Fabrice Rallo
Chers amis,
Après la tempête médiatique de ses derniers jours, il ets temps de se remettre au travail.
C'est pourquoi, avec nos amis des Jeunes Populaires et des Jeunes Actifs, nous vous donnons rendez-vous le Mercredi 16 avril 08 à 18h30 à la Permanence de l'UMP 66, 53 av Gén De Gaulle à Perpignan.
Soyez attentifs car ces rendez-vous ne sont pas exhaustifs, d'autres vont s'y rajouter !!!
Pour nous contacter par mail, c'est facile: c'est toujours à jeunesradicaux66@hotmail.fr
Et surtout continue à parler de notre blog autour de toi et fais le connaître grâce à ta mailing-liste!!!
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Tribune libre de Jean-Louis Caccomo
Herbert Marcuse : le prophète de l'antilibéralisme
Chers amis,
Herbert Marcuse (1898-1979) était un philosophe et sociologue marxiste américain d'origine allemande qui a profondément influencé l'intelligentsia de gauche. En France et aux USA, il fut un des maître-à-penser de l'antilibéralisme dont la rhétorique a fournit les principaux slogans de mai 68.
Moi qui venait d'un milieu plutôt modeste et rural (j'ai passé mon bac dans une ville de 16 000 habitants), plus je lisais Marcuse, dont la plupart de mes professeurs m'imposait la lecture approfondie, et plus mon complexe d'infériorité provinciale était renforcé tant je ne comprenais rien à ce charabia qui s'apparentait plus, dans mon esprit vierge, à une démonstration pompeuse de rhétorique savante qu'à l'énoncé limpide d'une connaissance solide qui devient ainsi accessible à tous par la magie de l'enseignement et le talent du pédagogue.
Aussi, le jour de mon partiel en "épistémologie critique", j'ai sagement récité Marcuse sans en comprendre le moindre mot, obtenant ainsi une des meilleures notes de ma promotion.
A force d'être gavé par Althusser, Gramsci, Marcuse, Rosa Luxemburg et Marx, je me demandais si j'étais bien fait pour faire des études d'économie, voire faire des études tout court.
Il y avait si peu de mérite à obtenir un diplôme en récitant une prose obscure tel un perroquet qui mime le langage humain.
De surcroit, je ressemblais si peu à l'étudiant aixois typique : paraître et penser à gauche tout en habitant dans la belle bastide provençale du papa avocat ou de la maman médecin.
Au total, il me semblait que je n'apprenais pas grand-chose du monde réel qui m'attendait et j'avais peu de temps à consacrer aux envolées verbales de ces prophètes d'un autre monde.
Et oui, le temps c'est de l'argent ; et cet argent, je ne pouvais pas le soutirer à volonté à mes parents et en priver mes frère et sœurs.
Heureusement, d'autres professeurs m'ont fait entrevoir la lumière dans les études d'économie et le bonheur de la connaissance, ce qui me motiva à continuer. Qu'ils en soient remerciés pour toujours.
Avec le recul, ce que je lis désormais entre les lignes de ce penseur de la révolution m'apparait trop clair et frise l'escroquerie intellectuelle. Marcuse a atteint les sommets de la dialectique en prônant le concept de "tolérance répressive" par lequel il s'opposait carrément à la liberté de parole [1].
Ce droit fondamental dans la philosophie libérale était alors considéré par Marcuse comme un "concept bourgeois" favorisant l'ordre établi au profit des riches dans un raisonnement dont la logique est inversement proportionnelle à la rigueur. Mais puisque ce droit était vigoureusement défendu par des libéraux, il était forcément douteux.
Si l'on suit le raisonnement de Marcuse, la liberté de parole favorise les riches et les puissants puisqu'elle aboutit à une profusion d'idées et de concepts face à laquelle les plus modestes ne sont pas armés.
On retrouve d'ailleurs les mêmes arguments qui permettent de fustiger internet pour tenter de le contrôler et c'est dans cet esprit qu'une véritable école libre ne saurait être tolérée par le monopole de l'Education Nationale.
On voit ainsi comment une logique apparente atteint les sommets de la dialectique : au nom de la liberté, on veut supprimer la liberté de la même manière qu'au nom du peuple, on en arrive à opprimer le peuple.
