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Réforme de l'Université
Comment ne peut-on s'émouvoir des mouvements de blocage des facultés. Non seulement ces pratiques sont contraires à la démocratie, mais plus encore elles sont le fruit d'une minorité, le plus souvent proche de l'extrême gauche, incapable de regarder avec franchise la situation de l'université. En outre, l'effet « loupe » des médias nous laisse à penser qu'une large majorité d'étudiants seraient contre la réforme de l'Université. Il n'en est rien puisque le plus souvent les étudiants ne sont pas politisés, mal informés et, de fait, hésitent à se prononcer ou paraissent désintéressés.

Aussi, il convient, dans un souci de pédagogie, de présenter pourquoi cette loi, première étape d'une véritable réforme du système universitaire, est une nécessité.

Les tenants du blocage nous expliquent, d'une manière générale, qu'il est scandaleux que l'entreprise prenne place au sein des Universités. Ils oublient donc deux problèmes majeurs dont souffre notre enseignement supérieur.
D'une part, un problème financier : l'Etat et les entreprises n'investissent pas assez. Des milliers d'étudiants le constatent chaque jour par le manque de livres, d'ordinateurs et le délabrement des locaux…
D'autre part, l'Université est très largement coupée du monde de l'entreprise. Nombre d'étudiants découvrent le monde professionnel au terme de leur cursus sans, finalement, y avoir été préparés.

Dans cet esprit, comment ne pas voir une avancée avec la loi Pécresse. Elle permet l'entrée des entreprises dans le capital des facultés afin d'augmenter le financement de la recherche qui est, est-il nécessaire de le rappeler, la clé de la croissance pour les années à venir. De surcroît, cette participation s'inscrit dans le développement des pôles de compétitivité qui permettent de créer des passerelles entre le monde de l'entreprise, de l'Université et de la recherche. D'inspiration anglo-saxonne, ce modèle reprend les principes de fonctionnement des clusters. Les étudiants, par ce biais, sont intégrés plus facilement au monde de l'entreprise. Il est impératif de développer ces pôles d'excellence qui doivent se tourner vers les spécificités relatives au bassin d'emploi d'un département.
Cette participation des entreprises dans le financement des Universités induit, nécessairement, qu'elles prennent place au sein du conseil d'administration. Il est actuellement prévu que les acteurs économiques occupent jusqu'à 40% du conseil d'administration de l'Université ; à voir effectivement à l'usage, si cette proportion est des plus pertinente.

Par ailleurs, et plus largement, cette loi ne va pas assez loin puisqu'elle a non seulement écarté le principe de la sélection à l'entrée de l'Université mais de revalorisation des frais d'inscription selon certaines conditions.
L'égalité n'est pas l'équité, aujourd'hui, 90 000 jeunes quittent chaque année l'enseignement supérieur sans y obtenir de diplôme, on ne peut pas fermer les yeux. Des pays comme la Finlande ont opté pour l'instauration d'un numerus clausus et un concours à l'entrée de l'Université. En ce sens, les flux d'entrée dans chaque filière sont adaptés aux débouchés, on éloigne le spectre du gâchis humain SI cela est fait de manière intelligente selon les filières.
Cependant, ces mesures vont de pair, d'une part, avec le prolongement de la politique de revalorisation des filières professionnelles engagés à l'époque par Jean-Louis Borloo mais aussi, d'autre part, avec le développement d'un vrai service public de l'orientation, bien plus présent que les CIO, et n'ayant pas qu'un rôle de « description » des filières. Elle sera ouverte à tous les partenaires, dont les compétences concernent l'information, le conseil en orientation, l'accompagnement des projets, l'insertion professionnelle, la méthodologie de la recherche d'emploi. Enfin, au sujet des frais d'inscriptions, il s'agit, comme l'a fait Science Po Paris, de les rendre modulables, basés sur les revenus des parents. Il va de soi que les frais ne dépasseront pas un montant raisonnable, qu'ils seront échelonnés en fonction des revenus de chacun, la gratuité sera maintenue pour les plus modestes et une partie de ces frais sera consacrée à l'augmentation des aides pour les étudiants les plus modestes.

Nous appelons à une démarche constructive de débat pour qu'enfin la jeunesse française ne soit plus celle de l'immobilisme et des conservatismes.

Cf: Etudiants contre les blocages ECB



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