Le Parti Radical: le pôle social de la droite et du centre mené par Jean-Louis Borloo

Julien Anthonioz-Blanc
Julien Anthonioz-Blanc
Responsable des Jeunes Radicaux de l'Isère
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Débat sur la recherche du plein emploi
A l'article précédent, Aurélien a soulevé la question de la recherche du plein emploi avec le commentaire suivant :
"
sur le plein emploi, j'ai quand même une question: est-ce que c'est le plein emploi comme aux Etats-Unis d'Amérique ou comme au Royaume Uni?
Si oui, à quoi sert une société de plein emploi qui a proportionnellement plus de pauvres que la France et son chômage plus élevé?
c'est une vraie question, merci de m'éclairer...
en bref: à quoi sert une économie qui "se porte mieux" si elle porduit plus de pauvres?
"

Ce débat est crucial. Qu'en pensez-vous ?

Voici mes éléments de réponse. Tout d'abord, je ne vois pas de différence essentielle entre le plein emploi des USA et celui du Royaume Uni. Ce sont des plein emploi autour de 5%. Plein emploi, cela signifie dans les têtes françaises un taux de chomage tendant vers 0%. En réalité, ce taux de 5% pour les Anglais et les US est considéré comme un plein emploi du fait des théories économiques les plus largement admises. Le raisonnement qui sous-tend tout ça est celui qui amène à calculer le NAIRU : Non accelerating Inflation Rate of Unemployment, taux de chomage n'accélérant pas l'inflation. En dessous de ce taux de chomage, l'inflation devient croissante. Descendre en dessous est donc un non-sens. On peut aussi parler de chomage structurel : la valeur de ce NAIRU dépend en effet du pays et de son économie. Aux US et dans le Royaume-Uni il est autour de 4%, en France il est plutôt autour de 8 %. C'est pourquoi Francis Mer, il y a 5 ans répétait qu'il voulait s'attaquer surtout au chômage structurel et non au conjoncturel.
Taux de chômage : taux de chômage structurel + taux de chômage conjoncturel
Personne ne sera choqué que quand l'économie va mal, mécaniquement le taux de chômage augmente, puis baisse quand ça va mieux. Par contre, pour que le taux de chômage toujours relativement bas, il faut que le taux de chômage structurel soit le plus faible possible.
Avec un coût du travail élevé, le taux ce chômage structurel augmente, c'est mécanique. C'est pourquoi on fait tant d'exonérations fiscales sur les salaires proches du SMIC.

On peut aussi jouer sur d'autres mécanismes, comme avec les services à la personne : il faut que l'emploi des uns crée l'emploi des autres. De même, on peut voir qu'un pays où ceux qui ont un salaire consomme des produits locaux est un pays où le taux de chômage structurel est plus faible que celui où ceux qui ont un salaire génère de l'emploi à l'étranger.

Il y a donc bien des mécanismes à utiliser ou à imaginer. Je signale que c'est le rapport Pébereau qui a lancé l'idée des services à la personne.

Enfin, je signale juste une de mes inquiétudes : j'ai appris il y a longtemps que les Britanniques avaient un taux de chômage bien plus faible que nous mais beaucoup de travailleurs pauvres. Force est de constater que nous aussi avons désormais des travailleurs pauvres.

Je ferai bientôt un article pour résumer les propositions de Borloo dans son livre L'architecte et l'horloger , maintenant qu'il est à l'Economie et à l'Emploi, il y a de bonnes chances pour que son programme de gouvernement s'applique.

Une remarque pour conclure ce long article : souvenez-vous Ségolène Royal qui voulait relancer la croissance pour diminuer le chômage. Elle ne jouait donc que sur le chômage conjoncturel mais n'améliorait en rien le taux de chômage conjoncturel, donc la situation à long terme. Elle nous aurait endetté à court terme pour améliorer la situation de court terme et à long terme nous aurions eu et le chômage et la dette.
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Mardi 22 Mai 2007 à 19:17

Borloo dit 'oui'

Mardi 15 Mai 2007

Activités des Radicaux de l'Isère

Borloo dit 'oui'
Jean-Louis Borloo a répondu au Président des Radicaux de Gauche : pour lui c'est oui, oui à la réunification des radicaux !