Les régimes totalitaires ne se qualifient-ils pas de "démocratiques" ? Telle est l'effroyable logique révolutionnaire : elle suppose de détourner le sens même des mots comme la magistralement illustré Orwell dans son roman "1984".
Mais c'est une logique apparente fondée sur des contresens et sur l'usurpation du langage et du vocabulaire.
Les paradoxes de Zénon ont l'apparence de la logique. Avant d'atteindre la cible, la flèche doit passer par le point A qui est à mi-distance entre le tireur à l'arc et la cible.
Mais avant d'atteindre le point A, elle doit passer par A' qui est lui-même à mi-distance entre le tireur et le point A. Mais avant d'atteindre A', elle doit passer par A'', A''' …en somme, elle n'atteindra jamais la cible.
Le raisonnement a l'air logique, pourtant le résultat est faux. Les mathématiciens grecs ont flanché devant ce paradoxe. Mais au cours des siècles les mathématiciens ont affiné les concepts mathématiques pour lever le paradoxe, approfondissant du même coup la connaissance des mathématiques et le champ de la rigueur.
En sciences sociales ou humaines, les experts n'ont pas toujours les mêmes scrupules ni les mêmes intentions. La dialectique marxiste est d'ailleurs le pur produit de cette démarche usurpatrice.
Marx lui-même qualifiait d'ailleurs la logique de "science bourgeoise" ; c'est pourquoi il proposait une nouvelle méthodologique qualifiée de "matérialisme dialectique" au service d'une "science prolétarienne" qui a conduit à Lyssenko.
C'est au nom de ce matérialisme dialectique que Marcuse prônait "l'intolérance envers les libéraux" qui défendent toutes les libertés et donc la liberté de parole – consigne qui a été strictement suivie à l'université qui est devenue un lieu de rééducation politique – afin de sauver la liberté véritable et la tolérance véritable.
En somme, la liberté de parole défendue par le libéralisme n'est pas la vraie liberté et seule la parole de Marcuse libère. Marcuse se donne le droit d'être intolérant au nom de la vraie tolérance dont lui seul connait les clés.
On comprendra pourquoi une telle philosophie, lorsqu'elle cautionne un programme politique, ne peut qu'aboutir à des régimes meurtriers et concentrationnaires. On comprendra aussi pourquoi je suis las d'entendre le refrain nostalgique des porte-drapeaux de mai 68.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
[1] Voir à ce propos la contribution de Steve Frankel "1968 : l'année de la tragique illusion aux Etats-Unis" in Liquidez mai 68 ? sous la direction de Grimpret M. et Delsol C., Presses de la Renaissance, Paris 2008.
Herbert Marcuse (1898-1979) était un philosophe et sociologue marxiste américain d'origine allemande qui a profondément influencé l'intelligentsia de gauche. En France et aux USA, il fut un des maître-à-penser de l'antilibéralisme dont la rhétorique a fournit les principaux slogans de mai 68.
Moi qui venait d'un milieu plutôt modeste et rural (j'ai passé mon bac dans une ville de 16 000 habitants), plus je lisais Marcuse, dont la plupart de mes professeurs m'imposait la lecture approfondie, et plus mon complexe d'infériorité provinciale était renforcé tant je ne comprenais rien à ce charabia qui s'apparentait plus, dans mon esprit vierge, à une démonstration pompeuse de rhétorique savante qu'à l'énoncé limpide d'une connaissance solide qui devient ainsi accessible à tous par la magie de l'enseignement et le talent du pédagogue.
Aussi, le jour de mon partiel en "épistémologie critique", j'ai sagement récité Marcuse sans en comprendre le moindre mot, obtenant ainsi une des meilleures notes de ma promotion.
A force d'être gavé par Althusser, Gramsci, Marcuse, Rosa Luxemburg et Marx, je me demandais si j'étais bien fait pour faire des études d'économie, voire faire des études tout court.
Il y avait si peu de mérite à obtenir un diplôme en récitant une prose obscure tel un perroquet qui mime le langage humain.
De surcroit, je ressemblais si peu à l'étudiant aixois typique : paraître et penser à gauche tout en habitant dans la belle bastide provençale du papa avocat ou de la maman médecin.
Au total, il me semblait que je n'apprenais pas grand-chose du monde réel qui m'attendait et j'avais peu de temps à consacrer aux envolées verbales de ces prophètes d'un autre monde.
