La déclaration de Copenhague : un vase vide ou à moitié plein ?


un vase vide selon quelques écologistes intégristes et ceux, tétanisant, des médias qui les suivent.
un vase à moitié plein pour les écologistes qui n’attendaient pas TOUT d’un sommet Onusien où les décisions de 192 pays doivent être prises à l’unanimité.


ECOLOGIE RADICALE  Information     janvier 2010


ALORS pour Ecologie Radicale ?

Non, ce n’est pas un échec : c’est un début, dans la douleur certes, mais un début.

Dans chaque pays il y a désormais une politique de climat : la transition est en train de se faire et on est entré dans la prise de conscience qu’un processus de construction planétaire est impératif :


- c’est la première fois que la cause de l’Environnement a abouti à la reconnaissance par 192 Etats assis à la même table, qu’une hausse de température de plus de 2° de la planète pouvait mener à une catastrophe climatique, et qu’un engagement a été pris par tous d’œuvrer à contenir la hausse des températures en deçà de ces 2°, même si ces engagements trop disparates n’ont pu être chiffrés .


- des engagements financiers multilatéraux ont été actés à savoir qu’en plus de leur aide au développement, les pays industrialisés ont proposé 10 milliards de dollars par an d’ici 2012 destinés aux pays les plus vulnérables et 100 milliards annuels d‘ici 2020 pour les opérations d’aide à la lutte contre les effets de serre, comme le reboisement ou l’installation d’énergies renouvelables (solaire, marine..) afin de les aider à croître économiquement sans consommer autant de carbone.

Les modalités de ces financements passeront par des modalités innovantes d’un « Fonds Justice-Climat » (qui pourrait être la Banque Africaine de Développement, ou bien le FMI, ou autre, le Premier Ministre Ethiopien représentant l’Afrique en totalité).


- en revanche, la référence à une diminution de 50% des GES dans le monde d’ici à 2050, ainsi que la création d’une organisation mondiale de l’Environnement, ne figurent pas dans la déclaration finale. Mais la dynamique permettant la mise en place d’une gouvernance plus solide est dorénavant bien présente.


Pour l’heure, les pays afficheront simplement leurs engagements individuels ou collectifs (le paquet-climat de l’UE) d’ci le 31 janvier 2010. Mais même en l’absence de règles du jeu internationales, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Afrique, le Brésil, ont engagé des politiques nationales de lutte contre le réchauffement climatique.

Pour comprendre la problématique de chacun des pays, une voie serait de s’orienter vers des régulations découplées, secteur par secteur.


Soulignons que si l’Europe n’avait pas pris les choses en main, il n’y aurait pas eu d’accord à Copenhague. L’UE dispose d’un modèle pertinent avancé, mais qui n’a pas eu la puissance nécessaire pour convaincre, encore moins pour s’imposer, au duopole USA/Chine et à leurs contraintes propres (le passage au Congrès d’une loi instaurant la Sécurité Sociale pour le Président Obama, l’aboutissement des recherches les plus importantes au monde menées par la Chine sur les cellules solaires, le captage et stockage du carbone, les batteries électriques, un programme de 42 centrales nucléaires).


Rappelons que le protocole de Kyoto établi en décembre 1997, a été effectivement mis en œuvre par l’Europe en deux périodes: la première entre 2005-2007 pour permettre aux acteurs d’appréhender le dispositif, la seconde à partir de 2008, ne s’achèvera qu’en 2012.

De même, Copenhague n’a pas été un « Grenelle mondial », mais c’est une étape importante vers ce que pourrait devenir une gouvernance planétaire.
Rédigé par Hervé Dessaux le Lundi 4 Janvier 2010 à 18:17 | Commentaires (0)