Alors, sympathisants manifestez-vous si vous voulez être associés au lancement d'un nouveau mouvement, il y aura des valeurs à porter, des idées à avancer, un dynamisme fort et au centre.

Je vous dis ici ce que je disais au Conseil National des Jeunes Radicaux en février : "si le centre oublie de faire parler ensemble la gauche et la droite, c'est qu'il aura oublié de servir la France" Avec un parti uni au centre, ayant des relations excellentes avec l'UMP et le PS, nous pourrons accomplir cette mission !

Julien
Julien Anthonioz-Blanc
Tags : oui oui oui
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Mardi 15 Mai 2007 à 20:11

Activités des Radicaux de l'Isère

La réunification du Parti Radical !
Chers amis,

C'est une grande nouvelle que je vous annonce. Grande, non parce qu'elle vous plaît, que chacun se fasse son opinion selon ses convictions, mais grande parce que structurante, parce que rénovatrice, parce que correspondant à des mouvements politiques d'actualité et dont ne sait vers quoi ils vont.
Je vous parle d'une aventure politique, or qui peut faire de la politique sans aimer l'aventure ?

Le président du Parti Radical de Gauche, Jean-Michel Baylet, a annoncé en sortant ce soir du bureau de Nicolas Sarkozy qu'il appelait à la réunification du Parti Radical. Il contactera incessamment sous peu son homologue Jean-Louis Borloo pour créer un grand parti radical au centre de l'échiquier.
La balle est entre les mains des cadres du Parti Radical, pour l'instant, mais c'est aux Radicaux de décider et donc que souhaitez-vous ? Radicaux, saisissez-vous de ce débat, il est important, non parce qu'il est stratégique mais parce c'est notre positionnement et nos convictions, qui sont en question : au centre, au centre-droit ou comme pôle social au sein de la droite ?

Julien

Die Wiedervereinigung, warum nicht ?
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Mardi 15 Mai 2007 à 18:26
Favorable à la création d'un groupe centristes PR-UDF à l'Assemblée
C'est une idée personnelle mais je me permets de la communiquer à qui veut me lire. Je ne suis pas au courant de tout, étant en Allemagne en ce moment, mais je crois comprendre que les députés UDF s'inscrivant dans la majorité présidentielle ont quelques soucis d'ordre matériel ou administratif : il leur faut déclarer un parti lors du dépôt de leur candidature. C'est ce qui conditionne le financement des partis politiques (une somme proportionnelle au nombre de voix reçues au premier tour) Or quel parti indiqué lorsqu'on ne sait pas ce que l'UDF va devenir ? Le Parti Radical, au nom du pôle centriste de la majorité, ne peut-il pas les accueillir sur le papier et reverser les sommes correspondant à leur candidature quand leur situation se sera clarifiée ?

Si le premier point est plus une question administrative qu'un enjeux politique, le second ne l'est pas. Pourquoi ne pas créer un groupe centriste, membre de la majorité d'ouverture, dans la prochaine Assemblée Nationale ? Nous avons un groupe au Sénat en alliant le Parti Radical au Parti Radical de Gauche, nous avons cette culture du travail avec un autre parti, nous savons représenter l'ouverture, pourquoi ne pas franchir le pas ? L'ouverture, lorsqu'on la promet, il faut la rendre visible et concrète. Cette création de groupe, tout en restant associé à l'UMP est possible et permettra d'offrir une dialectique enrichissante pour la majorité présidentielle !

Qu'en pensez-vous ?
Julien Anthonioz-Blanc
Tags : groupe udf pr
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Mercredi 9 Mai 2007 à 23:29

Opinions

Je souhaitais partager mon plaisir de ce soir. Quel plaisir que d'être à Stuttgart 62 ans après la fin de la 2ème Guerre Mondiale et de boire une bière pour l'occasion avec des amis allemands, italiens, américains et chinois !
Que vive l'Europe et les citoyens du monde.

