LA CONFUSION DES SYMBOLES La chronique européenne de Sophie Didier
Sophie Didier
Le 14 juillet prochain, les vingt-sept armées nationales des Etats membres de l'Union européenne seront représentées lors du défilé militaire sur les Champs-Élysées.
De prime abord, cette décision présidentielle hautement symbolique peut réconforter, à peine deux semaines après que l'Union européenne ait renoncer à intégrer ses symboles dans le futur Traité simplifié.
Mais rapidement, les contradictions s'enchaînent, et laissent songeur quant à l'opportunité réelle de cette décision.
La menace ressentie par les détracteurs du Traité constitutionnel, qui aurait été exercée par une Union européenne plus politisée sur les identités nationales, a pu justifier l'engagement britannique, polonais et danois à demander le retrait de toute allusion aux symboles de l'Union dans le futur traité, et la promptitude française et allemande à l'accepter.
A contrario, l'invitation adressée aux vingt-sept Etats membres à venir commémorer ensemble le 14 juillet, aurait du peut-être combler les concessions faites au bénéfice d'un déblocage institutionnel en demi-teinte.
Or, la commémoration n'a de sens que si elle fait appel à des faits historiques considérés par la communauté qui la célèbre comme fondateurs de ses valeurs et de son identité collective.
En quoi le 14 juillet est-il fondateur de l'Europe d'aujourd'hui ?
De deux choses l'une :
- soit le message présidentiel est d'afficher le « retour de la France en Europe » jusque dans l'amalgame entre des symboles dont la résonance est avant tout nationale, et des symboles européens qui ont du mal à s'imposer. Et dans ce cas, quelle chance leur laissons nous d'éclore ?
Pour nos voisins européens, nous risquons, par ailleurs, de donner le sentiment que la France « se prend pour l'Europe toute entière ». Et de nous voir reprocher, après avoir contribué en 2005 à restreindre l'ambition d'une Europe politique, de vouloir maintenant la façonner à l'image de la France.
- soit le message présidentiel se veut plus pédagogique : puisque les Français sont réticents à se tourner vers l'Europe, amenons l'Europe jusqu'à eux. Mais pour cela, le risque est grand de braquer des esprits adoucis par le volontarisme récent et les discours d'ouverture de Nicolas Sarkozy sur l'Europe en « kidnappant » une date populaire au profit d'un espace que trop de Français encore ont en aversion.
D'autres dates auraient été plus propices à ce défilé commun, dont il n'est pas question, ici, de contester la force symbolique, à condition qu'elle serve la cause qui lui sied: imaginons, le 8 mai 2008, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement passer ensemble en revue les représentants de leurs armées, ou bien encore le 9 novembre 2009 pour les vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin…
S'il y a la place, aujourd'hui, pour les tentatives de conquête, par un Etat membre, de l'espace symbolique européen, c'est parce que les symboles de l'Union européenne trahissent encore son caractère élitiste, volontariste et non populaire. Si fondatrice et visionnaire la déclaration Schuman ait-elle été, si redevable l'Union européenne lui soit-elle, le discours d'un Ministre des Affaires étrangères ne peut égaler l'empreinte qu'un mouvement populaire peut laisser dans l'imaginaire collectif.
La prise de la Bastille résulta de mouvements populaires spontanés. La chute du mur de Berlin aussi. Si l'Union européenne a vocation, un jour, à incarner une communauté de destin des peuples européens et, surtout, à être reconnue comme telle, alors les peuples doivent pouvoir se reconnaître en elle, par la référence à des faits qu'ils ont contribué à façonner, ou qui tout simplement leur « parlent ». Mais sans mélange des genres, et sans confusion des mémoires.
De prime abord, cette décision présidentielle hautement symbolique peut réconforter, à peine deux semaines après que l'Union européenne ait renoncer à intégrer ses symboles dans le futur Traité simplifié.
Mais rapidement, les contradictions s'enchaînent, et laissent songeur quant à l'opportunité réelle de cette décision.
La menace ressentie par les détracteurs du Traité constitutionnel, qui aurait été exercée par une Union européenne plus politisée sur les identités nationales, a pu justifier l'engagement britannique, polonais et danois à demander le retrait de toute allusion aux symboles de l'Union dans le futur traité, et la promptitude française et allemande à l'accepter.
A contrario, l'invitation adressée aux vingt-sept Etats membres à venir commémorer ensemble le 14 juillet, aurait du peut-être combler les concessions faites au bénéfice d'un déblocage institutionnel en demi-teinte.
Or, la commémoration n'a de sens que si elle fait appel à des faits historiques considérés par la communauté qui la célèbre comme fondateurs de ses valeurs et de son identité collective.
En quoi le 14 juillet est-il fondateur de l'Europe d'aujourd'hui ?
De deux choses l'une :
- soit le message présidentiel est d'afficher le « retour de la France en Europe » jusque dans l'amalgame entre des symboles dont la résonance est avant tout nationale, et des symboles européens qui ont du mal à s'imposer. Et dans ce cas, quelle chance leur laissons nous d'éclore ?
Pour nos voisins européens, nous risquons, par ailleurs, de donner le sentiment que la France « se prend pour l'Europe toute entière ». Et de nous voir reprocher, après avoir contribué en 2005 à restreindre l'ambition d'une Europe politique, de vouloir maintenant la façonner à l'image de la France.
- soit le message présidentiel se veut plus pédagogique : puisque les Français sont réticents à se tourner vers l'Europe, amenons l'Europe jusqu'à eux. Mais pour cela, le risque est grand de braquer des esprits adoucis par le volontarisme récent et les discours d'ouverture de Nicolas Sarkozy sur l'Europe en « kidnappant » une date populaire au profit d'un espace que trop de Français encore ont en aversion.
D'autres dates auraient été plus propices à ce défilé commun, dont il n'est pas question, ici, de contester la force symbolique, à condition qu'elle serve la cause qui lui sied: imaginons, le 8 mai 2008, les 27 chefs d'Etat et de gouvernement passer ensemble en revue les représentants de leurs armées, ou bien encore le 9 novembre 2009 pour les vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin…
S'il y a la place, aujourd'hui, pour les tentatives de conquête, par un Etat membre, de l'espace symbolique européen, c'est parce que les symboles de l'Union européenne trahissent encore son caractère élitiste, volontariste et non populaire. Si fondatrice et visionnaire la déclaration Schuman ait-elle été, si redevable l'Union européenne lui soit-elle, le discours d'un Ministre des Affaires étrangères ne peut égaler l'empreinte qu'un mouvement populaire peut laisser dans l'imaginaire collectif.
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Nous contacter: jeunesradicaux54@gmail.com
Responsable départementale: Annabelle Ferry annabelle.ferry@jeunesradicaux.net
Permanence du Parti Radical de Meurthe et Moselle: 8, rue Bailly – 54000 NANCY
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