hebdomadaire de mes chroniques de résistance devenues récemment chronique d'espérance alors que la France se laissait croire au changement.
Je n'ai jamais eu l'occasion de vous rencontrer physiquement mais la chronique fut le fil conducteur d'échanges de commentaires et de point de vue qui m'ont grandement enrichi.
Aujourd'hui, je suis fatigué.
J'ai besoin de faire le point, de me retrouver.
Au-delà du carnaval quotidien, j'ai besoin de retrouver le silence de la sérénité pour tenter d'écouter ma voix intérieure qui me guidera vers une nouvelle espérance.
The show must go on…
Merci à tous très sincèrement,
Jean-Louis Caccomo
Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Quand Ducasse se casse...
Chers amis,
On s'étonnera toujours de voir les commentateurs s'étonner de la décision de Ducasse alors qu'il agit comme tant d'autres avant lui, qu'ils soient sportifs, artistes, entrepreneurs ou encore chercheurs. Depuis des décennies, tous ceux qui parviennent à un niveau d'excellence dans leur domaine d'activité prennent la décision de s'expatrier, nourrissant une émigration économique révélatrice des problèmes structurels qui figent notre économie.
Ce n'est pas faute d'alerter sur les dangers d'une telle saignée mais on nous rétorque aussitôt que la fuite des actifs est un élément fortement exagéré.
Pourtant, c'est un fait, le capital humain s'évade...
Qui est à blâmer ?
Celui qui quitte son pays et qui est désigné comme un traître ?
Ou le pays qui contraint ses propres résidents à partir dès lors qu'ils sont les plus actifs et les plus entreprenants ?
Les soldes migratoires ont une influence fondamentale sur la dynamique économique d'un pays dans un contexte d'économie ouverte.
Et cette ouverture prend de multiples dimensions : l'économie est non seulement ouverte sur le monde et l'extérieur, mais elle est aussi ouverte aux changements de toute nature (mentalités, technologies, sciences, politiques).
De ce point de vue, nous cumulons le formidable handicap qui consiste à nous accrocher à des rigidités qui deviennent de véritables tabous, à l'instar de l'I.S.F. ou les 35 heures, alors que notre économie est totalement ouverte sur l'extérieur.
En tout état de cause, l'impact des soldes migratoires (différence entre émigration et immigration) ne dépend pas fondamentalement des effectifs en jeu mais de la qualité respective des flux en cause. On peut bien perdre un seul cerveau mais si c'est celui d'Edison ou Bill Gates.
Dans les périodes de mutations technologiques, des pans entiers de l'économie basculent à la suite de la vision de quelques individus inspirés. Imaginez que 1000 personnes quittent le territoire chaque mois tandis que 1000 personnes arrivent sur le territoire.
A s'en tenir aux seuls effectifs, on considérera que la "balance migratoire" est équilibrée.
Mais tout le monde comprendra aisément que la situation n'est pas soutenable ou durable (pour reprendre les termes très en vogue) si le territoire en question perd 1000 créateurs de richesses, innovateurs ou producteurs dans le même temps qu'il récupère 1000 réfugiés politiques ou sociaux.
On entre là dans un processus d'éviction en vertu du principe bien connu par les économistes selon lequel "la mauvaise monnaie chasse la bonne" révélateur d'une liquidation rampante de l'économie.
C'est l'effet Ducasse.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
On s'étonnera toujours de voir les commentateurs s'étonner de la décision de Ducasse alors qu'il agit comme tant d'autres avant lui, qu'ils soient sportifs, artistes, entrepreneurs ou encore chercheurs. Depuis des décennies, tous ceux qui parviennent à un niveau d'excellence dans leur domaine d'activité prennent la décision de s'expatrier, nourrissant une émigration économique révélatrice des problèmes structurels qui figent notre économie.
Ce n'est pas faute d'alerter sur les dangers d'une telle saignée mais on nous rétorque aussitôt que la fuite des actifs est un élément fortement exagéré.
Pourtant, c'est un fait, le capital humain s'évade...
Qui est à blâmer ?
Celui qui quitte son pays et qui est désigné comme un traître ?
Ou le pays qui contraint ses propres résidents à partir dès lors qu'ils sont les plus actifs et les plus entreprenants ?
Les soldes migratoires ont une influence fondamentale sur la dynamique économique d'un pays dans un contexte d'économie ouverte.
Et cette ouverture prend de multiples dimensions : l'économie est non seulement ouverte sur le monde et l'extérieur, mais elle est aussi ouverte aux changements de toute nature (mentalités, technologies, sciences, politiques).
De ce point de vue, nous cumulons le formidable handicap qui consiste à nous accrocher à des rigidités qui deviennent de véritables tabous, à l'instar de l'I.S.F. ou les 35 heures, alors que notre économie est totalement ouverte sur l'extérieur.
En tout état de cause, l'impact des soldes migratoires (différence entre émigration et immigration) ne dépend pas fondamentalement des effectifs en jeu mais de la qualité respective des flux en cause. On peut bien perdre un seul cerveau mais si c'est celui d'Edison ou Bill Gates.
Dans les périodes de mutations technologiques, des pans entiers de l'économie basculent à la suite de la vision de quelques individus inspirés. Imaginez que 1000 personnes quittent le territoire chaque mois tandis que 1000 personnes arrivent sur le territoire.
A s'en tenir aux seuls effectifs, on considérera que la "balance migratoire" est équilibrée.
Mais tout le monde comprendra aisément que la situation n'est pas soutenable ou durable (pour reprendre les termes très en vogue) si le territoire en question perd 1000 créateurs de richesses, innovateurs ou producteurs dans le même temps qu'il récupère 1000 réfugiés politiques ou sociaux.
On entre là dans un processus d'éviction en vertu du principe bien connu par les économistes selon lequel "la mauvaise monnaie chasse la bonne" révélateur d'une liquidation rampante de l'économie.
C'est l'effet Ducasse.
Jean-Louis Caccomo
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Voie sans issue
Chers amis,
Le prix du pétrole augmente et continuera d'augmenter.
Sans doute, dans un avenir plus lointain, cette hausse génère les germes d'une future baisse, à l'instar de ce qui se passa après le premier choc pétrolier de 1973.
Mais en attendant, les professionnels manifestent et bloquent la circulation. Puis, pressé par la colère qui monte, le gouvernement lâche des aides.
Le même scénario se joue lorsque survient une intempérie ou autre aléa climatique inévitable.
Comme le gouvernement ne peut se procurer de l'argent qu'en prélevant sur les acteurs économiques, ces aides aboutiront à un accroissement de la charge fiscale contre laquelle se révolteront à nouveau demain les professionnels.
Autrement dit, les français sont en train de s'étrangler eux-mêmes par l'intermédiaire des hommes politiques qu'ils conduisent aux affaires.
La situation est folle et ubuesque mais voilà bien un des dangers de la démocratie lorsque les compétences de l'Etat et ses champs d'intervention légitime ne sont pas encadrés par une Constitution concise et claire.
Imaginez que j'étrangle mon domestique au point qu'il parvient à peine à respirer. Constatant qu'elle est sur le point de succomber (alors que j'ai tout de même besoin de lui pour les basses besognes), je décide d'introduire dans sa bouche un tuyau qui envoie de l'air (une niche fiscale) pour l'aider à respirer.
Comme cela ne suffit pas à le réanimer, je multiplie les tuyaux et autres solutions de respirations artificielles.
C'est absurde n'est-ce-pas ! Il suffirait tout simplement que je cesse de l'étrangler.
C'est ce que ne comprennent jamais tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis 40 ans (un héritage de 68 ?).
On multiplie les tuyaux et les intraveineuses au point que les prétendus remèdes et aides sont sur le point d'achever le malade qui, sans toutes ces interventions, avec un corps en parfaite santé.
Le corps économique et social de la France souffre d'être martyrisé par un Etat étrangleur. Dans ce contexte, nous nous retrouvons encore plus fragiles et exposés face aux aléas inévitables qui frappent de tout temps l'économie mondiale.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
Le prix du pétrole augmente et continuera d'augmenter.
Sans doute, dans un avenir plus lointain, cette hausse génère les germes d'une future baisse, à l'instar de ce qui se passa après le premier choc pétrolier de 1973.
Mais en attendant, les professionnels manifestent et bloquent la circulation. Puis, pressé par la colère qui monte, le gouvernement lâche des aides.
Le même scénario se joue lorsque survient une intempérie ou autre aléa climatique inévitable.
Comme le gouvernement ne peut se procurer de l'argent qu'en prélevant sur les acteurs économiques, ces aides aboutiront à un accroissement de la charge fiscale contre laquelle se révolteront à nouveau demain les professionnels.
Autrement dit, les français sont en train de s'étrangler eux-mêmes par l'intermédiaire des hommes politiques qu'ils conduisent aux affaires.
La situation est folle et ubuesque mais voilà bien un des dangers de la démocratie lorsque les compétences de l'Etat et ses champs d'intervention légitime ne sont pas encadrés par une Constitution concise et claire.
Imaginez que j'étrangle mon domestique au point qu'il parvient à peine à respirer. Constatant qu'elle est sur le point de succomber (alors que j'ai tout de même besoin de lui pour les basses besognes), je décide d'introduire dans sa bouche un tuyau qui envoie de l'air (une niche fiscale) pour l'aider à respirer.
Comme cela ne suffit pas à le réanimer, je multiplie les tuyaux et autres solutions de respirations artificielles.
C'est absurde n'est-ce-pas ! Il suffirait tout simplement que je cesse de l'étrangler.
C'est ce que ne comprennent jamais tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis 40 ans (un héritage de 68 ?).
On multiplie les tuyaux et les intraveineuses au point que les prétendus remèdes et aides sont sur le point d'achever le malade qui, sans toutes ces interventions, avec un corps en parfaite santé.
Le corps économique et social de la France souffre d'être martyrisé par un Etat étrangleur. Dans ce contexte, nous nous retrouvons encore plus fragiles et exposés face aux aléas inévitables qui frappent de tout temps l'économie mondiale.
Jean-Louis Caccomo
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Herbert Marcuse : le prophète de l'antilibéralisme
Chers amis,
Herbert Marcuse (1898-1979) était un philosophe et sociologue marxiste américain d'origine allemande qui a profondément influencé l'intelligentsia de gauche. En France et aux USA, il fut un des maître-à-penser de l'antilibéralisme dont la rhétorique a fournit les principaux slogans de mai 68.
Moi qui venait d'un milieu plutôt modeste et rural (j'ai passé mon bac dans une ville de 16 000 habitants), plus je lisais Marcuse, dont la plupart de mes professeurs m'imposait la lecture approfondie, et plus mon complexe d'infériorité provinciale était renforcé tant je ne comprenais rien à ce charabia qui s'apparentait plus, dans mon esprit vierge, à une démonstration pompeuse de rhétorique savante qu'à l'énoncé limpide d'une connaissance solide qui devient ainsi accessible à tous par la magie de l'enseignement et le talent du pédagogue.
Aussi, le jour de mon partiel en "épistémologie critique", j'ai sagement récité Marcuse sans en comprendre le moindre mot, obtenant ainsi une des meilleures notes de ma promotion.