Julien
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Mardi 8 Mai 2007 à 23:58

Opinions

La fin de campagne scandaleuse de Mme Royal
Nous serions dans une rencontre sportive, j'apprécierais la pugnacité de la concurrente socialiste qui avec l'énergie du désespoir tente le tout pour le tout. Elle est tellement menée aux points qu'elle jette tous les arguments qu'elle puisse dans la bataille.

En revanche, nous ne parlons pas de sport mais de politique, de démocratie. Se lancer dans la dernière journée de cette campagne avec les propos qu'elle a tenus n'est pas à la hauteur de ce que mérite notre démocratie. Je n'en ferai pas une liste à la Prévert, chacun de quoi nous parlons. Son attitude est en revanche à l'image de la politicienne qu'est Mme Royal. Me restera toujours en travers de la gorge le comportement de ces présidents de région socialiste fraichement élu qui sont invités chez le Premier Ministre et claquent la porte au bout de 5 minutes de réunion en ayant annoncé qu'ils le feraient. Mme Royal était la figure de proue de ce mouvement. Mme Royal n'a pas la victoire humble, elle n'a pas non plus la défaite facile.

Dimanche, centristes et électeurs de droite, tous aux urnes pour que la victoire soit la plus large possible !

Merci à tous ceux qui en Isère se sont investis dans la campagne de Nicolas Sarkozy ou pour d'autres candidats en respectant un brin de déontologie,

Julien
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Vendredi 4 Mai 2007 à 23:48
Message de Nicolas Sarkozy aux Français de l'Etranger
Message de Nicolas Sarkozy aux Français de l'Etranger

[1]

Chers compatriotes établis hors de France,

A l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, les
Français se sont massivement exprimés, marquant leur volonté de ne
laisser personne décider à leur place : c'est une victoire pour notre
démocratie.

Tout au long de la campagne, j'ai voulu mettre au coeur de la
politique des valeurs comme l'identité nationale, l'autorité, le
travail, le mérite. J'ai voulu parler de morale. J'ai proposé la
revalorisation du travail, l'école de l'excellence, la moralisation
du capitalisme financier, la révolution du développement durable.
J'ai dit que ma priorité était de donner à chacun le moyen
d'accomplir ses rêves, de réaliser ses ambitions, de réussir sa vie.
CES PRINCIPES SONT LE FONDEMENT DE MON PROJET POLITIQUE : JE SUIS
PROFONDEMENT CONVAINCU QUE L'AVENIR DE NOTRE PAYS, SA
PROSPERITE, SA PLACE DANS LE MONDE EN DEPENDENT.


Plus de 11 millions de Français m'ont fait confiance. A
L'ETRANGER, VOUS AVEZ ETE PRES DE 40%
A ENTENDRE MON APPEL ET A SOUTENIR MON PROJET. JE VEUX
VOUS DIRE MERCI DU FOND DU COEUR.

LE DEUXIEME TOUR VERRA S'AFFRONTER DEUX IDEES DE LA
NATION, DEUX PROJETS DE SOCIETE ET DEUX SYSTEMES
DE VALEURS, DEUX CONCEPTIONS DE LA POLITIQUE.

Dans les jours qui restent avant le second tour, je ne souhaite
qu'une chose : rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve
français, celui d'une République fraternelle où chacun trouvera sa
place, où personne n'aura plus peur de l'autre, où la diversité sera
vécue non comme une menace mais comme une richesse.

PARCE QUE VOUS VIVEZ AU CONTACT DES REALITES DU MONDE,
VOUS PERCEVEZ LES DEFIS DE LA MONDIALISATION, LES ENJEUX DE CE
SECOND TOUR. LES VALEURS QUI SONT LES VOTRES - LE TRAVAIL, LE
MERITE, LA PRISE DE RISQUE - JE LES PARTAGE.

J'ai une conviction : SANS SE RENIER, LA FRANCE DOIT SAVOIR REGARDER
A L'EXERIEUR DE SES FRONTIERES. Elle y verra ce
que peut accomplir une société d'entrepreneurs, une société qui libère
l'initiative et qui récompense l'effort.

