Jeunes Radicaux du Nord

Jean-Louis BORLOO

L'incroyable Jean-Louis Borloo

23/12/2009 - 13:16

Publié le 23/12/2009 - Modifié le 23/12/2009 N°1944 Le Point

En vogue. Le populaire ministre de l’Ecologie est devenu une pièce maîtresse du dispositif Sarkozy. Qu’en fera-t-il ?


L'incroyable Jean-Louis Borloo
C’est une histoire invraisemblable, que personne n’aurait pu prédire il y a deux ans. Quand Jean-Louis Borloo quitta, la mort dans l’âme, le ministère des Finances pour remplacer Alain Juppé à l’Ecologie, il commença par bouder un peu, ne jugeant pas ses nouvelles responsabilités, malgré un titre ronflant de ministre d’Etat, à la hauteur des précédentes. Bercy, c’était le coeur du pouvoir pour ce marginal, certes talentueux, mais guère pris au sérieux dans le microcosme et encore moins par « Les guignols de l’info ». Etre devenu le grand trésorier de l’Etat constituait enfin la reconnaissance attendue. Comment réagir ? Faire contre mauvaise fortune bon coeur. Peu à peu, le ronchon Borloo s’est envolé vers des sujets compliqués avec des idées pas encore tout à fait claires.

Et puis il s’y est mis. Carrément. Tant et si bien qu’il a fini par trouver passionnants ses nouveaux sujets : quoi de plus important, finalement, que l’avenir de la planète ? Du coup, le voilà aujourd’hui, contre toute attente, comme un prince à Copenhague, à tu et à toi avec tous les dirigeants du globe. Son secret ? Il s’est investi à fond, potassant ses dossiers, faisant le tour du monde, plaidant sa cause avec une fougue inépuisable. Cet avocat de formation a même réussi à convertir Nicolas Sarkozy, ce qui n’était pas évident au départ.

Capital politique

D’abord un peu sceptique sur l’efficacité de son bouillant ministre, le chef de l’Etat l’a regardé faire et beaucoup écouté. Il a été bluffé par la méthode Borloo, aussi convaincant à l’étranger que dans l’hémicycle, où il obtint un vote à l’unanimité pour son Grenelle de l’environnement. Aujourd’hui, il règne sur un domaine très à la mode, politiquement porteur et flatteur pour ceux qui s’en occupent. Avec une super-cote de popularité, qui ne se dément pas, il est une pièce maîtresse du dispositif Sarkozy.

Si le président français parvient à quelque résultat à Copenhague, ce sera largement grâce à lui. Et si la poussée verte est contenue à gauche lors des prochaines régionales, ce sera encore à mettre à son actif. Il est désormais à la tête d’un capital politique important. Que va-t-il en faire ? Lui-même ne semble pas encore s’en préoccuper, étant l’homme d’un seul dossier. Mais, une fois Copenhague passé et ses deux Grenelle entérinés, il aura rempli l’essentiel de sa mission. Certes, il peut décider de vivre sur son capital. Il pourrait aussi songer à viser d’autres objectifs. Plusieurs options, dorénavant, sont bel et bien ouvertes.

En mai 2008, après avoir passé un an à l’hôtel de Roquelaure, il confiait déjà, pas peu fier de ses premiers succès : « Le seul truc qui pourrait m’amuser, c’est de participer à la présidentielle de 2012, pour moi-même ou un pote qui ait mes idées. J’ai tout fait. J’ai pas d’ego. Mais avant de tirer ma révérence... » Il mourait d’envie de dire « sa » vérité, avec laquelle il considérait que le chef de l’Etat était un peu brouillé. Il bouillait de souligner le coût, pour le pays, des heures sup qui, additionnées aux RTT, s’élève selon lui à 35 milliards d’euros par an. Il se désolait que le président ne semble pas se soucier des lendemains qui déchantent. Il soulignait à quel point il était un homme libre : « Personne ne me voit comme un joueur politique alors que ce poste de numéro deux, c’est énorme. J’ai quitté ma ville. J’ai conquis mon parti. Je détiens le portefeuille fabriqué sur mesure pour Juppé. » Mais il assurait en même temps : « Sarkozy peut compter sur ma correction. » Un an plus tard, nouvelles confidences du ministre toujours plus successfull . Il se félicite d’avoir obtenu de l’hôte de l’Elysée tout ce qu’il souhaitait en termes d’attribution à l’occasion du remaniement. Le chef de l’Etat y a même ajouté la responsabilité des négociations internationales. Une tâche dont s’est acquitté le ministre d’Etat avec l’énergie que l’on sait. Il reconnaît alors avoir « pris du poids politique » .

