Julien AYOUN
Je vous souhaite la bienvenue sur le Blog des Jeunes Radicaux des Bouches du Rhône jeunesradicaux13 - (Aix, Allauch, Arles, Aubagne, Cassis, Coudoux, Fos, Istres, La Ciotat, Les Pennes Mirabeau, Marseille, Martigues, Meyrargues, Salon, Tarascon, Velaux, Venelles, Ventabren, Vitrolles...).
N'hésitez pas à nous contacter pour plus d'informations :
julien.ayoun
@wanadoo.fr
Bonne visite !
Amitiés radicales,
Julien AYOUN
Responsable des Jeunes Radicaux 13, Responsable du Pôle Communication des Jeunes Radicaux et Vice-Président de la Commission des Lois, de la Justice et des Droits de l'Homme du Parti Radical
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Libre propos de Nicolas Madelénat di Florio, Chercheur en sciences humaines à l'Université de Provence
Il existe par habitude entre les grandes écoles et le commun des mortels un gouffre sans fond. C'est, justement, dans ce gouffre que le Gouvernement a versé toute sa bonne volonté. Derrière cette action, une motivation, ouvrir ces écoles françaises de l'excellence à la diversité sociale. Car il y a, encore, derrière ces murs, une ségrégation terrible entre les français les plus favorisés et ceux qui, malgré leurs efforts et un grand engagement dans leurs études, n'osent pas espérer caresser l'idée de les intégrer.
Pourquoi ? Car étudier à l'E.N.A., par exemple, coûte extrêmement cher. Le niveau y est tel qu'un étudiant avec de petits revenus s'en détournera. A cela une raison, simple, mais lourde de conséquences: le travail en plus des études. Les jeunes français n'ont pas tous la chance que leurs parents puissent financer leur formation (logement, livres, charges...).
Beaucoup d'étudiants, aujourd'hui, travaillent. Comment concilier, alors, impératif scolaire et impératif alimentaire? Travailler en plus de ses études nécessite un énorme sacrifice, tant en temps qu'en énergie. Or, les étudiants qui travaillent pour payer leur loyer, leurs livres, ne peuvent se consacrer autant qu'ils le voudraient à l'apprentissage de leurs cours. Et c'est, justement, afin de réduire l'écart entre les français les plus favorisés et ceux aux revenus les plus modestes que le Gouvernement a lancé l'idée d'aider d'avantage les boursiers.
La Conférence des Grandes Écoles s'est emportée, n'hésitant pas à ressortir de la cave des luttes sociales les arguments les plus douteux ; les uns expliquant par exemple que plus de boursiers ferait baisser le niveau ou bien encore que de cette mixité ne pourrait pas naître une cohésion à l'intérieur des Écoles propice au travail. Il y a là comme un vieil échos ne pouvant laisser un radical indifférent, comme un vieux reste d'école mixte...Les femmes, disait-on à l'époque, étant par essence inférieures aux hommes, il eut été plus « humain » (!) de ne pas les placer en compétition avec leurs camarades de sexe opposé...
Cet argumentaire scabreux n'ayant pas résisté, et tant mieux, aux assauts du temps. Fi donc de ces sornettes. Quelques grands noms pourtant ont défendu cette mesure, et c'est tout à leur honneur, le directeur de Sciences po Paris par exemple.
Afin de structurer ce propos et ne voulant pas égarer les lecteurs, je me suis centré sur quelques questions auxquelles j'ai répondu, en toute franchise. Libre à vous ensuite de juger.
Les quotas, une bonne chose ?
Oui, et non. Oui, en le sens où cette mesure permettrait de réduire les inégalités sociales au sein des grandes écoles. Mais aussi un certain rejet de ce principe, en ce qu'il porte sur son visage les stigmates de l'échec de notre système républicain scolaire, lequel devrait, et les radicaux sont morts pour cela, garantir à chaque enfant de France la possibilité d'étudier ce qu'il souhaite. En effet, il ne devrait pas être nécessaire que nous instaurions des objectifs, voire ici des impératifs chiffrés, quant aux personnes à faibles revenus à inscrire.
Pourtant, le constat est frappant. Sans cette mesure, ou sans un système garantissant une aide adaptée permettant aux boursiers d'intégrer ces écoles de l'excellence, la mixité sociale est mise à bas. Et ça, ce n'est pas acceptable. J'ai donc, et pour ces raisons, un avis partagé sur la question tout en acceptant le principe, et, surtout, son objectif; je n'y vois rien de condamnable, au contraire. Les Grandes Écoles y trouveront un sang neuf et ancré dans la réalité, qualités forcément utile à ceux qui dirigeront notre pays.