A force d'être gavé par Althusser, Gramsci, Marcuse, Rosa Luxemburg et Marx, je me demandais si j'étais bien fait pour faire des études d'économie, voire faire des études tout court.
Il y avait si peu de mérite à obtenir un diplôme en récitant une prose obscure tel un perroquet qui mime le langage humain.
De surcroit, je ressemblais si peu à l'étudiant aixois typique : paraître et penser à gauche tout en habitant dans la belle bastide provençale du papa avocat ou de la maman médecin.
Au total, il me semblait que je n'apprenais pas grand-chose du monde réel qui m'attendait et j'avais peu de temps à consacrer aux envolées verbales de ces prophètes d'un autre monde.
Et oui, le temps c'est de l'argent ; et cet argent, je ne pouvais pas le soutirer à volonté à mes parents et en priver mes frère et sœurs.
Heureusement, d'autres professeurs m'ont fait entrevoir la lumière dans les études d'économie et le bonheur de la connaissance, ce qui me motiva à continuer. Qu'ils en soient remerciés pour toujours.
Avec le recul, ce que je lis désormais entre les lignes de ce penseur de la révolution m'apparait trop clair et frise l'escroquerie intellectuelle. Marcuse a atteint les sommets de la dialectique en prônant le concept de "tolérance répressive" par lequel il s'opposait carrément à la liberté de parole [1].
Ce droit fondamental dans la philosophie libérale était alors considéré par Marcuse comme un "concept bourgeois" favorisant l'ordre établi au profit des riches dans un raisonnement dont la logique est inversement proportionnelle à la rigueur. Mais puisque ce droit était vigoureusement défendu par des libéraux, il était forcément douteux.
Si l'on suit le raisonnement de Marcuse, la liberté de parole favorise les riches et les puissants puisqu'elle aboutit à une profusion d'idées et de concepts face à laquelle les plus modestes ne sont pas armés.
On retrouve d'ailleurs les mêmes arguments qui permettent de fustiger internet pour tenter de le contrôler et c'est dans cet esprit qu'une véritable école libre ne saurait être tolérée par le monopole de l'Education Nationale.
On voit ainsi comment une logique apparente atteint les sommets de la dialectique : au nom de la liberté, on veut supprimer la liberté de la même manière qu'au nom du peuple, on en arrive à opprimer le peuple.
Les régimes totalitaires ne se qualifient-ils pas de "démocratiques" ? Telle est l'effroyable logique révolutionnaire : elle suppose de détourner le sens même des mots comme la magistralement illustré Orwell dans son roman "1984".
Mais c'est une logique apparente fondée sur des contresens et sur l'usurpation du langage et du vocabulaire.
Les paradoxes de Zénon ont l'apparence de la logique. Avant d'atteindre la cible, la flèche doit passer par le point A qui est à mi-distance entre le tireur à l'arc et la cible.
Mais avant d'atteindre le point A, elle doit passer par A' qui est lui-même à mi-distance entre le tireur et le point A. Mais avant d'atteindre A', elle doit passer par A'', A''' …en somme, elle n'atteindra jamais la cible.
Le raisonnement a l'air logique, pourtant le résultat est faux. Les mathématiciens grecs ont flanché devant ce paradoxe. Mais au cours des siècles les mathématiciens ont affiné les concepts mathématiques pour lever le paradoxe, approfondissant du même coup la connaissance des mathématiques et le champ de la rigueur.
En sciences sociales ou humaines, les experts n'ont pas toujours les mêmes scrupules ni les mêmes intentions. La dialectique marxiste est d'ailleurs le pur produit de cette démarche usurpatrice.
Marx lui-même qualifiait d'ailleurs la logique de "science bourgeoise" ; c'est pourquoi il proposait une nouvelle méthodologique qualifiée de "matérialisme dialectique" au service d'une "science prolétarienne" qui a conduit à Lyssenko.
C'est au nom de ce matérialisme dialectique que Marcuse prônait "l'intolérance envers les libéraux" qui défendent toutes les libertés et donc la liberté de parole – consigne qui a été strictement suivie à l'université qui est devenue un lieu de rééducation politique – afin de sauver la liberté véritable et la tolérance véritable.
En somme, la liberté de parole défendue par le libéralisme n'est pas la vraie liberté et seule la parole de Marcuse libère. Marcuse se donne le droit d'être intolérant au nom de la vraie tolérance dont lui seul connait les clés.
On comprendra pourquoi une telle philosophie, lorsqu'elle cautionne un programme politique, ne peut qu'aboutir à des régimes meurtriers et concentrationnaires. On comprendra aussi pourquoi je suis las d'entendre le refrain nostalgique des porte-drapeaux de mai 68.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
[1] Voir à ce propos la contribution de Steve Frankel "1968 : l'année de la tragique illusion aux Etats-Unis" in Liquidez mai 68 ? sous la direction de Grimpret M. et Delsol C., Presses de la Renaissance, Paris 2008.
Herbert Marcuse (1898-1979) était un philosophe et sociologue marxiste américain d'origine allemande qui a profondément influencé l'intelligentsia de gauche. En France et aux USA, il fut un des maître-à-penser de l'antilibéralisme dont la rhétorique a fournit les principaux slogans de mai 68.
Moi qui venait d'un milieu plutôt modeste et rural (j'ai passé mon bac dans une ville de 16 000 habitants), plus je lisais Marcuse, dont la plupart de mes professeurs m'imposait la lecture approfondie, et plus mon complexe d'infériorité provinciale était renforcé tant je ne comprenais rien à ce charabia qui s'apparentait plus, dans mon esprit vierge, à une démonstration pompeuse de rhétorique savante qu'à l'énoncé limpide d'une connaissance solide qui devient ainsi accessible à tous par la magie de l'enseignement et le talent du pédagogue.
Aussi, le jour de mon partiel en "épistémologie critique", j'ai sagement récité Marcuse sans en comprendre le moindre mot, obtenant ainsi une des meilleures notes de ma promotion.
A force d'être gavé par Althusser, Gramsci, Marcuse, Rosa Luxemburg et Marx, je me demandais si j'étais bien fait pour faire des études d'économie, voire faire des études tout court.
Il y avait si peu de mérite à obtenir un diplôme en récitant une prose obscure tel un perroquet qui mime le langage humain.
De surcroit, je ressemblais si peu à l'étudiant aixois typique : paraître et penser à gauche tout en habitant dans la belle bastide provençale du papa avocat ou de la maman médecin.
Au total, il me semblait que je n'apprenais pas grand-chose du monde réel qui m'attendait et j'avais peu de temps à consacrer aux envolées verbales de ces prophètes d'un autre monde.
Et oui, le temps c'est de l'argent ; et cet argent, je ne pouvais pas le soutirer à volonté à mes parents et en priver mes frère et sœurs.
Heureusement, d'autres professeurs m'ont fait entrevoir la lumière dans les études d'économie et le bonheur de la connaissance, ce qui me motiva à continuer. Qu'ils en soient remerciés pour toujours.
Avec le recul, ce que je lis désormais entre les lignes de ce penseur de la révolution m'apparait trop clair et frise l'escroquerie intellectuelle. Marcuse a atteint les sommets de la dialectique en prônant le concept de "tolérance répressive" par lequel il s'opposait carrément à la liberté de parole [1].
Ce droit fondamental dans la philosophie libérale était alors considéré par Marcuse comme un "concept bourgeois" favorisant l'ordre établi au profit des riches dans un raisonnement dont la logique est inversement proportionnelle à la rigueur. Mais puisque ce droit était vigoureusement défendu par des libéraux, il était forcément douteux.
Si l'on suit le raisonnement de Marcuse, la liberté de parole favorise les riches et les puissants puisqu'elle aboutit à une profusion d'idées et de concepts face à laquelle les plus modestes ne sont pas armés.
On retrouve d'ailleurs les mêmes arguments qui permettent de fustiger internet pour tenter de le contrôler et c'est dans cet esprit qu'une véritable école libre ne saurait être tolérée par le monopole de l'Education Nationale.
On voit ainsi comment une logique apparente atteint les sommets de la dialectique : au nom de la liberté, on veut supprimer la liberté de la même manière qu'au nom du peuple, on en arrive à opprimer le peuple.
Les régimes totalitaires ne se qualifient-ils pas de "démocratiques" ? Telle est l'effroyable logique révolutionnaire : elle suppose de détourner le sens même des mots comme la magistralement illustré Orwell dans son roman "1984".
Mais c'est une logique apparente fondée sur des contresens et sur l'usurpation du langage et du vocabulaire.
Les paradoxes de Zénon ont l'apparence de la logique. Avant d'atteindre la cible, la flèche doit passer par le point A qui est à mi-distance entre le tireur à l'arc et la cible.
Mais avant d'atteindre le point A, elle doit passer par A' qui est lui-même à mi-distance entre le tireur et le point A. Mais avant d'atteindre A', elle doit passer par A'', A''' …en somme, elle n'atteindra jamais la cible.
Le raisonnement a l'air logique, pourtant le résultat est faux. Les mathématiciens grecs ont flanché devant ce paradoxe. Mais au cours des siècles les mathématiciens ont affiné les concepts mathématiques pour lever le paradoxe, approfondissant du même coup la connaissance des mathématiques et le champ de la rigueur.
En sciences sociales ou humaines, les experts n'ont pas toujours les mêmes scrupules ni les mêmes intentions. La dialectique marxiste est d'ailleurs le pur produit de cette démarche usurpatrice.
Marx lui-même qualifiait d'ailleurs la logique de "science bourgeoise" ; c'est pourquoi il proposait une nouvelle méthodologique qualifiée de "matérialisme dialectique" au service d'une "science prolétarienne" qui a conduit à Lyssenko.
C'est au nom de ce matérialisme dialectique que Marcuse prônait "l'intolérance envers les libéraux" qui défendent toutes les libertés et donc la liberté de parole – consigne qui a été strictement suivie à l'université qui est devenue un lieu de rééducation politique – afin de sauver la liberté véritable et la tolérance véritable.
En somme, la liberté de parole défendue par le libéralisme n'est pas la vraie liberté et seule la parole de Marcuse libère. Marcuse se donne le droit d'être intolérant au nom de la vraie tolérance dont lui seul connait les clés.
On comprendra pourquoi une telle philosophie, lorsqu'elle cautionne un programme politique, ne peut qu'aboutir à des régimes meurtriers et concentrationnaires. On comprendra aussi pourquoi je suis las d'entendre le refrain nostalgique des porte-drapeaux de mai 68.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
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[1] Voir à ce propos la contribution de Steve Frankel "1968 : l'année de la tragique illusion aux Etats-Unis" in Liquidez mai 68 ? sous la direction de Grimpret M. et Delsol C., Presses de la Renaissance, Paris 2008.
Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Retraite : la loi, la logique et le contrat
Chers amis,
La question récurrente du financement de la retraite ne trouvera pas une solution politique sous la pression de la rue.
Les mathématiques nous enseignent d'ailleurs que l'on ne peut pas trouver une solution à un problème mal posé. La question de la retraite est avant tout un problème économique qui relève d'abord de l'arbitrage individuel.