Dire sa vérité

Se lancera-t-il pour autant, au sommet de sa gloire, dans une aventure personnelle ? Il est toujours titillé par l’idée de dire la vérité sur l’état des comptes de la France. Il se demande quand les Français prendront conscience de l’état des lieux et s’ils en rendront responsable le chef de l’Etat. Il promet de dire un jour ce qu’il pense, persuadé que le vieillissement de la population rend les Français plus sensibles qu’auparavant à la sécurité pécuniaire de leurs enfants. Se voit-il en Zorro ? Il n’a pas encore choisi. Trois possibilités, pense-t-il, lui sont offertes : soit il reste au gouvernement et il se tait, soit il l’ouvre tout en restant, soit il s’en va. « J’ai pas décidé », dit-il sur ce ton inimitable qui trompe son monde. On le croit en train de blaguer, il est en réalité tout à fait sérieux.

C’est ce que Nicolas Sarkozy a découvert. Le président a changé d’idée sur lui. « Il porte maintenant assez d’estime à Borloo pour le nommer à Matignon, affirme un proche conseiller du chef de l’Etat, surtout si la gauche est menaçante . » Sarkozy le fera d’autant plus volontiers qu’il ne croit pas aux chances de Borloo au-delà : « Il aime le combat [des idées], mais pas les conflits [de personnes]. » Or, pour entrer à l’Elysée, il faut savoir tuer. Borloo, pour le meilleur ou pour le pire, en serait incapable. A lui, éventuellement, de prouver le contraire. Ou, comme il en a souvent la tentation, de tirer sa révérence.

Partager
Jeunes Radicaux du Nord
Rédigé par Jeunes Radicaux du Nord le 23/12/2009 à 13:16

Source AFP

PARIS — Le président du Parti radical et ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a souhaité dimanche, devant les militants de son parti réunis en congrès à Paris, entrer "dans une société à responsabilité sociale et écologique".


Xavier Bertrand, le maire de Nancy André Rossinot, Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé, chantent la Marseillaise à l'issue du 110e congrès du Parti Radical, le 29 novembre à Paris.
Xavier Bertrand, le maire de Nancy André Rossinot, Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé, chantent la Marseillaise à l'issue du 110e congrès du Parti Radical, le 29 novembre à Paris.
Clôturant le 110e congrès du Parti radical, partenaire de la majorité présidentielle, en présence notamment du secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand et des présidents des groupes UMP à l'Assemblée et au Sénat, Jean-François Copé et Gérard Longuet, Jean-Louis Borloo a consacré l'essentiel de son discours à la prochaine conférence de Copenhague sur le climat, qu'il a qualifiée d'"opportunité formidable de changer le monde".

La crise, a-t-il dit, ce n'est pas seulement une crise financière, "c'est le début de la mutation". "Au fond, Copenhague, c'est Pittsburgh 2", a-t-il poursuivi, en référence au sommet du G20 qui s'était réuni en septembre pour jeter les bases d'une nouvelle gouvernance économique et financière.

Evoquant longuement la préparation du sommet de Copenhague - de la recherche d'un accord entre pays européens en décembre 2008 au déplacement du président Nicolas Sarkozy au Brésil ou de sa propre visite-éclair à Pékin - le ministre de l'Ecologie a déclaré avoir ainsi "compris que c'était une opportunité formidable de changer le monde".

"Le XXe siècle, c'était une société anonyme", a estimé M. Borloo. "Il faut dissoudre cette société anonyme pour rentrer dans une société à responsabilité sociale et écologique" et pour créer "ce nouveau monde, il va falloir qu'on ait de l'imagination", a-t-il ajouté.

Réélu le 16 novembre à la tête du plus vieux parti de France, fondé en 1901, le ministre d'Etat, également vice-président de l'UMP, a par ailleurs jugé que sa formation politique "(pouvait) être fière d'être dans cette majorité" et qu'elle serait "là de manière extrêmement présente" dans la campagne des régionales.

Auparavant, le numéro un de l'UMP Xavier Bertrand avait assuré les militants du parti radical qu'il "(avait) besoin" d'eux. "Nous ne nous arrêterons pas là pour la représentation du parti radical sur les listes" pour les régionales, leur a-t-il promis.

Pour l'instant, le parti radical compte une tête de liste régionale, Laurent Hénart en Lorraine qui conduira aussi la liste en Meurthe-et-Moselle, et quatre autres têtes de liste départementales.

Au cours de son congrès, réuni depuis samedi à Paris, le parti radical a adopté une résolution sur les collectivités locales dans laquelle il "émet de profondes réserves sur le mode de scrutin envisagé" pour la désignation des futurs conseillers territoriaux, souhaitant qu'une "plus grande place soit donnée" à la proportionnelle.

Il a aussi décidé l'élaboration dans les prochains 18 mois d'un nouveau "Manifeste radical" s'appuyant sur une consultation "la plus large possible" des militants et instances du parti. Un Congrès extraordinaire, convoqué en 2011, devra ensuite se prononcer notamment sur les conditions de la participation du parti au scrutin présidentiel de 2012.


Partager

Jeunes Radicaux du Nord
Rédigé par Jeunes Radicaux du Nord le 30/11/2009 à 13:41