Une même École, deux concours ?
Absolument pas. Je considère que l'État doit savoir, sur ce point, rester à sa place. En somme, il est une différence entre aider financièrement un étudiant excellent, voire brillant, et permettre, par soucis électoraliste, à des gens dont le niveau ne le permet pas d'entrer dans des formations qu'ils ne « méritent » pas.
Sur ce point, il faut insister. Les étudiants souhaitant présenter le concours d'entrée suivent une classe préparatoire. Or, ces classes préparatoires n'acceptent que les meilleurs dans leurs domaines, ceux qui ont le plus de chance d'être reçus au concours d'accès. Il n'est donc plus ici question de l'originale socio-économique des étudiants futurs mais de leur niveau de connaissances, de savoir, et de compétence. Il ne faut donc pas tomber dans un excès contre-productif en parquant les boursiers dans un concours particulier et en les séparant des autres candidats. Ce serait là doublement choquant; d'une part car cela reviendrait à affirmer leur infériorité, et de l'autre à les stigmatiser dans leurs futures classes. Leurs camarades plus financièrement indépendants auraient soin, n'en doutons pas, de rappeler à ces étudiants que c'est par charité qu'ils ont été accepté à présenter un concours moins exigeant, voire bradé.
Les boursiers, moins bons et moins cultivés ?
Je l'ai rappelé dans ma réponse à la question précédente. Les étudiants admis en grande école le sont à la suite d'un processus commun, composé d'une classe préparatoire effectuant une sélection puis d'un concours d'accès. En ré-affirmant le concours d'accès unique, on se garde de toute accusation d'admettre des personnes ne le méritant pas. Les copies sont, d'ailleurs, anonymes et je doute, très sincèrement, qu'il ait jamais été question d'apposer une mention sur les copies des boursiers; que nos détracteurs soient un peu sérieux !
Les Radicaux se sont toujours engagés pour une École libre, et gratuite. Je crois que nous avons ici un nouveau combat à mener. Tout enfant de la République ne doit être jugé que sur son travail, son investissement, et ses efforts. En aucune façon sur sa capacité à financer, ou pas, ses études. Ce serait là par trop restrictif et priverait notre pays d'une richesse à exploiter, d'un formidable capital humain trop souvent négligé. Souvenons-nous de nos combats anciens quant à la séparation de l'Église et de l'État; cette proposition avait suscité un tollé formidable alors même que, de nos jours, personne -ou presque- n'oserait la contester. Il faut ici chasser l'esprit de classe, infondé, et ré-affirmer que la République reconnaît et soutient l'effort et l'engagement, pour l'excellence, et pour la France. Car donner les moyens financiers à un élève brillant d'intégrer l'élite de la Nation, de devenir un de ses éléments moteur, ce n'est pas de l'assistanat mais un investissement formidablement rentable pour l'avenir.
Pour contacter l'auteur : n.madelenat@orange.fr
Pourquoi ? Car étudier à l'E.N.A., par exemple, coûte extrêmement cher. Le niveau y est tel qu'un étudiant avec de petits revenus s'en détournera. A cela une raison, simple, mais lourde de conséquences: le travail en plus des études. Les jeunes français n'ont pas tous la chance que leurs parents puissent financer leur formation (logement, livres, charges...).
Beaucoup d'étudiants, aujourd'hui, travaillent. Comment concilier, alors, impératif scolaire et impératif alimentaire? Travailler en plus de ses études nécessite un énorme sacrifice, tant en temps qu'en énergie. Or, les étudiants qui travaillent pour payer leur loyer, leurs livres, ne peuvent se consacrer autant qu'ils le voudraient à l'apprentissage de leurs cours. Et c'est, justement, afin de réduire l'écart entre les français les plus favorisés et ceux aux revenus les plus modestes que le Gouvernement a lancé l'idée d'aider d'avantage les boursiers.
La Conférence des Grandes Écoles s'est emportée, n'hésitant pas à ressortir de la cave des luttes sociales les arguments les plus douteux ; les uns expliquant par exemple que plus de boursiers ferait baisser le niveau ou bien encore que de cette mixité ne pourrait pas naître une cohésion à l'intérieur des Écoles propice au travail. Il y a là comme un vieil échos ne pouvant laisser un radical indifférent, comme un vieux reste d'école mixte...Les femmes, disait-on à l'époque, étant par essence inférieures aux hommes, il eut été plus « humain » (!) de ne pas les placer en compétition avec leurs camarades de sexe opposé...