Mais si l'on reste dans le cadre strict d'un régime de pure répartition, le problème est alors mathématique, le financement des retraites en cours et futures dépendant du respect d'un certain rapport entre les actifs cotisants et les retraités bénéficiaires.
La solution sera donc économique ou ne sera pas. En économie de marché, l'Etat n'a pas le pouvoir d'imposer ses désirs à l'économie dans la mesure où les lois de l'économie ne se votent dans aucun parlement.
Par contre, il appartient au gouvernement de rendre possible et rationnel les conditions de cet arbitrage économique à l'intérieur de nos frontières. En dehors de cela, le gouvernement n'est pas plus en mesure de distribuer du pouvoir d'achat que de garantir nos retraites (qui est du pouvoir d'achat différé dans le temps).
Quels sont les principaux enseignements de l'économie (et de la sagesse) en la matière ?
Pour assurer sa retraite, un individu doit d'abord investir dans son capital humain, notamment en réussissant ses études dans des formations porteuses de débouchés.
Comme l'individu est généralement jeune dans cette période de la vie, il n'a pas une connaissance suffisante de lui-même pour faire seul les bons choix en ce domaine.
De tout temps, il appartient aux parents d'accompagner l'enfant dans la découverte de ses propres capacités, et de l'orienter peu à peu en l'aidant à trouver la voie dans laquelle il sera le plus à même de s'épanouir.
Quand il devient actif, l'individu doit veiller à épargner une partie de son revenu de manière à se constituer un patrimoine (immobilier, financier, culturel…). Ces différentes formes du patrimoine constituent à leur tour un capital qui n'est que le prolongement du capital humain initial positivement valorisé.
C'est ce patrimoine, correctement géré, qui permettra de générer un revenu lorsque la période d'activité sera terminée.
Chaque individu est donc face à un arbitrage.
S'il opte pour un plus grand niveau de consommation durant sa vie active, alors c'est au détriment de sa capacité d'épargne ce qui ne lui permettra pas de se constituer un patrimoine qui serait de nature à lui assurer une retraite confortable pour ses vieux jours.
Il réalise ainsi un arbitrage en faveur du présent et au détriment du futur. Les experts disent que ces choix sont révélateurs d'une forte préférence pour le présent. S'il modère ses appétits de consommation courante, il peut accroitre sa capacité d'épargne en vue de se constituer un patrimoine plus solide, assurant ainsi un niveau de retraite plus important.
Dans cette optique, chaque individu peut se donner des objectifs personnels de patrimoine et atteindre ces objectifs avec des durées différentes de sorte que, dans une société de liberté et de responsabilité, chacun devrait être libre de décider du nombre d'années qu'il décide de consacrer à son activité professionnelle.
Mais je vous parle là d'une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau.
Car les individus qui ne supportent pas l'idée d'arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s'en remettent à l'Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s'il disposait d'une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
La question récurrente du financement de la retraite ne trouvera pas une solution politique sous la pression de la rue.
Les mathématiques nous enseignent d'ailleurs que l'on ne peut pas trouver une solution à un problème mal posé. La question de la retraite est avant tout un problème économique qui relève d'abord de l'arbitrage individuel.
Mais si l'on reste dans le cadre strict d'un régime de pure répartition, le problème est alors mathématique, le financement des retraites en cours et futures dépendant du respect d'un certain rapport entre les actifs cotisants et les retraités bénéficiaires.
La solution sera donc économique ou ne sera pas. En économie de marché, l'Etat n'a pas le pouvoir d'imposer ses désirs à l'économie dans la mesure où les lois de l'économie ne se votent dans aucun parlement.
Par contre, il appartient au gouvernement de rendre possible et rationnel les conditions de cet arbitrage économique à l'intérieur de nos frontières. En dehors de cela, le gouvernement n'est pas plus en mesure de distribuer du pouvoir d'achat que de garantir nos retraites (qui est du pouvoir d'achat différé dans le temps).
Quels sont les principaux enseignements de l'économie (et de la sagesse) en la matière ?
Pour assurer sa retraite, un individu doit d'abord investir dans son capital humain, notamment en réussissant ses études dans des formations porteuses de débouchés.
Comme l'individu est généralement jeune dans cette période de la vie, il n'a pas une connaissance suffisante de lui-même pour faire seul les bons choix en ce domaine.
De tout temps, il appartient aux parents d'accompagner l'enfant dans la découverte de ses propres capacités, et de l'orienter peu à peu en l'aidant à trouver la voie dans laquelle il sera le plus à même de s'épanouir.
Quand il devient actif, l'individu doit veiller à épargner une partie de son revenu de manière à se constituer un patrimoine (immobilier, financier, culturel…). Ces différentes formes du patrimoine constituent à leur tour un capital qui n'est que le prolongement du capital humain initial positivement valorisé.
C'est ce patrimoine, correctement géré, qui permettra de générer un revenu lorsque la période d'activité sera terminée.
Chaque individu est donc face à un arbitrage.
S'il opte pour un plus grand niveau de consommation durant sa vie active, alors c'est au détriment de sa capacité d'épargne ce qui ne lui permettra pas de se constituer un patrimoine qui serait de nature à lui assurer une retraite confortable pour ses vieux jours.
Il réalise ainsi un arbitrage en faveur du présent et au détriment du futur. Les experts disent que ces choix sont révélateurs d'une forte préférence pour le présent. S'il modère ses appétits de consommation courante, il peut accroitre sa capacité d'épargne en vue de se constituer un patrimoine plus solide, assurant ainsi un niveau de retraite plus important.
Dans cette optique, chaque individu peut se donner des objectifs personnels de patrimoine et atteindre ces objectifs avec des durées différentes de sorte que, dans une société de liberté et de responsabilité, chacun devrait être libre de décider du nombre d'années qu'il décide de consacrer à son activité professionnelle.
Mais je vous parle là d'une insupportable liberté dont bien peu de personnes sont prêtes à assurer le fardeau.
Car les individus qui ne supportent pas l'idée d'arbitrer, de choisir et qui veulent tout et son contraire, s'en remettent à l'Etat, attendant de lui un tour de passe-passe, comme s'il disposait d'une baguette magique lui permettant de supprimer la contrainte économique.
Jean-Louis Caccomo
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Forums lycéens
Chers amis,
Les lycéens sont dans la rue. Ils sont plus timides dans les forums, du moins au vue de ma petite expérience. A chaque fois que je participe à un salon destiné aux lycéens, j'en ressorts avec un sentiment mitigé, entre amertume et stupeur.
La même réaction revient trop souvent à mon goût dans la bouche de lycéens dont par ailleurs on nous dit qu'ils sont préoccupés par l'emploi. Mais quel emploi ? A les entendre, ils débuteraient leur carrière avec des conditions qui furent pour moi des résultats qu'il m'a fallu atteindre en plus de dix ans.
Il leur faut pour commencer un bon salaire, pas trop loin de chez eux, un emploi intéressant, pas stressant… Ces objectifs, s'ils sont louables et nécessaires pour conduire et réussir une carrière, ne peuvent être en aucun des conditions d'embauche sauf à prendre le risque de rester sur le carreau.
La vie (et les mathématiques) nous apprend vite que plus on met des conditions (des contraintes), et plus le champ des solutions possibles se restreint.
En tant que responsable pédagogique d'un master professionnel, je participe régulièrement aux forums d'orientation qui sont de véritables bourses de diplômes.
Nous savons tous que, malgré la persistance d'un chômage structurel qui ronge notre société, le fait est que la génération du baby-boom va partir prochainement à la retraite. Or, on constate une pénurie grandissante de personnels qualifiés dans un nombre croissant de secteurs d'activité.
Pour pallier à ce manque et organiser dans les meilleures conditions possibles le passage de relais entre la génération qui prend sa retraite et celle qui rentre dans la vie active, il faut au préalable avoir suivi certaines formations. Il faut donc que le système de formation soit en prise sur le monde professionnel de sorte que l'offre de formations corresponde à la demande exprimée par les différentes branches d'activité en expansion ou en mutation.
Quand on présente de telles formations aux lycéens, la grande majorité d'entre eux nous répondent "cette formation est trop dure !".
Il est clair qu'ils veulent gagner de l'argent et n'ont pas de tabou par rapport à cela, il est moins évident qu'ils veuillent s'en donner les moyens.
Quoiqu'on en pense, pour avoir un emploi intéressant, il faut offrir un bagage intéressant. C'est à ce prix que l'on peut ensuite imposer ses conditions. C'est à croire que personne ne leur a dit cette vérité élémentaire, pas même leurs parents afin de ne pas les traumatiser sans doute.
Alors, pour ceux qui se disent attirés par le secteur médical, on ne va pas en médecine, filière jugée trop difficile, pour se reporter sur les écoles d'infirmiers et les carrières médico-sociales.
L'économie, la finance, la gestion ? Trop technique !
Alors on s'engouffre vers les filières administratives et sociales.
La science ? N'en parlons plus, c'est définitivement rebutant pour le plus grand nombre… et c'est une catastrophe qui met en question l'excellence longtemps érigée en dogme de notre système éducatif.
Le rapport Attali a bien raison de dire qu'à ce rythme, il sera inévitable d'importer nos futurs cerveaux. Le paradoxe est que l'on ne s'est toujours pas attaqué aux causes qui provoquent la fuite de nos propres cerveaux alors qu'il nous faut bien "importer" les étudiants tant que nos lycéens ne jurent que par les filières light à forte coloration "sociale".
Le "social" ! Au discours du tout-Etat dans la bouche de nos élites répond en écho le discours du tout-social dans la bouche des lycéens. La sensibilité sociale ne peut pourtant pas se substituer à la compétence car elle n'est en aucune manière une qualification en elle-même.
Et le meilleur moyen de "faire du social" et d'avoir une attitude citoyenne, c'est d'être compétent dans son métier. On aurait certainement moins besoin de "faire du social" si chacun de nous avait reçu une formation adaptée à son profil et aux besoins réels de la société.
De tout temps, pour avoir un travail, il faut d'abord acquérir et maîtriser les qualifications que nécessite l'obtention du poste convoité. C'est le rôle du système de formation. Il est absolument faux de dire qu'il n'y a pas de travail aujourd'hui.
Ce n'est pas de travail que l'on manque mais bien de travailleurs.
Si les lycéens refusent d'intégrer les formations à l'issue desquelles on peut disposer du niveau de qualification permettant d'intégrer une profession, alors ils ne trouveront pas de travail.
Ce problème n'a aucune raison de se corriger spontanément puisque notre système de formation neutralise le fonctionnement même du marché du travail, qui suppose un marché éducatif lui-même.
Le lycéen n'a aucune incitation à s'orienter de manière rationnelle. La collectivité assume le coût de ses études tandis que le choix de la filière reste un choix individuel. On demande à la collectivité d'assumer les conséquences de choix d'individus libres mais irresponsables.
On a compris que cette ambivalence n'était plus tenable dans le secteur de la santé. Si l'on demande à la collectivité (aux autres) de prendre en charge nos dépenses de santé, il est normal qu'en retour cette même collectivité se donne le droit d'orienter nos choix (en imposant un médecin généraliste ou en dressant la liste des médicaments et des actes qui seront ou pas remboursés).
