Les conclusions des tables rondes finales du Grenelle Environnement des 24 et 25 octobre
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La phase finale du Grenelle de l'environnement s'est ouverte mercredi au ministère de l'Ecologie, où membres du gouvernement et associations ont fait part de leurs espoirs parfois mêlés d'inquiétude.
"On est sur la dernière ligne droite et nous, on y croit", a lancé à son arrivée la secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet.
Un optimisme partagé par son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo et par le chef du gouvernement, François Fillon.
"Que des mondes qui ne se parlaient pas soient depuis trois mois au travail et aient déjà débouché sur mille propositions, c'est un succès", a déclaré le Premier ministre à la presse dans la cour du ministère.
Toutes les propositions "concrètes, précises et consensuelles" seront mises en œuvre et les désaccords seront tranchés par le président de la République, le gouvernement et
le Parlement, a-t-il souligné.
Le discours que Nicolas Sarkozy prononcera jeudi en clôture du Grenelle devrait être l'occasion de premiers arbitrages.
Le texte présidentiel "n'est pas encore écrit" et le chef de l'Etat, en visite au Maroc, "est tenu informé heure par heure" de l'avancée des débats, a assuré Nathalie Kosciusko-Morizet.
A leur arrivée à l'hôtel de Roquelaure, certains défenseurs de l'environnement ont rappelé leurs exigences sur des sujets délicats comme la fiscalité écologique, les OGM ou le nucléaire.
Nicolas Hulot a fait d'une taxation du carbone une des pierres angulaires de ce Grenelle.
"Il n'est pas pensable qu'on ne donne pas à l'issue du Grenelle enfin un prix au carbone", a dit l'animateur de télévision aux nombreux journalistes venus à sa rencontre.
La fiscalité écologique, "c'est la colonne vertébrale", a-t-il insisté, à condition que cela se fasse à "pression fiscale égale".
Vert vif, jaunasse ou blanc cassé
"38% de notre fiscalité induit à économiser de la main d'œuvre, alors qu'elle devrait nous induire à économiser de l'énergie et des émissions de CO2. Donc c'est là dessus qu'il faut travailler", a-t-il expliqué.
"Si on n'a pas de décision sur les OGM, sur les pesticides, sur les incinérateurs, le bâtiment et le nucléaire, ce ne sera pas un succès. On vient là pour ça", a prévenu de son coté le porte-parole de l'Alliance pour la planète Yannick Jadot (Greenpeace). "Il faut des chiffres, des budgets, des dispositifs réglementaires, des calendriers".
"Si on est simplement dans les déclarations d'intention, on aura tous perdu notre temps pendant trois mois", a-t-il insisté. "Si on ne sort pas du Grenelle vert vif, il est évident que la machine administrative et la machine parlementaire vont faire de tout ce travail quelque chose qui sera vert jaunasse ou blanc cassé".
Plusieurs membres du gouvernement ont expliqué leur contribution au débat.
"Le logement est un évidemment une part majeure de l'environnement et de ses conséquences", a déclaré Christine Boutin, la ministre de la Ville.
Pour Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, il faut faire en sorte que "toutes les initiatives à l'environnement bénéficient à l'insertion, créent de l'emploi, qu'on prenne en compte la situation des plus faibles".
L'ancien président d'Emmaüs France a donné un exemple : "Les personnes qui ont des factures d'énergie les plus élevées sont souvent celles qui vivent dans des logements les plus insalubres, avec une dette d'électricité et de gaz, parce que c'est moins bien isolé".
Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, les "300.000 visites sur le site internet et 25.OOO visites dans les réunions en région" ont démontré l'intérêt des Français pour les sujets "verts".
"Nos voisins européens sont très intéressés par la méthode, au moins par la méthode. C'est une chance de faire le Grenelle un an avant la présidence française de l'Union européenne", a-t-elle aussi fait remarquer.