Et oui, le temps c'est de l'argent ; et cet argent, je ne pouvais pas le soutirer à volonté à mes parents et en priver mes frère et sœurs.
Heureusement, d'autres professeurs m'ont fait entrevoir la lumière dans les études d'économie et le bonheur de la connaissance, ce qui me motiva à continuer. Qu'ils en soient remerciés pour toujours.
Avec le recul, ce que je lis désormais entre les lignes de ce penseur de la révolution m'apparait trop clair et frise l'escroquerie intellectuelle. Marcuse a atteint les sommets de la dialectique en prônant le concept de "tolérance répressive" par lequel il s'opposait carrément à la liberté de parole [1].
Ce droit fondamental dans la philosophie libérale était alors considéré par Marcuse comme un "concept bourgeois" favorisant l'ordre établi au profit des riches dans un raisonnement dont la logique est inversement proportionnelle à la rigueur. Mais puisque ce droit était vigoureusement défendu par des libéraux, il était forcément douteux.
Si l'on suit le raisonnement de Marcuse, la liberté de parole favorise les riches et les puissants puisqu'elle aboutit à une profusion d'idées et de concepts face à laquelle les plus modestes ne sont pas armés.
On retrouve d'ailleurs les mêmes arguments qui permettent de fustiger internet pour tenter de le contrôler et c'est dans cet esprit qu'une véritable école libre ne saurait être tolérée par le monopole de l'Education Nationale.
On voit ainsi comment une logique apparente atteint les sommets de la dialectique : au nom de la liberté, on veut supprimer la liberté de la même manière qu'au nom du peuple, on en arrive à opprimer le peuple.
Les régimes totalitaires ne se qualifient-ils pas de "démocratiques" ? Telle est l'effroyable logique révolutionnaire : elle suppose de détourner le sens même des mots comme la magistralement illustré Orwell dans son roman "1984".
Mais c'est une logique apparente fondée sur des contresens et sur l'usurpation du langage et du vocabulaire.
Les paradoxes de Zénon ont l'apparence de la logique. Avant d'atteindre la cible, la flèche doit passer par le point A qui est à mi-distance entre le tireur à l'arc et la cible.
Mais avant d'atteindre le point A, elle doit passer par A' qui est lui-même à mi-distance entre le tireur et le point A. Mais avant d'atteindre A', elle doit passer par A'', A''' …en somme, elle n'atteindra jamais la cible.
Le raisonnement a l'air logique, pourtant le résultat est faux. Les mathématiciens grecs ont flanché devant ce paradoxe. Mais au cours des siècles les mathématiciens ont affiné les concepts mathématiques pour lever le paradoxe, approfondissant du même coup la connaissance des mathématiques et le champ de la rigueur.
En sciences sociales ou humaines, les experts n'ont pas toujours les mêmes scrupules ni les mêmes intentions. La dialectique marxiste est d'ailleurs le pur produit de cette démarche usurpatrice.
Marx lui-même qualifiait d'ailleurs la logique de "science bourgeoise" ; c'est pourquoi il proposait une nouvelle méthodologique qualifiée de "matérialisme dialectique" au service d'une "science prolétarienne" qui a conduit à Lyssenko.
C'est au nom de ce matérialisme dialectique que Marcuse prônait "l'intolérance envers les libéraux" qui défendent toutes les libertés et donc la liberté de parole – consigne qui a été strictement suivie à l'université qui est devenue un lieu de rééducation politique – afin de sauver la liberté véritable et la tolérance véritable.
En somme, la liberté de parole défendue par le libéralisme n'est pas la vraie liberté et seule la parole de Marcuse libère. Marcuse se donne le droit d'être intolérant au nom de la vraie tolérance dont lui seul connait les clés.
On comprendra pourquoi une telle philosophie, lorsqu'elle cautionne un programme politique, ne peut qu'aboutir à des régimes meurtriers et concentrationnaires. On comprendra aussi pourquoi je suis las d'entendre le refrain nostalgique des porte-drapeaux de mai 68.
Jean-Louis Caccomo
http://caccomo.blogspot.com/
http://cozop.com/chroniques_en_liberte
[1] Voir à ce propos la contribution de Steve Frankel "1968 : l'année de la tragique illusion aux Etats-Unis" in Liquidez mai 68 ? sous la direction de Grimpret M. et Delsol C., Presses de la Renaissance, Paris 2008.