Dans le domaine éducatif, les conséquences sont lourdes puisqu'elles se traduisent par une mauvaise orientation de la jeunesse conduisant à un chômage structurel (coûteux pour la sécurité sociale) tandis qu'il nous faut importer les cerveaux et le personnel qualifié nous faisant défaut.
Ce résultat est logique puisqu'on laisse des jeunes choisir des formations que l'on sait sans débouchés et dont le financement est pris en charge par la collectivité. Autrement dit, on subventionne le gâchis humain.
Jean-Louis Caccomo
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Les lycéens sont dans la rue. Ils sont plus timides dans les forums, du moins au vue de ma petite expérience. A chaque fois que je participe à un salon destiné aux lycéens, j'en ressorts avec un sentiment mitigé, entre amertume et stupeur.
La même réaction revient trop souvent à mon goût dans la bouche de lycéens dont par ailleurs on nous dit qu'ils sont préoccupés par l'emploi. Mais quel emploi ? A les entendre, ils débuteraient leur carrière avec des conditions qui furent pour moi des résultats qu'il m'a fallu atteindre en plus de dix ans.
Il leur faut pour commencer un bon salaire, pas trop loin de chez eux, un emploi intéressant, pas stressant… Ces objectifs, s'ils sont louables et nécessaires pour conduire et réussir une carrière, ne peuvent être en aucun des conditions d'embauche sauf à prendre le risque de rester sur le carreau.
La vie (et les mathématiques) nous apprend vite que plus on met des conditions (des contraintes), et plus le champ des solutions possibles se restreint.
En tant que responsable pédagogique d'un master professionnel, je participe régulièrement aux forums d'orientation qui sont de véritables bourses de diplômes.
Nous savons tous que, malgré la persistance d'un chômage structurel qui ronge notre société, le fait est que la génération du baby-boom va partir prochainement à la retraite. Or, on constate une pénurie grandissante de personnels qualifiés dans un nombre croissant de secteurs d'activité.
Pour pallier à ce manque et organiser dans les meilleures conditions possibles le passage de relais entre la génération qui prend sa retraite et celle qui rentre dans la vie active, il faut au préalable avoir suivi certaines formations. Il faut donc que le système de formation soit en prise sur le monde professionnel de sorte que l'offre de formations corresponde à la demande exprimée par les différentes branches d'activité en expansion ou en mutation.
Quand on présente de telles formations aux lycéens, la grande majorité d'entre eux nous répondent "cette formation est trop dure !".
Il est clair qu'ils veulent gagner de l'argent et n'ont pas de tabou par rapport à cela, il est moins évident qu'ils veuillent s'en donner les moyens.
Quoiqu'on en pense, pour avoir un emploi intéressant, il faut offrir un bagage intéressant. C'est à ce prix que l'on peut ensuite imposer ses conditions. C'est à croire que personne ne leur a dit cette vérité élémentaire, pas même leurs parents afin de ne pas les traumatiser sans doute.
Alors, pour ceux qui se disent attirés par le secteur médical, on ne va pas en médecine, filière jugée trop difficile, pour se reporter sur les écoles d'infirmiers et les carrières médico-sociales.
L'économie, la finance, la gestion ? Trop technique !
Alors on s'engouffre vers les filières administratives et sociales.
La science ? N'en parlons plus, c'est définitivement rebutant pour le plus grand nombre… et c'est une catastrophe qui met en question l'excellence longtemps érigée en dogme de notre système éducatif.
Le rapport Attali a bien raison de dire qu'à ce rythme, il sera inévitable d'importer nos futurs cerveaux. Le paradoxe est que l'on ne s'est toujours pas attaqué aux causes qui provoquent la fuite de nos propres cerveaux alors qu'il nous faut bien "importer" les étudiants tant que nos lycéens ne jurent que par les filières light à forte coloration "sociale".
Le "social" ! Au discours du tout-Etat dans la bouche de nos élites répond en écho le discours du tout-social dans la bouche des lycéens. La sensibilité sociale ne peut pourtant pas se substituer à la compétence car elle n'est en aucune manière une qualification en elle-même.
Et le meilleur moyen de "faire du social" et d'avoir une attitude citoyenne, c'est d'être compétent dans son métier. On aurait certainement moins besoin de "faire du social" si chacun de nous avait reçu une formation adaptée à son profil et aux besoins réels de la société.
De tout temps, pour avoir un travail, il faut d'abord acquérir et maîtriser les qualifications que nécessite l'obtention du poste convoité. C'est le rôle du système de formation. Il est absolument faux de dire qu'il n'y a pas de travail aujourd'hui.
Ce n'est pas de travail que l'on manque mais bien de travailleurs.
Si les lycéens refusent d'intégrer les formations à l'issue desquelles on peut disposer du niveau de qualification permettant d'intégrer une profession, alors ils ne trouveront pas de travail.
Ce problème n'a aucune raison de se corriger spontanément puisque notre système de formation neutralise le fonctionnement même du marché du travail, qui suppose un marché éducatif lui-même.
Le lycéen n'a aucune incitation à s'orienter de manière rationnelle. La collectivité assume le coût de ses études tandis que le choix de la filière reste un choix individuel. On demande à la collectivité d'assumer les conséquences de choix d'individus libres mais irresponsables.
On a compris que cette ambivalence n'était plus tenable dans le secteur de la santé. Si l'on demande à la collectivité (aux autres) de prendre en charge nos dépenses de santé, il est normal qu'en retour cette même collectivité se donne le droit d'orienter nos choix (en imposant un médecin généraliste ou en dressant la liste des médicaments et des actes qui seront ou pas remboursés).
Dans le domaine éducatif, les conséquences sont lourdes puisqu'elles se traduisent par une mauvaise orientation de la jeunesse conduisant à un chômage structurel (coûteux pour la sécurité sociale) tandis qu'il nous faut importer les cerveaux et le personnel qualifié nous faisant défaut.
Ce résultat est logique puisqu'on laisse des jeunes choisir des formations que l'on sait sans débouchés et dont le financement est pris en charge par la collectivité. Autrement dit, on subventionne le gâchis humain.
Jean-Louis Caccomo
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Liquider mai 68 ?
Chers amis,
A une époque où l'on se fait fort de défendre le droit des minorités et la diversité des opinions, il est plus que nécessaire de briser le consensus et la pensée unique afin de discuter sans tabou sur les périodes troublées de notre histoire contemporaine avant que la mythification en cours neutralise toute discussion plus objective.
Les hommages nostalgiques ont déjà commencé et nous sommes assommés de cantiques obligées de ces soixante-huitards sur le retour dont la plupart sont devenus aujourd'hui des notables installés ou des hommes de pouvoir.
Les manifestations lycéennes, devenues un rituel printanier à l'approche du baccalauréat, font écho à ces hommages appuyés.
Nous assistons à cette messe tous les dix, en 88 et en 98, comme si chaque génération voulait rallumer une flamme éteinte trop vite. A défaut d'avoir un avenir, on ressasse le passé en le déformant au passage pour les besoins de la propagande en place.
Mais avec une vision brouillée du passé, on obtient une vision bien fausse du futur.
Les fameux accords de Grenelle, récemment élevés au rang de mythe inattaquable à l'occasion du Grenelle de l'environnement [1], ont entériné une pratique politique qui constitue une grave déviance de nos institutions républicaines.
Quelle que soit l'issue des urnes, le dernier mot revient à la rue, dans un troisième tour permanent orchestré par les partenaires sociaux qui sortent ainsi outrageusement de leur rôle.
Ces derniers participent ainsi au filtrage des politiques économiques autorisées, en les soumettant à des critères qui sont de véritables critères de Maastricht avant l'heure à la différence près qu'ils n'ont jamais été ratifié devant aucun parlement.
Depuis les (vrais) accords de Grenelle, nos politiques ont toujours suivi la même direction : baisse du temps de travail, accroissement des minimas sociaux, augmentations des salaires sans tenir compte des performances de notre économie réelle.
Et toute politique n'appliquant pas ces principes, dans une logique de soutien à la consommation, fut de fait écartée de sorte que les alternances politiques ne furent qu'un leurre. Il y a les politiques économiques autorisées et celles qui seront définitivement interdites.
C'est ce format qui nous a interdit d'envisager dans les années 80 les seules politiques qui s'imposaient dans le monde entier après la fin d'une période fondée sur la progression régulière des gains de productivité (et qualifiée chez nous de trente glorieuses), et qui ont permis à l'Angleterre et les USA de retrouver le chemin de la prospérité.
C'est cet héritage qui nous a permis de ridiculiser Reagan et de diaboliser Thatcher alors qu'ils étaient en train de littéralement sauver leur pays du désastre tandis que nous poursuivions sur la voie tracée par les accords de Grenelle avec le passage aux 39 heures, la baisse de l'âge de la retraite et les augmentations de salaires sans rapport avec les gains sectoriels de productivité.
Ce sont de telles ornières qui nous empêchent de traiter objectivement et dans toutes ses dimensions le problème du financement des retraites ou la question lancinante d'un chômage massif qui plombe notre société depuis 1973.
Mai 88, mai 98, mai 2008, chaque décennie apporte son lot de célébrations sans se donner la peine d'exposer un regard critique sur les événements ainsi montés au rang de mythe national, devenu aussi intouchables que le front populaire de 1936.
Pourtant, il faut avoir l'honnêteté de reconnaitre qu'il y a une autre lecture des événements moins complaisante et moins glorieuse. Car les accords de Grenelle n'ont en aucune manière stoppés les émeutes de mai 68.
Malgré les concessions déjà irréalistes arrachées par les syndicats sous la pression de la rue, ce n'était pas suffisant et le gouvernement de l'époque s'est trouvé totalement dépassé, ce qui est le lot de tous gouvernements cédant à la passion de la rue.
En conséquence, un mois plus tard, c'est un million de français qui descendent sur les Champs-Elysées pour en appeler au Général de Gaulle. Le gouvernement qui venait de signer les accords de Grenelle était ainsi désavoué.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
[1] On voit mieux le rapport lorsque Nicolas Hulot, défenseur emblématique et médiatique de la cause écologique, avoue ses sympathies profondes pour Besancenot et Cohn-Bendit.
A une époque où l'on se fait fort de défendre le droit des minorités et la diversité des opinions, il est plus que nécessaire de briser le consensus et la pensée unique afin de discuter sans tabou sur les périodes troublées de notre histoire contemporaine avant que la mythification en cours neutralise toute discussion plus objective.
Les hommages nostalgiques ont déjà commencé et nous sommes assommés de cantiques obligées de ces soixante-huitards sur le retour dont la plupart sont devenus aujourd'hui des notables installés ou des hommes de pouvoir.
Les manifestations lycéennes, devenues un rituel printanier à l'approche du baccalauréat, font écho à ces hommages appuyés.
Nous assistons à cette messe tous les dix, en 88 et en 98, comme si chaque génération voulait rallumer une flamme éteinte trop vite. A défaut d'avoir un avenir, on ressasse le passé en le déformant au passage pour les besoins de la propagande en place.
Mais avec une vision brouillée du passé, on obtient une vision bien fausse du futur.
