16/12/2006 20h03 - AFP PARIS, 16 déc 2006 (AFP) - Education, environnement, logement... Jean-Louis Borloo s'est posé en champion de "la droite sociale", samedi devant le Parti radical, en espérant peser dans la campagne présidentielle de tout son poids de ministre de la Cohésion sociale qui n'a "rien à vendre" mais des idées à revendre.
"Je suis persuadé que cette élection présidentielle est un énorme danger ou une énorme chance. C'est probablement sur un certain nombre de sujets un rendez-vous providentiel", a lancé M. Borloo, devant un millier de militants, ministres (Xavier Bertrand, Philippe Douste-Blazy, Thierry Breton, Christian Jacob...) et parlementaires venus participer au 107e congrès du Parti radical à Paris.
M. Gilles de Robien, seul ministre UDF, retenu à Amiens, était absent mais a tenu à faire lire un message à la tribune du congrès dans lequel il déplore qu'"aucun candidat" pour 2007 "ne défende les valeurs de la droite sociale".
Avec ses quelque 8.000 adhérents, ses trois ministres - outre M. Borloo, François Loos (délégué à l'Industrie) et Renaud Dutreil (PME) - ses vingt-cinq parlementaires, le Parti radical, associé à l'UMP, a toujours eu en France une influence qui dépasse ses effectifs.
"Je veux plus que jamais être l'avocat de la justice sociale de notre pays", a affirmé M. Borloo, avocat de formation, qui co-préside le Parti radical avec André Rossinot, maire de Nancy. Le ministre de la Cohésion sociale, qui n'a pas encore dit quel candidat il soutiendrait à la présidentielle, réunira un congrès extraordinaire de son parti en février 2007.
Samedi, il a proposé "cinq grands défis" pour "bâtir un communauté de destins" : éducation-formation, réforme du financement de la protection sociale, environnement - "évidemment, il faut soutenir le pacte écologique de Nicolas Hulot", a-t-il lancé - justice sociale territoriale, accompagnement des mutations. "Il faut une grande réunion sur l'éducation" et réunir "dès l'été" 2007 l'ensemble des partenaires sociaux, a-t-il affirmé, ajoutant : "plus aucun jeune ne doit échapper au couple éducation-formation. Si on remet un tiers de notre jeunesse dans le train de l'innovation, on repasse à 4% de croissance, et on reprend le leadership de l'Europe".
Il a également proposé de mettre en place de "nouveaux modes de financement des sécurités sociales", en transférant les taxes reposant sur le travail sur "la consommation, le patrimoine, le pétrole, l'écologie, l'impôt". "Oui, ça va gueuler, ce sera difficile, ce ne sera pas sans se heurter à quelques conservatismes, ça bouleversera des intérêts particuliers, des égoïsmes, mais c'est incontournable", a-t-il dit. "Il nous faut prendre un nouveau souffle (...) Ne nous racontons pas de salades" car "la situation et l'inquiétude sont graves", a-t-il également affirmé.
Il veut également lancer "un chantier de rattrapage, celui de la justice territoriale" car "l'injustice territoriale est insupportable entre villes riches et villes pauvres". Si on ne réalise pas ces chantiers, "je vous le garantis, ce ne sera pas un Grenelle des salaires qu'on aura mais un Grenelle d'un autre nom", a-t-il mis en garde. A ses yeux, "le président ou la présidente" qui sera élu(e) en 2007 "sera forcément quelqu'un qui va être capable de faire bouger tous les acteurs de la société française".
Avant lui, André Rossinot avait pris la parole pour lancer à M. Borloo : "avec toi, la révolution civique que le pays attend doit constituer l'existence fondatrice du contrat républicain (...) que nous devons maintenant négocier avec l'UMP, notre partenaire".