A travers ce court dossier, les Jeunes Radicaux ont choisit de vous rappeller les faits historiques majeurs qui ont touché le Liban durant les dernières décennies, afin de bien percevoir la complexité de la situation actuelle.
Le multiconfessionalisme en exemple
Le Liban acquiert son indépendance en 1944, avec la fin du mandat français. Le pays s'organise autour d'un système politique confessionnel inédit, où sont représentées chacune des différentes composantes sociales que sont les populations chrétiennes, sunnites, chiites, et druzes. Jusqu'au début des années 1970, le Liban symbolise la cohabitation réussie de multiples communautés au sein d'un même état au Proche Orient. "Peuples amis", la France et le Liban entretiennent historiquement de forts liens culturels et politiques.
Le problème palestinien
La guerre civile qui déchire le pays de 1975 à 1989 éclate comme une conséquence collatérale du conflit Israélo-Palestinien. L'arrivée massive de réfugiés palestiniens au Sud Liban bouleverse en effet progressivement la donne démographique et l'équilibre des communautés dans le pays. Dès lors, chrétiens, druzes et palestiniens s'organisent en milices rivales et s'affrontent pour assurer leur hégémonie sur le Liban.
L'internationalisation du conflit
Le conflit prend une nouvelle ampleur avec l'intervention des puissances régionales. La Syrie, initialement force d'interposition entre les milices combatantes, prolonge son intervention en une occupation militaire du pays, qui ne prendra véritablement fin qu'en 2005, à la suite des protestations intrernationales provoquées par l'assassinat de Rafic Hariri. Israel, dès 1975, attend du Liban qu'il assurre sa sécurité en contrôlant les activités des palestiniens sur son territoire. Déjà, l'armée libanaise est trop faible pour répondre à cette tâche. Au grès des alliances et retournements d'alliances, milices chrétiennes, israéliens et syriens sont dans un premier temps opposés aux palestiniens; puis rapidement, la Syrie se range du côté palestinien et affonte les milices chrétiennes et Israël; dans un troisième temps, lsraël entraine les milices chrétiennes à l'assaut des forces druzes à l'occasion de la guerre de la montagne; les dernières violences voient en 1988 la syrie bombarder les positions chrétiennes.
La violence atteint son paroxysme au cours de l'année 1982, avec l'intervention de l'armée Israélienne au Sud Liban, l'assasinat du président Bachir Gemayel ainsi que les massacres de Sabra et Chatila. Les armées israéliennes et syriennes s'affrontent alors directement sur le théatre d'opération du Liban. Une force d'interposition est envoyée au Liban sous mandat de l'ONU. Le 23 octobre 1983, 256 marines et 56 militaires français sont tués des attaques suicide sur leur caserne; les forces internationales sont évacuées en 1984. En 1989, les accords de Taef signent la fin des violences entre les belligérants, tout en enterinant de fait la présence syrienne au Liban. Cette guerre aura fait 150 000 morts, et des centaines de milliers de déplacés.
Le Hezbollah, l'épine dans le pied
Véritable Etat dans l'Etat, le Hezbollah est une organisation combattante transnationale, fondée en 1982 avec l'appui de la Syrie et de l'Iran en réponse à l'invasion du Sud Liban. Le Hezbollah a évolué en organisation sociale, politique et religieuse, mais reste toujours doté d'une aile militaire. Son fort crédit et son implantation auprès des populations du Sud Liban sont dus aux fonction sociales qu'il remplit (écoles, hôpitaux, etc...) ainsi qu'à son rôle joué dans l'évacuation de la zone par Israël en 2000. Le gouvernement libanais ne semble pas aujourd'hui en mesure de pouvoir s'opposer au Hezbollah dans la zone qu'il contrôle. Les procédures de désarmement lancées en réponse à la résolution 1559 du conseil de sécurité de l'ONU en 2004 n'ont jusqu'à présent abouti a rien de concret, le Hezbollah refusant de déposer les armes tant que l'armée libanaise sera trop faible pour assurer la sécurité du Sud Liban.