Les fameux accords de Grenelle, récemment élevés au rang de mythe inattaquable à l'occasion du Grenelle de l'environnement [1], ont entériné une pratique politique qui constitue une grave déviance de nos institutions républicaines.
Quelle que soit l'issue des urnes, le dernier mot revient à la rue, dans un troisième tour permanent orchestré par les partenaires sociaux qui sortent ainsi outrageusement de leur rôle.
Ces derniers participent ainsi au filtrage des politiques économiques autorisées, en les soumettant à des critères qui sont de véritables critères de Maastricht avant l'heure à la différence près qu'ils n'ont jamais été ratifié devant aucun parlement.
Depuis les (vrais) accords de Grenelle, nos politiques ont toujours suivi la même direction : baisse du temps de travail, accroissement des minimas sociaux, augmentations des salaires sans tenir compte des performances de notre économie réelle.
Et toute politique n'appliquant pas ces principes, dans une logique de soutien à la consommation, fut de fait écartée de sorte que les alternances politiques ne furent qu'un leurre. Il y a les politiques économiques autorisées et celles qui seront définitivement interdites.
C'est ce format qui nous a interdit d'envisager dans les années 80 les seules politiques qui s'imposaient dans le monde entier après la fin d'une période fondée sur la progression régulière des gains de productivité (et qualifiée chez nous de trente glorieuses), et qui ont permis à l'Angleterre et les USA de retrouver le chemin de la prospérité.
C'est cet héritage qui nous a permis de ridiculiser Reagan et de diaboliser Thatcher alors qu'ils étaient en train de littéralement sauver leur pays du désastre tandis que nous poursuivions sur la voie tracée par les accords de Grenelle avec le passage aux 39 heures, la baisse de l'âge de la retraite et les augmentations de salaires sans rapport avec les gains sectoriels de productivité.
Ce sont de telles ornières qui nous empêchent de traiter objectivement et dans toutes ses dimensions le problème du financement des retraites ou la question lancinante d'un chômage massif qui plombe notre société depuis 1973.
Mai 88, mai 98, mai 2008, chaque décennie apporte son lot de célébrations sans se donner la peine d'exposer un regard critique sur les événements ainsi montés au rang de mythe national, devenu aussi intouchables que le front populaire de 1936.
Pourtant, il faut avoir l'honnêteté de reconnaitre qu'il y a une autre lecture des événements moins complaisante et moins glorieuse. Car les accords de Grenelle n'ont en aucune manière stoppés les émeutes de mai 68.
Malgré les concessions déjà irréalistes arrachées par les syndicats sous la pression de la rue, ce n'était pas suffisant et le gouvernement de l'époque s'est trouvé totalement dépassé, ce qui est le lot de tous gouvernements cédant à la passion de la rue.
En conséquence, un mois plus tard, c'est un million de français qui descendent sur les Champs-Elysées pour en appeler au Général de Gaulle. Le gouvernement qui venait de signer les accords de Grenelle était ainsi désavoué.
Jean-Louis Caccomo
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[1] On voit mieux le rapport lorsque Nicolas Hulot, défenseur emblématique et médiatique de la cause écologique, avoue ses sympathies profondes pour Besancenot et Cohn-Bendit.
Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Rigueur, vous avez dit rigueur ?
Chers amis,
Le débat en cours autour de la rigueur aurait de quoi faire rire s'il n'était pas si symptomatique du drame français qui se déroule sous nos yeux impuissants. Le mot même de "rigueur" fait partie de ces mots qu'il faudrait ne plus prononcer, entrant dans la famille des mots à rayer du vocabulaire français comme libéralisme, fonds de pension ou encore profit..
Notre pays est sans nul doute à l'image du paquebot "France" auquel Michel Sardou avait consacré une terrible chanson qui suscita tant de polémiques. D'ailleurs, ce chanteur réputé engagé à droite ne pouvait pas être quelqu'un d'estimable aux yeux de ceux qui font le bon goût dans l'hexagone.
En France, il convient d'être un intellectuel et un artiste engagé à condition que cet engagement soit approuvé par les partenaires sociaux… Mais c'est une autre histoire. Tout le monde savait que le paquebot "France" était très mal géré, que l'on entretenait un personnel bien au-dessus des moyens du navire au nom de l'expérimentation sociale.
Et le jour inévitable où survint la faillite, tout le monde hurla aux loups en se renvoyant la responsabilité tandis que le navire fait aujourd'hui une formidable carrière dans le secteur privé, exploitant le créneau très dynamique de la croisière de masse, sous pavillon étranger.
Quand les gens veulent vraiment travailler pour s'en sortir, il n'y a pas d'affaires intrinsèquement non rentables : une affaire n'est pas rentable lorsque les frais d'exploitation sont mal ajustés, lorsqu'ils sont disproportionnés par rapport à l'activité générée par l'affaire en question. C'est un principe universel.
Notre pays est donc à l'image de l'emblématique paquebot : les frais d'intendance sont largement disproportionnés par rapport à l'activité du pays de sorte que les charges qui pèsent sur les actifs qui créent les richesses qui seront réparties entre tous en deviennent insupportables.
Alors on camoufle la charge en déguisant l'impôt ou l'on reporte cette charge sur le futur, en laissant filer la dette, croyant ainsi éviter le désastre. De toute façon, il est connu que l'Etat français ne peut pas faire faillite, qu'il suffit de prendre l'argent là où il est.
La gauche ne manque pas de culot d'ironiser sur la rigueur et il faut une certaine dose d'abnégation pour se laisser donner des leçons de gestion par des socialistes dont le seul réflexe consiste à dépenser l'argent gagné par d'autres. De toute façon, la rigueur n'est jamais un choix : on la subit à défaut de savoir gérer en toute responsabilité ses revenus. Et il est somme toute normal de gérer avec le plus de rigueur possible la cagnotte commune, c'est-à-dire l'argent des français.
Pourtant, à peine l'Etat cherche-t-il à faire des économies dont le montant reste homéopathique par rapport à l'ampleur de la dérive, et on assiste aux sempiternelles manifestations d'humeur et de colère tandis que les lycéens manipulés par des professeurs revanchards rêvent de rejouer à mai 68 à chaque printemps qui s'annonce [1].
Le budget de l'éducation nationale représente le premier poste budgétaire de l'Etat français, dépassant 80 milliards d'euros ce qui représente un montant supérieur au produit de l'impôt sur le revenu. Mais non contents d'être budgétivores, les lycéens dans la rue crient au manque de moyens…L'année dernière, les universités étaient bloquées ; aujourd'hui, les lycées déraillent. Rien de vraiment nouveau sous le soleil de France.
Il est certain que l'on manque cruellement de moyens en France, mais pas tellement de moyens financiers.
Ce sont les moyens intellectuels, les compétences, le capital humain, l'intelligence qui nous font cruellement défaut au point qu'on en est réduit à importer les cerveaux pour remplir les filières universitaires réputées les plus sélectives. Pendant ce temps, nos cerveaux les plus médiatiques dissertent sur la fin proche du libéralisme [2].
Jean-Louis Caccomo
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[1] LIQUIDER MAI 68 ? Les réponses de Denis Tillinac, Chantal Delsol, Jean Sévillia, Sarah Vajda, Patrice de Plunkett et votre serviteur : Cliquez ici.
[2] A ce propos Nicolas Hulot, devant lequel tous les candidats à l'élection présidentielle avaient l'obligation de s'agenouiller pour signer le pacte écologique, jette enfin le masque en ne cachant pas qu'il se sent proche de Besancenot ou Cohn-Bendit : vert en apparence et rouge à l'intérieur. Pour les plus avertis, ce n'est guère une surprise.
Le débat en cours autour de la rigueur aurait de quoi faire rire s'il n'était pas si symptomatique du drame français qui se déroule sous nos yeux impuissants. Le mot même de "rigueur" fait partie de ces mots qu'il faudrait ne plus prononcer, entrant dans la famille des mots à rayer du vocabulaire français comme libéralisme, fonds de pension ou encore profit..
Notre pays est sans nul doute à l'image du paquebot "France" auquel Michel Sardou avait consacré une terrible chanson qui suscita tant de polémiques. D'ailleurs, ce chanteur réputé engagé à droite ne pouvait pas être quelqu'un d'estimable aux yeux de ceux qui font le bon goût dans l'hexagone.
En France, il convient d'être un intellectuel et un artiste engagé à condition que cet engagement soit approuvé par les partenaires sociaux… Mais c'est une autre histoire. Tout le monde savait que le paquebot "France" était très mal géré, que l'on entretenait un personnel bien au-dessus des moyens du navire au nom de l'expérimentation sociale.
Et le jour inévitable où survint la faillite, tout le monde hurla aux loups en se renvoyant la responsabilité tandis que le navire fait aujourd'hui une formidable carrière dans le secteur privé, exploitant le créneau très dynamique de la croisière de masse, sous pavillon étranger.
Quand les gens veulent vraiment travailler pour s'en sortir, il n'y a pas d'affaires intrinsèquement non rentables : une affaire n'est pas rentable lorsque les frais d'exploitation sont mal ajustés, lorsqu'ils sont disproportionnés par rapport à l'activité générée par l'affaire en question. C'est un principe universel.
Notre pays est donc à l'image de l'emblématique paquebot : les frais d'intendance sont largement disproportionnés par rapport à l'activité du pays de sorte que les charges qui pèsent sur les actifs qui créent les richesses qui seront réparties entre tous en deviennent insupportables.
Alors on camoufle la charge en déguisant l'impôt ou l'on reporte cette charge sur le futur, en laissant filer la dette, croyant ainsi éviter le désastre. De toute façon, il est connu que l'Etat français ne peut pas faire faillite, qu'il suffit de prendre l'argent là où il est.
La gauche ne manque pas de culot d'ironiser sur la rigueur et il faut une certaine dose d'abnégation pour se laisser donner des leçons de gestion par des socialistes dont le seul réflexe consiste à dépenser l'argent gagné par d'autres. De toute façon, la rigueur n'est jamais un choix : on la subit à défaut de savoir gérer en toute responsabilité ses revenus. Et il est somme toute normal de gérer avec le plus de rigueur possible la cagnotte commune, c'est-à-dire l'argent des français.
Pourtant, à peine l'Etat cherche-t-il à faire des économies dont le montant reste homéopathique par rapport à l'ampleur de la dérive, et on assiste aux sempiternelles manifestations d'humeur et de colère tandis que les lycéens manipulés par des professeurs revanchards rêvent de rejouer à mai 68 à chaque printemps qui s'annonce [1].
Le budget de l'éducation nationale représente le premier poste budgétaire de l'Etat français, dépassant 80 milliards d'euros ce qui représente un montant supérieur au produit de l'impôt sur le revenu. Mais non contents d'être budgétivores, les lycéens dans la rue crient au manque de moyens…L'année dernière, les universités étaient bloquées ; aujourd'hui, les lycées déraillent. Rien de vraiment nouveau sous le soleil de France.
Il est certain que l'on manque cruellement de moyens en France, mais pas tellement de moyens financiers.
