Les Jeunes Radicaux
Accueil  >  Actualités  >  Edito

Imaginons l'année d'après…



Imaginons l'année d'après…
Tout le monde semble se poser la question :et maintenant, quoi ?

Les « jeunes » sont bien placés pour savoir qu'il y a des priorités.

Déjà, rétablir de l'ordre dans les universités et les lycées, afin que les rattrapages de cours puis les examens puissent se passer comme il se doit. Première priorité.
Personne ne voudra, en effet, payer le prix de ces deux mois de blocage : s'il ne doit y avoir ni vainqueur ni vaincu, c'est bien dans le monde étudiant.

Surtout, une deuxième priorité est à mettre en avant. Nous devons tous tirer les conséquences de la terrible crise que nous venons de vivre.

La première, est, à notre sens, qu'on ne pourra désormais oublier ni escamoter le débat de l'insertion, de l'enseignement et de la formation, bref de l'avenir des jeunes. La boite de pandore est ouverte, et nous ne la refermerons pas. La droite se dit pragmatique et volontaire ? Elle affirme s'être trompée sur la méthode ? Soit, qu'elle en trouve une nouvelle, mais qu'elle agisse, afin de résoudre autant la situation catastrophique du chômage des jeunes que le mal être mis en exergue par deux mois de protestations.

La deuxième concerne les conséquences politiques de la crise. A un an des présidentielles, la tentation sera grande, pour tous, de « calmer le jeu » et de rester sur les positions établies.
Nous refusons cette attitude catégoriquement. Réformer à un an des échéances présidentielles est certes difficile. Il faudra employer plus de méthode, de tact, de dialogue, de mesure… Mais il faudra le faire.

Il faudra le faire car toute la jeunesse a désormais réalisé – en en tirant certes des conséquences différentes voire opposées – la situation dramatique de notre pays. Un pays qui ne regarde plus vers l'avenir, qui n'innove plus. Un pays qui se renferme, où le dialogue n ‘existe plus, où les raisons de fierté demeurent bien minces.

Les Français veulent du changement. En situation de crise, quand s'exacerbent les peurs et les crispations, la réaction qui se dégage est spontanément primaire et non rationnelle. Dans ce type de situation, les Français disent naturellement et spontanément « non ». Ils n'ont pas dit « non » à une réforme, à un homme, à une politique… Celle-ci était, paradoxalement, vouée à répondre à leurs peurs et à leur situation.

Ils ont dit « non » à un système, à une posture, à un monde politique qui ne leur correspond plus.

A un ensemble qu'il perçoivent mal, mais qu'ils tiennent pour responsable de la fracture générationnelle qui commence à se faire voir.

Ils ont dit « non » à un constat de fait bien simple à établir : dette publique impressionnante, retraites immenses de leurs parents et d'eux mêmes, monde de l'emploi sclérosé et fermé, enseignement qui ne prépare pas au monde du travail, logement impossible à acquérir…

Comment, dès lors, ne pas dire « non » ?
La fin de cette crise est un gâchis pour les jeunes. Un gâchis car au final, outre la méthode, les hommes et les détails, notre pays perd une mesure qui allait dans le bon sens.

Ne cédons pas, et rendons cette année utile.

Mercredi 12 Avril 2006
Annabelle Ferry et Arnaud Murgia

Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable


Dans la même rubrique :

Construire l'avenir - 06/02/2006

Communiqués | Opinion (s) | Revue de presse | Dossiers | Evènements | Edito