Cet argumentaire scabreux n'ayant pas résisté, et tant mieux, aux assauts du temps. Fi donc de ces sornettes. Quelques grands noms pourtant ont défendu cette mesure, et c'est tout à leur honneur, le directeur de Sciences po Paris par exemple.
Afin de structurer ce propos et ne voulant pas égarer les lecteurs, je me suis centré sur quelques questions auxquelles j'ai répondu, en toute franchise. Libre à vous ensuite de juger.
Les quotas, une bonne chose ?
Oui, et non. Oui, en le sens où cette mesure permettrait de réduire les inégalités sociales au sein des grandes écoles. Mais aussi un certain rejet de ce principe, en ce qu'il porte sur son visage les stigmates de l'échec de notre système républicain scolaire, lequel devrait, et les radicaux sont morts pour cela, garantir à chaque enfant de France la possibilité d'étudier ce qu'il souhaite. En effet, il ne devrait pas être nécessaire que nous instaurions des objectifs, voire ici des impératifs chiffrés, quant aux personnes à faibles revenus à inscrire.
Pourtant, le constat est frappant. Sans cette mesure, ou sans un système garantissant une aide adaptée permettant aux boursiers d'intégrer ces écoles de l'excellence, la mixité sociale est mise à bas. Et ça, ce n'est pas acceptable. J'ai donc, et pour ces raisons, un avis partagé sur la question tout en acceptant le principe, et, surtout, son objectif; je n'y vois rien de condamnable, au contraire. Les Grandes Écoles y trouveront un sang neuf et ancré dans la réalité, qualités forcément utile à ceux qui dirigeront notre pays.
Une même École, deux concours ?
Absolument pas. Je considère que l'État doit savoir, sur ce point, rester à sa place. En somme, il est une différence entre aider financièrement un étudiant excellent, voire brillant, et permettre, par soucis électoraliste, à des gens dont le niveau ne le permet pas d'entrer dans des formations qu'ils ne « méritent » pas.
Sur ce point, il faut insister. Les étudiants souhaitant présenter le concours d'entrée suivent une classe préparatoire. Or, ces classes préparatoires n'acceptent que les meilleurs dans leurs domaines, ceux qui ont le plus de chance d'être reçus au concours d'accès. Il n'est donc plus ici question de l'originale socio-économique des étudiants futurs mais de leur niveau de connaissances, de savoir, et de compétence. Il ne faut donc pas tomber dans un excès contre-productif en parquant les boursiers dans un concours particulier et en les séparant des autres candidats. Ce serait là doublement choquant; d'une part car cela reviendrait à affirmer leur infériorité, et de l'autre à les stigmatiser dans leurs futures classes. Leurs camarades plus financièrement indépendants auraient soin, n'en doutons pas, de rappeler à ces étudiants que c'est par charité qu'ils ont été accepté à présenter un concours moins exigeant, voire bradé.
Les boursiers, moins bons et moins cultivés ?
Je l'ai rappelé dans ma réponse à la question précédente. Les étudiants admis en grande école le sont à la suite d'un processus commun, composé d'une classe préparatoire effectuant une sélection puis d'un concours d'accès. En ré-affirmant le concours d'accès unique, on se garde de toute accusation d'admettre des personnes ne le méritant pas. Les copies sont, d'ailleurs, anonymes et je doute, très sincèrement, qu'il ait jamais été question d'apposer une mention sur les copies des boursiers; que nos détracteurs soient un peu sérieux !
Les Radicaux se sont toujours engagés pour une École libre, et gratuite. Je crois que nous avons ici un nouveau combat à mener. Tout enfant de la République ne doit être jugé que sur son travail, son investissement, et ses efforts. En aucune façon sur sa capacité à financer, ou pas, ses études. Ce serait là par trop restrictif et priverait notre pays d'une richesse à exploiter, d'un formidable capital humain trop souvent négligé. Souvenons-nous de nos combats anciens quant à la séparation de l'Église et de l'État; cette proposition avait suscité un tollé formidable alors même que, de nos jours, personne -ou presque- n'oserait la contester. Il faut ici chasser l'esprit de classe, infondé, et ré-affirmer que la République reconnaît et soutient l'effort et l'engagement, pour l'excellence, et pour la France. Car donner les moyens financiers à un élève brillant d'intégrer l'élite de la Nation, de devenir un de ses éléments moteur, ce n'est pas de l'assistanat mais un investissement formidablement rentable pour l'avenir.
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