Ce sont les moyens intellectuels, les compétences, le capital humain, l'intelligence qui nous font cruellement défaut au point qu'on en est réduit à importer les cerveaux pour remplir les filières universitaires réputées les plus sélectives. Pendant ce temps, nos cerveaux les plus médiatiques dissertent sur la fin proche du libéralisme [2].
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
[1] LIQUIDER MAI 68 ? Les réponses de Denis Tillinac, Chantal Delsol, Jean Sévillia, Sarah Vajda, Patrice de Plunkett et votre serviteur : Cliquez ici.
[2] A ce propos Nicolas Hulot, devant lequel tous les candidats à l'élection présidentielle avaient l'obligation de s'agenouiller pour signer le pacte écologique, jette enfin le masque en ne cachant pas qu'il se sent proche de Besancenot ou Cohn-Bendit : vert en apparence et rouge à l'intérieur. Pour les plus avertis, ce n'est guère une surprise.
Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
L'école
Chers amis,
Tous les trois ans, l'OCDE procède à une évaluation des performances des systèmes éducatifs des principaux pays développés et des nouveaux pays en émergence [1]. Dans son dernier classement publié en décembre 2007, le recul déjà observé dans les précédentes études est confirmé.
Alors qu'il était tabou d'en parler dans les années précédentes, sous peine de passer pour un traitre qui oserait critiquer le meilleur système du monde, le classement de l'OCDE a fait l'objet de commentaires et de débats plus ouverts qui témoignent d'une prise de conscience salutaire.
Mais si le malade est enfin conscient de sa maladie, encore faut-il qu'il accepte le remède et surtout, qu'il ne se trompe pas de remède.
Car les faits sont têtus : le niveau des adolescents se détériore dans toutes les matières fondamentales (maîtrise de l'écriture, de la lecture, baisse du niveau en mathématiques et sciences).
Or, une grande partie de ces collégiens seront amenés à devenir quelques années plus tard des étudiants. Si les lacunes constatées ne sont pas comblées au lycée, elles conditionneront fortement les choix d'orientation de filières dans le supérieur.
Dans certaines filières qui nécessitent une maîtrise indispensable de certains acquis de base, ces lacunes devront alors faire l'objet d'un rattrapage dans le supérieur provoquant un allongement de la durée des études que certains interprètent ensuite comme une élévation du niveau alors qu'elle est une forme d'inflation.
Car la planche à diplômes est une forme de planche à billets... Mais cela explique en tout cas la quasi-absence d'étudiants dans les filières scientifiques et techniques compensée par la présence massive d'étudiants étrangers.
Si l'OCDE procède à ce genre d'études comparatives, c'est parce que les économistes ont montré que la croissance économique et le développement ne dépendent ni de la possession de ressources naturelles (le Japon est pauvre en matières premières) ou de la quantité d'argent injecté dans le système (l'Algérie croule sous les pétrodollars accumulés), mais du capital humain, c'est-à-dire de la quantité et de la qualité de la population active.
En France, l'école est d'abord une affaire politique : les programmes et les carrières des enseignants y sont tenus par des syndicats très puissants qui n'acceptent aucune remise en question de leur monopole.
Et c'est sans doute ce caractère éminemment politique qui rend toute réforme impossible.
Car pour y changer quelque chose, il faut obtenir le consensus, il faut l'accord de tous les acteurs (parents, enseignants, syndicats…etc.). Et comme un pareil consensus est aussi improbable qu'introuvable dans un système centralisé, alors on ne touche à rien.
Selon un titre publié dans la presse nationale, "l'école française a échoué à gommer les inégalités sociales"[2].
Voilà qui résume bien le malentendu et toute la dérive de notre système de formation. Car ce simple commentaire est révélateur des présupposés idéologiques qui structurent la conception et les fondements de l'éducation nationale à la française. Car est-ce bien là le premier rôle de l'école ?
Le système éducatif a vocation à former au minimum des futurs citoyens respectueux, respectables et responsables et, au mieux, à fournir les compétences multiples et variées dont aura besoin la société dans le futur, notamment en donnant à chaque enfant la possibilité de trouver sa voie et de réaliser ses talents potentiels.
Plutôt que d'égaliser tout le monde en fonction d'un niveau moyen qui serait extérieur à chaque élève, il faut au contraire donner la possibilité à chacun des élèves d'exploiter son propre potentiel et d'atteindre ses propres limites. C'est déjà un objectif éminemment complexe que l'on ne saurait confier à une organisation centralisée et planifiée sauf si l'on veut transformer les êtres humains en de dociles moutons écervelés.
Il se trouve que la société aura probablement toujours besoin de boulangers, de maçons, d'hôteliers, d'avocats, de coiffeurs, d'écrivains, de scientifiques, de chirurgiens, d'enseignants, d'artistes, de chauffeur de taxis ou de pilotes d'avions et tant d'autres nouveaux métiers qu'il reste à imaginer.
Or dans une société où peut s'épanouir et co-exister une telle variété de métiers et de professions, l'inégalité sociale – mais je préfère parler de "diversité", fruit de la liberté - est inévitable.
Faut-il alors s'en plaindre ? Non dans la mesure où cette inégalité n'est pas le résultat d'un découpage a priori de la société humaine en castes étanches qui interdirait toute mobilité individuelle et tout espoir d'évolution personnelle.
A force de s'échiner à gommer l'inégalité sociale en tant que telle, notre système éducatif finit par détruire les compétences et les métiers, en jetant sur le marché du travail une armée de jeunes sans qualification et sans motivation. Au lieu d'être inégaux dans la richesse et la croissance économique, ils seront égaux dans la pénurie et la stagnation, rendus totalement vulnérables et dépendant de la générosité publique.
[1] Organisation de Coopération et de Développement Economiques
[2] le quotidien Libération du 27 août 2007.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
Tous les trois ans, l'OCDE procède à une évaluation des performances des systèmes éducatifs des principaux pays développés et des nouveaux pays en émergence [1]. Dans son dernier classement publié en décembre 2007, le recul déjà observé dans les précédentes études est confirmé.
Alors qu'il était tabou d'en parler dans les années précédentes, sous peine de passer pour un traitre qui oserait critiquer le meilleur système du monde, le classement de l'OCDE a fait l'objet de commentaires et de débats plus ouverts qui témoignent d'une prise de conscience salutaire.
Mais si le malade est enfin conscient de sa maladie, encore faut-il qu'il accepte le remède et surtout, qu'il ne se trompe pas de remède.
Car les faits sont têtus : le niveau des adolescents se détériore dans toutes les matières fondamentales (maîtrise de l'écriture, de la lecture, baisse du niveau en mathématiques et sciences).
Or, une grande partie de ces collégiens seront amenés à devenir quelques années plus tard des étudiants. Si les lacunes constatées ne sont pas comblées au lycée, elles conditionneront fortement les choix d'orientation de filières dans le supérieur.
Dans certaines filières qui nécessitent une maîtrise indispensable de certains acquis de base, ces lacunes devront alors faire l'objet d'un rattrapage dans le supérieur provoquant un allongement de la durée des études que certains interprètent ensuite comme une élévation du niveau alors qu'elle est une forme d'inflation.
Car la planche à diplômes est une forme de planche à billets... Mais cela explique en tout cas la quasi-absence d'étudiants dans les filières scientifiques et techniques compensée par la présence massive d'étudiants étrangers.
Si l'OCDE procède à ce genre d'études comparatives, c'est parce que les économistes ont montré que la croissance économique et le développement ne dépendent ni de la possession de ressources naturelles (le Japon est pauvre en matières premières) ou de la quantité d'argent injecté dans le système (l'Algérie croule sous les pétrodollars accumulés), mais du capital humain, c'est-à-dire de la quantité et de la qualité de la population active.
En France, l'école est d'abord une affaire politique : les programmes et les carrières des enseignants y sont tenus par des syndicats très puissants qui n'acceptent aucune remise en question de leur monopole.
Et c'est sans doute ce caractère éminemment politique qui rend toute réforme impossible.
Car pour y changer quelque chose, il faut obtenir le consensus, il faut l'accord de tous les acteurs (parents, enseignants, syndicats…etc.). Et comme un pareil consensus est aussi improbable qu'introuvable dans un système centralisé, alors on ne touche à rien.
Selon un titre publié dans la presse nationale, "l'école française a échoué à gommer les inégalités sociales"[2].
Voilà qui résume bien le malentendu et toute la dérive de notre système de formation. Car ce simple commentaire est révélateur des présupposés idéologiques qui structurent la conception et les fondements de l'éducation nationale à la française. Car est-ce bien là le premier rôle de l'école ?
Le système éducatif a vocation à former au minimum des futurs citoyens respectueux, respectables et responsables et, au mieux, à fournir les compétences multiples et variées dont aura besoin la société dans le futur, notamment en donnant à chaque enfant la possibilité de trouver sa voie et de réaliser ses talents potentiels.
Plutôt que d'égaliser tout le monde en fonction d'un niveau moyen qui serait extérieur à chaque élève, il faut au contraire donner la possibilité à chacun des élèves d'exploiter son propre potentiel et d'atteindre ses propres limites. C'est déjà un objectif éminemment complexe que l'on ne saurait confier à une organisation centralisée et planifiée sauf si l'on veut transformer les êtres humains en de dociles moutons écervelés.
Il se trouve que la société aura probablement toujours besoin de boulangers, de maçons, d'hôteliers, d'avocats, de coiffeurs, d'écrivains, de scientifiques, de chirurgiens, d'enseignants, d'artistes, de chauffeur de taxis ou de pilotes d'avions et tant d'autres nouveaux métiers qu'il reste à imaginer.
Or dans une société où peut s'épanouir et co-exister une telle variété de métiers et de professions, l'inégalité sociale – mais je préfère parler de "diversité", fruit de la liberté - est inévitable.
Faut-il alors s'en plaindre ? Non dans la mesure où cette inégalité n'est pas le résultat d'un découpage a priori de la société humaine en castes étanches qui interdirait toute mobilité individuelle et tout espoir d'évolution personnelle.
A force de s'échiner à gommer l'inégalité sociale en tant que telle, notre système éducatif finit par détruire les compétences et les métiers, en jetant sur le marché du travail une armée de jeunes sans qualification et sans motivation. Au lieu d'être inégaux dans la richesse et la croissance économique, ils seront égaux dans la pénurie et la stagnation, rendus totalement vulnérables et dépendant de la générosité publique.
[1] Organisation de Coopération et de Développement Economiques
[2] le quotidien Libération du 27 août 2007.
Jean-Louis Caccomo
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Bug
Chers amis,
Quand la droite est au pouvoir, elle se débrouille pour perdre les régions, puis après les municipales.
Neuf mois après la vague bleue qui a ébranlé la démocratie "sauvagement déstabilisée" d'après les commentateurs du moment, c'est à une vague rose que nous assistons à l'occasion de ces municipales.
C'est comme si la droite était génée d'être au pouvoir, fondamentalement maladroite à force d'être mal à droite.
D'ailleurs, dans de nombreuses communes, alors que la gauche allait chercher des voix avec l'extrême-gauche, la droite n'osait pas même s'afficher.
Comment peut-on gagner une bataille électorale quand on a honte de ses propres valeurs ?
