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Et si on en parlait...
Les centres éducatifs fermés : un bon début
Mercredi 28 Février 2007A la suite de notre billet sur le doit pénal, il paraît intéressant, après quatre ans d’existence, de faire la lumière sur les centres éducatifs fermés.
« Quatre ans et des résultats encourageants », tel aurait pu être le titre de notre billet.
Les centres éducatifs fermés sont destinés « à recevoir pendant une durée de six mois renouvelable des mineurs de 13 à 18 ans, placés sous contrôle judiciaire ou ayant fait l’objet d’une condamnation assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve ». Le principe étant de leur éviter la prison qui, de notre point de vue, en tant que facteur déstructurant, condamne un citoyen, déjà déstructuré, à ne pas s’en sortir.
Certains tenants du conservatisme avaient émis des réserves avant même la mise en place de ces centres. En effet, ils mettaient en doute leur capacité à aider des jeunes dans la mesure où on retrouvait un aspect coercitif, en termes de liberté, puisque on ne peut y entrer et sortir à guise, de même que la sanction est un facteur très présent. En d’autres termes, les centres sont clôturés et s’il y a transgression du règlement intérieur, il y a pénalité. Cela semble, tout de même, la moindre des choses : afin de réapprendre à vivre en communauté il faut déjà assimiler les règles de vie commune à une petite échelle. De plus, la dimension éducative prend son sens lorsque l’on connaît la récompense qu’il y a la clé. C'est-à-dire la liberté de réintégrer la société munie des codes nécessaires pour y évoluer sereinement sans se compromettre et compromettre autrui.
Notons, et cela est important, que la circulation des jeunes à l’intérieur du centre n’est pas entravée. Par exemple, il n’y a pas de barreaux aux fenêtres etc. Nous sommes, par conséquent, loin de la prison.
De plus, les jeunes bénéficient d’un encadrement pédagogique assuré par des éducateurs et des assistants médico-psychologiques avec pour objectif qu’ils retrouvent des repères.
Aujourd’hui, on compte 25 centres éducatifs fermés et 856 jeunes ont été pris en charge par ces structures depuis leur ouverture. Les chiffres avancés par le ministre font état de 62% de jeunes mineurs qui ne récidivent pas, soit deux tiers. Ce résultat est à relativiser car il ne concerne que la première année qui suit le placement. Il est donc nécessaire de prendre encore un peu de recul pour juger de l’efficacité sur le long terme.
Le problème majeur de ces centres est le coût estimé à 500 euros par jeune et par jour.
Il paraît donc nécessaire de réfléchir sur la manière de structurer ces centres afin d’en faire baisser le coût.
En dépit de ce problème, le bilan prouve qu’un encadrement renforcé des mineurs, associé à un programme d’activités intensif, permet une réinsertion des jeunes au moins à court terme puisque nous ne pouvons nous prononcer, à l’heure actuelle, sur le long terme.
En outre, en 2005, après 2 ans d’expérience, les quarante magistrats de la jeunesse qui s’étaient exprimés dans le cadre de l’évaluation de ces centres confirmaient que le placement en centres éducatifs fermés constituait une réelle alternative à l’incarcération.
Au-delà du débat sur les centres éducatifs fermés, on notera que le droit à l’expérimentation doit être exploré dans notre société puisqu’il fait naître de nouvelles possibilités. En cela, il semble clairement que le progressisme soit incarné au sein du centre et de la droite.