Je sais à quel point vous vous intéressez à la vie de notre pays.
Pour ce second tour, j'ai besoin de vous. J'AI BESOIN QUE VOUS VOUS
MOBILISIEZ ET QUE VOUS MOBILISIEZ AUTOUR DE VOUS. MALGRE
L'ELOIGNEMENT ET PARFOIS LES DIFFICULTES POUR ALLER
VOTER, IL FAUT ALLER CHERCHER LES VOIX UNE PAR UNE. Chaque voix des
Français de l'étranger comptera.

Ne laissez personne décider à votre place. IL VOUS APPARTIENT DE
DONNER A LA FRANCE LE VISAGE QUE VOUS SOUHAITEZ POUR VOUS,
POUR VOS ENFANTS.

Je vous prie de croire, mes chers compatriotes établis hors de
France, en l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

/Nicolas Sarkozy/

Pour télécharger la lettre au format PDF, cliquez ici[2]
/[3]

Nous avons eu communication de votre adresse email par le MAE car
vous êtes inscrit sur les listes électorales consulaires. Vos
coordonnées n'ont été utilisées que pour l'envoi de deux messages,
avant chaque tour de scrutin, et ne seront pas conservées à l'issue
de l'élection présidentielle./
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Vendredi 4 Mai 2007 à 19:19

Partage de connaissances

Via une amie installée dans le Maryland, j'ai obtenu les messages qu'ont envoyé les candidats à nos compatriotes inscrits sur les listes électorales des consulats. Je vous les communique dans deux messages consécutifs. Dans celui-ci, celui de Mme Royal.

"
lettre de Ségolène Royal aux Français de l'étranger

SEGOLENE ROYAL
candidate à l'élection présidentielle www.desirsdavenir.org[1]

Paris, le 30 avril 2007

Françaises, Français, chers compatriotes à l’étranger,

Les 21 et 22 avril, vous avez été nombreux dans le monde à m’apporter
vos suffrages. J’en suis très touchée et je vous exprime ma profonde
gratitude.

Dans quelques jours, la France va choisir son destin et son visage.
Vous aurez le choix entre deux visions de la société, deux
conceptions de notre pays, du pouvoir et de la politique.

Je veux une France rassemblée, apaisée et juste. Je veux une France
ouverte au monde, qui regarde l’avenir avec ambition parce qu’elle
aura retrouvé confiance en elle. Plus juste, la France sera plus
forte. C’est ce changement que je porte passionnément.

Avec Nicolas Sarkozy, candidat sortant de l’UMP, le chacun pour soi,
l’opposition des Français les uns avec les autres, la dérive
communautariste et la concentration des pouvoirs dans les mains d’un
seul homme nous sont promis. C’est une politique dure avec les
faibles et faible avec les puissants.

La solidarité est au cœur de mon pacte présidentiel. Mes priorités
sont l’emploi et le travail pour tous, l’éducation comme levier de la
réussite personnelle et l’écologie, car c’est maintenant que se joue
l’avenir des générations futures. Ce combat de l’écologie est
inhérent à l’Europe solidaire et au monde multipolaire que nous
devons construire.

Je veux protéger et développer le service public. Français à
l’étranger, vous connaissez la dure réalité de nos Consulats
surchargés et souvent distants des lieux où vous vivez. Je veux que
le respect et l’écoute soient garantis dans tous les Consulats. Je
veux une gestion humaine de l’octroi des visas. Je relancerai le
service public à l’étranger.

La République du respect, en France et au-delà, voilà ce qu’il faut
construire au cours des 5 prochaines années. Cela passe par le
dialogue permanent, la morale publique, l’écoute de l’opposition et
l’impartialité de l’Etat. Il n’y a pas de liberté sans justice ni
d’efficacité économique sans progrès social. La République du
respect, c’est le chemin du progrès pour chacun.

La France est forte quand elle est solidaire. Avec Angela Merkel, je
relancerai le couple franco-allemand et ferai des propositions pour
que l’Europe se remette en marche. J’entends que la France fasse
entendre sa voix dans le concert des nations pour la fraternité, la
démocratie et la paix. C’est ainsi, par le co-développement et
l’ambition européenne renouvelée, que notre pays retrouvera sa place
en Europe et dans le monde.