Vu de l'étranger, les Français restent décidément une énigme. Dans l'euphorie, ils installent au pouvoir un nouveau président de la république et un nouveau gouvernement avec une large majorité.
Sitôt que ce gouvernement cherche à appliquer son programme, ils descendent alors dans la rue pour l'empêcher d'agir, sautant sur la première élection venue pour exprimer leur déception et imprimer un changement de cap.
Comment sanctionner une politique qui n'a pas été appliquée à force d'être dénaturée ?
Evidemment, la gauche se fait fort de récupérer ce mécontentement, n'imaginant pas même une nanoseconde que l'on peut être déçu de Sarkozy parce qu'il n'a pas appliqué les réformes attendues, jouant le jeu d'une ouverture qu'il n'avait pas annoncé, remettant en selle les mammouths du PS, cédant devant tous les corporatismes et pactisant avec les partenaires sociaux revanchards.
Si c'est pour avoir une fausse droite au pouvoir, autant remettre en selle une vraie gauche, fière de ses aspirations socialistes et de ses valeurs collectivistes.
Pendant quelques semaines, le monde avait retenu son souffle. La France revient ! Les Français avaient enfin compris qu'ils devaient comme les autres pays entrer de plain pied dans le monde globalisé, sans complexe et sans crainte. C'était trop beau pour être vrai.
Je ne sais si je dois continuer sur le registre de l'espérance ou revenir en résistance. Après ce court instant de lucidité qui ne devait pas se prolonger, les Français ont retrouvé leurs réflexes ancestraux, conflits sociaux après conflits sociaux, manifestations après manifestations, revendications insatiables après revendications.
Entre des vacances de Noël qui battent des records de dépenses de jouets électroniques et les vacances de ski qui voient les 4x4 s'entasser sur les routes de l'hexagone, ils ne manqueront pas de pleurer sur leur pouvoir d'achat.
La gauche a le talent pour exploiter cette misère morale avant d'être économique, en présentant la droite comme le parti des nantis tandis que l'UMP cherche vainement une ouverture avec une gauche congénitalement hostile.
De son côté, le MODEM pactise ici avec l'UMP et là avec le PS tandis que Besancenot ironise sur la fin du libéralisme. C'est comme si la vie politique française étaient coincée dans un inextricable bug.
Evidemment, inutile d'insister sur le fait que, pendant ce temps, de scrutins en scrutins, d'analyses politiciennes en commentaires d'experts, de vagues bleues en vagues roses, les problèmes de fond qui emprisonnent notre pays dans une trappe à sous-développement ne sont jamais réglés.
Jean-Louis Caccomo
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Quand la droite est au pouvoir, elle se débrouille pour perdre les régions, puis après les municipales.
Neuf mois après la vague bleue qui a ébranlé la démocratie "sauvagement déstabilisée" d'après les commentateurs du moment, c'est à une vague rose que nous assistons à l'occasion de ces municipales.
C'est comme si la droite était génée d'être au pouvoir, fondamentalement maladroite à force d'être mal à droite.
D'ailleurs, dans de nombreuses communes, alors que la gauche allait chercher des voix avec l'extrême-gauche, la droite n'osait pas même s'afficher.
Comment peut-on gagner une bataille électorale quand on a honte de ses propres valeurs ?
Vu de l'étranger, les Français restent décidément une énigme. Dans l'euphorie, ils installent au pouvoir un nouveau président de la république et un nouveau gouvernement avec une large majorité.
Sitôt que ce gouvernement cherche à appliquer son programme, ils descendent alors dans la rue pour l'empêcher d'agir, sautant sur la première élection venue pour exprimer leur déception et imprimer un changement de cap.
Comment sanctionner une politique qui n'a pas été appliquée à force d'être dénaturée ?
Evidemment, la gauche se fait fort de récupérer ce mécontentement, n'imaginant pas même une nanoseconde que l'on peut être déçu de Sarkozy parce qu'il n'a pas appliqué les réformes attendues, jouant le jeu d'une ouverture qu'il n'avait pas annoncé, remettant en selle les mammouths du PS, cédant devant tous les corporatismes et pactisant avec les partenaires sociaux revanchards.
Si c'est pour avoir une fausse droite au pouvoir, autant remettre en selle une vraie gauche, fière de ses aspirations socialistes et de ses valeurs collectivistes.
Pendant quelques semaines, le monde avait retenu son souffle. La France revient ! Les Français avaient enfin compris qu'ils devaient comme les autres pays entrer de plain pied dans le monde globalisé, sans complexe et sans crainte. C'était trop beau pour être vrai.
Je ne sais si je dois continuer sur le registre de l'espérance ou revenir en résistance. Après ce court instant de lucidité qui ne devait pas se prolonger, les Français ont retrouvé leurs réflexes ancestraux, conflits sociaux après conflits sociaux, manifestations après manifestations, revendications insatiables après revendications.
Entre des vacances de Noël qui battent des records de dépenses de jouets électroniques et les vacances de ski qui voient les 4x4 s'entasser sur les routes de l'hexagone, ils ne manqueront pas de pleurer sur leur pouvoir d'achat.
La gauche a le talent pour exploiter cette misère morale avant d'être économique, en présentant la droite comme le parti des nantis tandis que l'UMP cherche vainement une ouverture avec une gauche congénitalement hostile.
De son côté, le MODEM pactise ici avec l'UMP et là avec le PS tandis que Besancenot ironise sur la fin du libéralisme. C'est comme si la vie politique française étaient coincée dans un inextricable bug.
Evidemment, inutile d'insister sur le fait que, pendant ce temps, de scrutins en scrutins, d'analyses politiciennes en commentaires d'experts, de vagues bleues en vagues roses, les problèmes de fond qui emprisonnent notre pays dans une trappe à sous-développement ne sont jamais réglés.
Jean-Louis Caccomo
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Deux poids et deux mesures
Chers amis,
La presse se délecte des crises bancaires et des scandales financiers en tout genre tellement cela confirme l'idée simpliste, mais bien pratique au demeurant, que le système économique est pourri. Car il y a les "parachutes dorés" que l'on voit (que l'on montre) et il y a les "parachutes dorés" que l'on ne voit pas (que l'on ne montre pas).
Il serait cependant bienvenu d'avoir la même exigence de transparence et de rigueur avec l'argent public en général, et le financement des syndicats en particulier dont le candidat Sarkozy avait promis d'ouvrir le dossier.
Quand les actionnaires d'une entreprise privée gagnent ou perdent de l'argent, c'est finalement leur problème ; et c'est aussi la conséquence heureuse ou malheureuse de leurs propres décisions.
Mais l'usage des deniers publics nous concerne tous, en tant que citoyen et contribuable.
Prenons l'exemple tellement banalisé que personne ne s'en émeut de M. Le Duigou dont la carrière au service de l'action syndicale est en symbiose avec sa carrière au service de l'Etat.
Ce fonctionnaire des impôts fut détaché de l'administration des finances en 1978 pour pouvoir exercer ses fonctions syndicales auprès de la CGT.
A l'approche de la retraite, il a prudemment sollicité sa réintégration dans son corps d'origine [1].
Pas folle la guêpe ! En tant que spécialiste des questions de financement des retraites, il est bien le premier à savoir que la retraite d'un fonctionnaire sera calculée sur les six derniers mois de traitement.
Il va donc réintégrer la fonction publique, en étant nommé conservateur des hypothèques de Corbeil pour un traitement se montant à 5000 euros par mois et des primes et indemnités de 10 000 euros.
Sa retraite est bien assurée dans un tour de passe dont la haute administration garde jalousement le monopole alors qu'elle se permet de faire la morale aux patrons et aux actionnaires.
Dans un contexte, on comprend qu'il n'a pas besoin du système de capitalisation et qu'il est un ardent défenseur de la répartition, qui lui permet de faire financer sa retraite par les autres, au nom de la solidarité. Tu parles, Charles !
De telles manipulations feraient passer les goldens parachute et autres traders fous pour de douces plaisanteries. Car il n'y a là aucune spéculation : c'est sans risque financier, on ne va pas en prison, et c'est avec l'argent public. Pourquoi donc s'en priver ?
Pour couronner le tout, dans son élan d'ouverture pathétique, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, le dispense d'exercer physiquement cette nouvelle activité, afin de ne pas briser le militantisme du fonctionnaire dévoué.
Au-delà du fait que le gouvernement se retrouve à financer ceux qui vont précisément consacrer leur énergie à l'empêcher de gouverner (mais on a bien des ministres qui voteront à gauche aux prochaines municipales), cette collusion entre les dirigeants politiques et les appareils syndicaux est une dérive bien inquiétante de notre modèle que l'on veut par ailleurs montrer en exemple.
D'une manière générale, il faut se rendre compte que, sur les trois dernières décennies, les permanents de la CGT ont été multipliés par cinq alors que le nombre des adhérents a été divisé par 2,5. Il y en a encore qui se demande pourquoi le pouvoir d'achat fond comme neige au soleil…
[1] Voir le Monde du 2 janvier 2008. Selon ce même journal : "Secrétaire confédéral de la CGT en charge des retraites et spécialiste des questions économiques, Jean-Christophe Le Duigou, 59 ans, va bientôt réintégrer son administration d'origine, le ministère des finances, et être promu conservateur des hypothèques à Corbeil-Essonnes (Essonne).
Ancien directeur divisionnaire des impôts, il percevra à ce poste, l'un des mieux payés de Bercy avec celui de trésorier-payeur-général (TPG), 9 000 euros nets par mois. Il s'agit selon le cabinet du ministre du budget d'une progression de carrière tout à fait normale à la direction générale des impôts. Le syndicaliste espère ensuite faire valoir ses droits à la retraite fin 2009". Pour en savoir plus, voir aussi l'excellent édito de Patrice Planté, in la revue Pincée de Sel, numéro 13, janvier 2008.
Jean-Louis Caccomo,
http://caccomo.blogspot.com/ http://cozop.com/chroniques_en_liberte
Voir mon interview sur : http://liberteavenir2.blogspot.com/
La presse se délecte des crises bancaires et des scandales financiers en tout genre tellement cela confirme l'idée simpliste, mais bien pratique au demeurant, que le système économique est pourri. Car il y a les "parachutes dorés" que l'on voit (que l'on montre) et il y a les "parachutes dorés" que l'on ne voit pas (que l'on ne montre pas).
Il serait cependant bienvenu d'avoir la même exigence de transparence et de rigueur avec l'argent public en général, et le financement des syndicats en particulier dont le candidat Sarkozy avait promis d'ouvrir le dossier.
Quand les actionnaires d'une entreprise privée gagnent ou perdent de l'argent, c'est finalement leur problème ; et c'est aussi la conséquence heureuse ou malheureuse de leurs propres décisions.
Mais l'usage des deniers publics nous concerne tous, en tant que citoyen et contribuable.
Prenons l'exemple tellement banalisé que personne ne s'en émeut de M. Le Duigou dont la carrière au service de l'action syndicale est en symbiose avec sa carrière au service de l'Etat.
Ce fonctionnaire des impôts fut détaché de l'administration des finances en 1978 pour pouvoir exercer ses fonctions syndicales auprès de la CGT.
A l'approche de la retraite, il a prudemment sollicité sa réintégration dans son corps d'origine [1].
Pas folle la guêpe ! En tant que spécialiste des questions de financement des retraites, il est bien le premier à savoir que la retraite d'un fonctionnaire sera calculée sur les six derniers mois de traitement.
Il va donc réintégrer la fonction publique, en étant nommé conservateur des hypothèques de Corbeil pour un traitement se montant à 5000 euros par mois et des primes et indemnités de 10 000 euros.
Sa retraite est bien assurée dans un tour de passe dont la haute administration garde jalousement le monopole alors qu'elle se permet de faire la morale aux patrons et aux actionnaires.
Dans un contexte, on comprend qu'il n'a pas besoin du système de capitalisation et qu'il est un ardent défenseur de la répartition, qui lui permet de faire financer sa retraite par les autres, au nom de la solidarité. Tu parles, Charles !
De telles manipulations feraient passer les goldens parachute et autres traders fous pour de douces plaisanteries. Car il n'y a là aucune spéculation : c'est sans risque financier, on ne va pas en prison, et c'est avec l'argent public. Pourquoi donc s'en priver ?
Pour couronner le tout, dans son élan d'ouverture pathétique, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, le dispense d'exercer physiquement cette nouvelle activité, afin de ne pas briser le militantisme du fonctionnaire dévoué.
Au-delà du fait que le gouvernement se retrouve à financer ceux qui vont précisément consacrer leur énergie à l'empêcher de gouverner (mais on a bien des ministres qui voteront à gauche aux prochaines municipales), cette collusion entre les dirigeants politiques et les appareils syndicaux est une dérive bien inquiétante de notre modèle que l'on veut par ailleurs montrer en exemple.
D'une manière générale, il faut se rendre compte que, sur les trois dernières décennies, les permanents de la CGT ont été multipliés par cinq alors que le nombre des adhérents a été divisé par 2,5. Il y en a encore qui se demande pourquoi le pouvoir d'achat fond comme neige au soleil…
[1] Voir le Monde du 2 janvier 2008. Selon ce même journal : "Secrétaire confédéral de la CGT en charge des retraites et spécialiste des questions économiques, Jean-Christophe Le Duigou, 59 ans, va bientôt réintégrer son administration d'origine, le ministère des finances, et être promu conservateur des hypothèques à Corbeil-Essonnes (Essonne).
Ancien directeur divisionnaire des impôts, il percevra à ce poste, l'un des mieux payés de Bercy avec celui de trésorier-payeur-général (TPG), 9 000 euros nets par mois. Il s'agit selon le cabinet du ministre du budget d'une progression de carrière tout à fait normale à la direction générale des impôts. Le syndicaliste espère ensuite faire valoir ses droits à la retraite fin 2009". Pour en savoir plus, voir aussi l'excellent édito de Patrice Planté, in la revue Pincée de Sel, numéro 13, janvier 2008.
Jean-Louis Caccomo,
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Chronique d'espérance : la gifle
Chers amis,
Il est un âge à partir duquel certains souvenirs que l'on croyait définitivement perdus refont surface en écho à une actualité par certains côtés aussi lamentable que désespérante. Je me souviens avoir pris la gifle de ma vie, dans tous les sens du terme il faut bien l'avouer. J'étais un tout jeune collégien et la scène se passait durant un cours de mathématique dans lequel j'avais plutôt tendance à m'ennuyer alors qu'un ancien militaire à la retraite devenu enseignant s'échinait à nous expliquer les bijections à l'aide de patates et de flèches. Je confesse avoir fait souffrir cet enseignant dont la pédagogie cependant n'était pas des plus alléchantes.
Ce jour là, j'écrivais des notes de musique sur mon cahier, ne prêtant plus attention à mon professeur qui avait interrompu le cours pour me regarder. Tout le monde avait les yeux fixés sur moi alors que je m'étais perdu dans mon monde, rêvant du concert que j'étais en train de composer en jetant sur le papier une ébauche de partition bien enfantine.
Le professeur s'est approché de moi et il m'a appelé. Au moment où je redressai ma tête, j'ai juste eu le temps de voir arriver sa main énorme dans ma face pour prendre une gifle retentissante, imprimant une trace persistance sur ma joue endolorie. Puis il a demandé à voir mon cahier ; il m'a regardé fixement dans les yeux pour me dire : « vous devriez écouter ce cours, il y a des mathématiques dans la musique ! ».
J'ai eu la honte de ma vie. Je me suis abstenu d'en parler à mon père qui aurait doublé le tarif.
Plus tard, bien plus tard, je me suis identifié au personnage du petit garçon mis en scène par Alan Parker dans le film musical « The Wall » du groupe Pink-Floyd, et qui se fait taper sur les doigts à l'aide d'une règle par son professeur parce qu'il écrivait des poèmes au lieu de suivre ses cours.
Pourtant, à aucun moment, je n'aurai insulté mon professeur. On tremblait déjà quand on voyait certains surveillants… Avec le recul, je me suis aperçu que j'avais pris goût aux mathématiques, découvrant Pythagore dans mes premières gammes majeures parsemées de seconde, tierce, quarte et autre septième. Aujourd'hui, je sais que l'on peut traquer les mathématiques partout, derrière le mouvement des planètes comme derrière les fluctuations boursières. J'ai même appris que ce professeur avait pris ma défense lorsque le conseiller d'orientation avait émis un avis défavorable à mon entrée dans le lycée…
Tout cela pour rebondir sur l'actualité de cette gifle qui a valu à un professeur d'être mis aux arrêts, tout cela parce que le collégien était fils d'un gendarme. Dans l'exercice de ses fonctions, j'imagine que le gendarme n'aimerait pas être traité de « connard » par un chauffard excédé d'être flashé à longueur de kilomètres. Si le pouvoir est nécessaire, l'abus de pouvoir est détestable. Il n'est pas sérieux de mélanger sa fonction professionnelle et son statut de parent. Un enfant attend de son père qu'il soit père et non un gendarme. Un parent gendarme n'a pas plus de droit que les autres. Le problème aujourd'hui, c'est que les parents portent plainte lorsque leur enfant redouble ou lorsqu'il est puni par le maître. Et l'on voudrait ensuite donner le pouvoir aux élèves de noter les professeurs ? Mais ces derniers seront terrorisés par les élèves, soumis à leurs caprices dans la peur d'être mal notés.
Pourquoi pas un parlement des enfants qui édicterait des lois qui s'imposeraient aux adultes ? L'idéologie du jeunisme consiste à croire que l'enfant est naturellement bon tandis qu'il se pervertit en grandissant, ce qui est un alibi commode à la démission des adultes dont le rôle est de rendre responsable des enfants qui, par définition, ne vivent que dans l'instant.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 18 février 2008
http://caccomo.blogspot.com/ http://cozop.com/chroniques_en_liberte
PS : je veux remercier le magazine de l'étudiant pour son enquête sur la blogosphère qui classe mon site 7ème dans le top 10 des blogs les plus influents dans le supérieur.
Voir : http://www.educpros.fr/detail-article/h/35fc40a5f9/a/blogs-dans-le-superieur-notre-top-10.html
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Il est un âge à partir duquel certains souvenirs que l'on croyait définitivement perdus refont surface en écho à une actualité par certains côtés aussi lamentable que désespérante. Je me souviens avoir pris la gifle de ma vie, dans tous les sens du terme il faut bien l'avouer. J'étais un tout jeune collégien et la scène se passait durant un cours de mathématique dans lequel j'avais plutôt tendance à m'ennuyer alors qu'un ancien militaire à la retraite devenu enseignant s'échinait à nous expliquer les bijections à l'aide de patates et de flèches. Je confesse avoir fait souffrir cet enseignant dont la pédagogie cependant n'était pas des plus alléchantes.
Ce jour là, j'écrivais des notes de musique sur mon cahier, ne prêtant plus attention à mon professeur qui avait interrompu le cours pour me regarder. Tout le monde avait les yeux fixés sur moi alors que je m'étais perdu dans mon monde, rêvant du concert que j'étais en train de composer en jetant sur le papier une ébauche de partition bien enfantine.
Le professeur s'est approché de moi et il m'a appelé. Au moment où je redressai ma tête, j'ai juste eu le temps de voir arriver sa main énorme dans ma face pour prendre une gifle retentissante, imprimant une trace persistance sur ma joue endolorie. Puis il a demandé à voir mon cahier ; il m'a regardé fixement dans les yeux pour me dire : « vous devriez écouter ce cours, il y a des mathématiques dans la musique ! ».
J'ai eu la honte de ma vie. Je me suis abstenu d'en parler à mon père qui aurait doublé le tarif.
Plus tard, bien plus tard, je me suis identifié au personnage du petit garçon mis en scène par Alan Parker dans le film musical « The Wall » du groupe Pink-Floyd, et qui se fait taper sur les doigts à l'aide d'une règle par son professeur parce qu'il écrivait des poèmes au lieu de suivre ses cours.
Pourtant, à aucun moment, je n'aurai insulté mon professeur. On tremblait déjà quand on voyait certains surveillants… Avec le recul, je me suis aperçu que j'avais pris goût aux mathématiques, découvrant Pythagore dans mes premières gammes majeures parsemées de seconde, tierce, quarte et autre septième. Aujourd'hui, je sais que l'on peut traquer les mathématiques partout, derrière le mouvement des planètes comme derrière les fluctuations boursières. J'ai même appris que ce professeur avait pris ma défense lorsque le conseiller d'orientation avait émis un avis défavorable à mon entrée dans le lycée…
Tout cela pour rebondir sur l'actualité de cette gifle qui a valu à un professeur d'être mis aux arrêts, tout cela parce que le collégien était fils d'un gendarme. Dans l'exercice de ses fonctions, j'imagine que le gendarme n'aimerait pas être traité de « connard » par un chauffard excédé d'être flashé à longueur de kilomètres. Si le pouvoir est nécessaire, l'abus de pouvoir est détestable. Il n'est pas sérieux de mélanger sa fonction professionnelle et son statut de parent. Un enfant attend de son père qu'il soit père et non un gendarme. Un parent gendarme n'a pas plus de droit que les autres. Le problème aujourd'hui, c'est que les parents portent plainte lorsque leur enfant redouble ou lorsqu'il est puni par le maître. Et l'on voudrait ensuite donner le pouvoir aux élèves de noter les professeurs ? Mais ces derniers seront terrorisés par les élèves, soumis à leurs caprices dans la peur d'être mal notés.
Pourquoi pas un parlement des enfants qui édicterait des lois qui s'imposeraient aux adultes ? L'idéologie du jeunisme consiste à croire que l'enfant est naturellement bon tandis qu'il se pervertit en grandissant, ce qui est un alibi commode à la démission des adultes dont le rôle est de rendre responsable des enfants qui, par définition, ne vivent que dans l'instant.
Jean-Louis Caccomo,
Perpignan, le 18 février 2008
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PS : je veux remercier le magazine de l'étudiant pour son enquête sur la blogosphère qui classe mon site 7ème dans le top 10 des blogs les plus influents dans le supérieur.
Voir : http://www.educpros.fr/detail-article/h/35fc40a5f9/a/blogs-dans-le-superieur-notre-top-10.html
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