Les 5 et 6 mai, avec moi, faîtes gagner l’espoir !

Vive la République ! Vive la France !

Vous pouvez consulter l’ensemble des propositions de Ségolène Royal
sur le site www.ffe-ps.org[2]

Vous recevez cette lettre grâce aux adresses électroniques que vous
avez communiquées lors de vos démarches consulaires récentes. Elles
ont été transmises, avec la liste des électeurs, à tous les
candidats. Vous ne recevrez qu'une lettre avant le premier tour et
une seconde entre les deux tours. Ensuite cette base de données sera
détruite par l'équipe de campagne.

Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Vendredi 4 Mai 2007 à 19:14

Partage de connaissances

Les millions de laissés-pour-compte de l''Inde qui brille'
Permettez-moi de relayer cet article trouvé sur lemonde.fr aujourd'hui. Alors que nous allons élire notre président de la République, n'oublions pas qu'il s'agira aussi pour lui de traiter des questions de développement, des questions internationales et de comprendre les grands pays émergeant. J'aime beaucoup l'Inde, la connaissant dans sa diversité, de ses odeurs, de ses goûts, de ses paysages. Ne soyons pas comme sa Middle Class qui oublie facilement d'où elle vient.

"En plein champ, dans un décor de routes inachevées, de poteaux électriques sans fils, de caniveaux à ciel ouvert, des masures, faites de quelques piquets de bois, de pailles tressées, de feuilles de plastique noir ou bleu, de papier, s'imbriquent dans un désordre sans nom. A une heure et demie de voiture de New Delhi, la "GG Colony" abrite à la fois des déplacés du bidonville de Molchand, au centre du Delhi résidentiel, et ceux des bords de la Yamuna.


"On nous a dit qu'en 2010 des matches allaient avoir lieu (les Jeux asiatiques), qu'ils voulaient construire le métro, qu'il fallait nettoyer Delhi", raconte Rita, une réfugiée du Bangladesh qui vivait avec son mari et ses deux enfants de 5 et 3 ans sur les bords de la Yamuna.

Rita, comme des centaines de milliers d'habitants des bidonvilles de Delhi, est une victime de "l'Inde qui brille", d'une Inde qui, dans sa course au succès, cherche à cacher ses pauvres, ombre gigantesque dans un tableau qui se veut doré. "Sur les 500 000 personnes expulsées jusqu'à maintenant à Delhi, seules 300 000 ont été réinstallées", affirme A. K. Roy, de l'organisation non gouvernementale Hazards Centre, qui s'occupe des déplacés des bidonvilles. "Le gouvernement vise avant 2010 le déplacement de 400 000 familles, soit environ 2 millions de personnes", ajoute M. Roy, qui précise : "Les Jeux asiatiques sont un prétexte, mais le véritable but de cette campagne est la commercialisation de la terre."

Rita a tout perdu dans ce déménagement forcé. "Je n'étais pas là quand les agents du gouvernement sont venus détruire ma hutte et je n'ai quasiment rien retrouvé", dit cette jeune femme qui, en raison de l'éloignement, a aussi perdu son travail. "J'étais employée comme servante à 600 roupies (10,2 euros) par mois et mon mari, conducteur de tricycle, gagnait 50 à 60 roupies (1 euro) par jour après la location de l'engin", dit-elle, avant d'ajouter : "Je suis ici depuis sept mois, et aucun de nous n'a de travail."

Dans sa petite échoppe - une planche de bois comme comptoir et une feuille de plastique pour toit -, Renu, 28 ans et 5 enfants, vend du thé pour survivre. Elle est arrivée du bidonville de Molchand il y a neuf mois et n'a toujours pas réussi à se refaire une vie.

"Nous sommes là avec la permission du gouvernement, mais personne ne nous aide. Les autorités nous demandent de déposer 5 000 roupies (85,4 euros) pour la licence nous donnant droit à 12,5 m2 pour cinq ans. Ce n'est pas suffisant pour une grande famille... Je ne sais pas quoi faire", dit cette femme qui était ouvrière dans une usine de vêtements à 1 800 roupies (30 euros) par mois. Travail qu'elle a dû abandonner en raison de la distance à parcourir qui lui coûterait plus de la moitié de son salaire. "Il n'y a pas d'électricité, pas de sanitaires, pas d'hôpital et 90 % des hommes sont désormais sans travail à GG Colony", affirme Renu.

New Delhi n'est qu'un cas parmi de nombreux autres des effets de la transition rapide que traverse l'Inde, et dont les pauvres sont souvent les victimes. Les conflits qui opposent, dans quasiment tous les Etats du pays, les nantis et les autres se multiplient, avec pour conséquence "une violence accrue de la société" affirme le Dr Pramilla Kamal, principale d'un collège d'Amritsar, au Pendjab.

Dirigé par un gouvernement communiste, l'Etat du Bengale-Occidental connaît, depuis plusieurs mois, des troubles qui ont fait plus d'une dizaine de morts provoqués par le refus de paysans de vendre leur terre pour favoriser l'implantation de groupes industriels que les autorités veulent voir investir. En Orissa, ce sont les adivasis (membres de tribus) qui refusent d'être expulsés pour faciliter les extractions minières. Dans la capitale économique de l'Inde, Bombay, les 600 000 habitants du plus grand bidonville d'Asie, Dharavi, résistent à un grandiose plan de réhabilitation qui verra un grand nombre d'entre eux relogés dans les banlieues éloignées du centre.

"L'intolérance est partout et personne n'est prêt à concéder de l'espace aux autres", dit encore le Dr Kamal. "Un fossé énorme se creuse entre les deux Inde", note pour sa part Anouradha Bakshi, de l'ONG Project Why qui travaille à Delhi avec les enfants des bidonvilles. "Ce qui m'effraie, c'est ce mépris des réalités. L'insensibilité des riches couplée aux rêves grandissants des pauvres est inquiétante", dit cette femme d'un milieu très aisé, qui passe sa vie à donner aux laissés-pour-compte, à travers l'éducation, une chance de s'élever dans la société.

"Plus la place de l'économie devient prépondérante en Inde, plus l'espace pour les pauvres est en danger", explique le Dr Jimmi Dabhy, directeur de l'Institut social indien. "La libéralisation a aidé les gens, mais la globalisation économique a bénéficié à une élite, non à la grande masse des Indiens", insiste ce jésuite, en ajoutant : "Le développement économique sans justice sociale est dangereux, car il déshumanise."

Le Parti du congrès, qui a succédé au BJP (Parti du peuple indien, nationalistes hindous) battu aux élections de 2004 par les exclus de "l'Inde qui brille", n'a pas véritablement modifié la tendance, tout en reconnaissant publiquement le problème. "Nous ne pouvons pas marcher hardiment vers le futur avec seulement la moitié de notre nation qui brille", a affirmé, en novembre 2006, le premier ministre indien, Manmohan Singh, devant un "sommet des leaders" sur le thème : "L'Inde, la prochaine superpuissance."

Objet de toutes les convoitises de par son pouvoir d'achat, la classe moyenne indienne - 300 millions de personnes environ - ferait vite oublier les plus de 300 millions de pauvres qui survivent avec moins d'un dollar par jour. Mais, avertit M. Roy : "Cette situation (de rejet des pauvres) crée les conditions d'une guerre civile. Les gens sont maintenant prêts à résister. Il leur manque juste des leaders." "
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Vendredi 4 Mai 2007 à 18:46
Jacques Séguéla passe de Royal à Sarkozy
C'est une anecdote car un publicitaire ne saurait être montré comme un grand exemple pour la Nation. Néanmoins, elle fait sourire et est encourageante lorsqu'on sait que Séguéla était un Mitterrandien.
Lui qui a participé aux campagnes présidentielles du seul président de gauche de la Vème République a voté au 1er tour pour Ségolène Royal. Il a annoncé qu'au second tour il voterait Sarkozy
Son explication : "Royal m'a fait rêvé, Sarko l'a fait"
Julien Anthonioz-Blanc
Rédigé par Julien Anthonioz-Blanc le Mardi 1 Mai 2007 à 12:14